Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

– qu’Allah prie sur lui et le salue – invoqua :

« Ô Allah, fais miséricorde aux Anṣâr et aux fils des Anṣâr. »

Puis le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – attribua les biens aux Muhâjirûn, sans rien accorder aux Anṣâr, hormis les trois que nous avons déjà mentionnés (1).

On peut comprendre l’énoncé divin « … et ils ne ressentent dans leurs poitrines aucune gêne au sujet de ce qui leur a été donné » en ce sens que, même si la part reçue est minime, ils s’en contentent et l’agréent. Telle était leur attitude du vivant du Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut –, et ils demeurèrent ainsi après sa mort dans les affaires de ce bas-monde.

Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – les avait pourtant avertis en disant :

« Vous verrez, après moi, qu’on accordera la préférence (atharah) à d’autres ; alors, soyez patients jusqu’à ce que vous me rejoigniez au Bassin. »

Septièmement – Sa parole, Très-Exalté soit-Il :

« … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. »

Dans le Sunan de at-Tirmidhî, selon Abû Hurayrah, un homme reçut un hôte alors qu’il ne possédait rien d’autre que la subsistance nécessaire pour lui-même et pour ses enfants. Il dit donc à son épouse : « Endors les enfants, éteins la lampe et sers à l’invité ce que tu as. » C’est à leur sujet que fut révélé le verset : « … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. » At-Tirmidhî déclara : « Ce hadith est bon et authentique », et Muslim l’a également rapporté.

Il est relaté, toujours d’après Abû Hurayrah, qu’un homme vint trouver le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – en disant : « Je suis exténué. » Le Prophète envoya quelqu’un vers chacune de ses épouses ; chacune répondit : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne possède rien si ce n’est de l’eau. » Toutes répétèrent la même réponse.

Il déclara alors : « Qui hébergera cet homme, qu’Allah lui fasse miséricorde ? » Un homme des Anṣâr se leva et dit : « Moi, ô Messager d’Allah. » Il le conduisit chez lui et demanda à son épouse : « As-tu quelque chose ? » Elle répondit : « Rien, si ce n’est la ration de mes enfants. » Il dit : « Distrais-les (2) par quelque chose ; lorsque notre invité entrera, éteins la lampe et fais-lui croire que nous mangeons. Quand il tendra la main pour se nourrir, lève-toi pour éteindre la lampe. » Ils s’assirent ainsi, et l’invité mangea.

Le lendemain matin, il se rendit auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, lequel dit :

« Allah – Glorifié et Exalté soit-Il – s’est émerveillé (3) de ce que vous avez fait, toi et ton épouse, pour votre hôte cette nuit. »

Dans une autre version rapportée par Abû Hurayrah, un homme vint au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour qu’il l’héberge, mais le Prophète ne disposait de rien pour l’accueillir. Il dit alors : « Ne se trouvera-t-il pas un homme pour héberger celui-ci ? Qu’Allah lui fasse miséricorde ! » Un homme des Anṣâr, nommé Abû Ṭalḥah, se leva et l’emmena chez lui… Le récit continue sur le même modèle que le précédent et mentionne la révélation du verset. Al-Mahdawî rapporte encore d’après Abû Hurayrah que la révélation concerna Thâbit ibn Qays et un autre homme.

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (اللَّهُمَّ ارْحَمِ الْأَنْصَارَ وَأَبْنَاءَ الْأَنْصَارِ) . وَأَعْطَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُهَاجِرِينَ وَلَمْ يُعْطِ الْأَنْصَارَ شَيْئًا إِلَّا الثَّلَاثَةَ الَّذِينَ ذَكَرْنَاهُمْ «١» . وَيَحْتَمِلُ أَنْ يُرِيدَ بِهِ وَلا يَجِدُونَ فِي صُدُورِهِمْ حاجَةً مِمَّا أُوتُوا إِذَا كَانَ قَلِيلًا بَلْ يَقْنَعُونَ بِهِ وَيَرْضَوْنَ عَنْهُ. وَقَدْ كَانُوا عَلَى هَذِهِ الْحَالَةِ حِينَ حَيَاةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دُنْيَا، ثُمَّ كَانُوا عَلَيْهِ بَعْدَ مَوْتِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِحُكْمِ الدُّنْيَا. وَقَدْ أَنْذَرَهُمُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَالَ: (سَتَرَوْنَ بَعْدِي أَثَرَةً فَاصْبِرُوا حَتَّى تَلْقَوْنِي عَلَى الْحَوْضِ) . السَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَيُؤْثِرُونَ عَلى أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كانَ بِهِمْ خَصاصَةٌ) فِي التِّرْمِذِيِّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ: أَنَّ رَجُلًا بَاتَ بِهِ ضَيْفٌ فَلَمْ يَكُنْ عِنْدَهُ إِلَّا قُوتُهُ وَقُوتُ صِبْيَانِهِ، فَقَالَ لِامْرَأَتِهِ: نَوِّمِي الصِّبْيَةَ وَأَطْفِئِي السِّرَاجَ وَقَرِّبِي لِلضَّيْفِ مَا عِنْدَكِ، فَنَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ وَيُؤْثِرُونَ عَلى أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كانَ بِهِمْ خَصاصَةٌ قَالَ: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ. خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ أَيْضًا. وَخُرِّجَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فقال: إِنِّي مَجْهُودٌ. فَأَرْسَلَ إِلَى بَعْضِ نِسَائِهِ فَقَالَتْ: وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ مَا عِنْدِي إِلَّا مَاءٌ. ثُمَّ أَرْسَلَ إِلَى الْأُخْرَى فَقَالَتْ مِثْلَ ذَلِكَ، حَتَّى قُلْنَ كُلُّهُنَّ مِثْلَ ذَلِكَ: لَا وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ مَا عِنْدِي إِلَّا مَاءٌ. فَقَالَ: مَنْ يُضَيِّفُ هَذَا اللَّيْلَةَ رَحِمَهُ اللَّهُ؟ فَقَامَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ فَقَالَ: أَنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ. فَانْطَلَقَ بِهِ إِلَى رَحْلِهِ فَقَالَ لِامْرَأَتِهِ: هل عندك شي؟ قَالَتْ: لَا، إِلَّا قُوتُ صِبْيَانِي. قَالَ: فَعَلِّلِيهِمْ «٢» بِشَيْءٍ فَإِذَا دَخَلَ ضَيْفُنَا فَأَطْفِئِي السِّرَاجَ وَأَرِيهِ أَنَّا نَأْكُلُ، فَإِذَا أَهْوَى لِيَأْكُلَ فَقُومِي إِلَى السِّرَاجِ حَتَّى تُطْفِئِيهِ. قَالَ: فَقَعَدُوا وَأَكَلَ الضَّيْفُ. فَلَمَّا أَصْبَحَ غَدَا عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: (قَدْ عَجِبَ «٣» اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ- مِنْ صَنِيعِكُمَا بِضَيْفِكُمَا اللَّيْلَةَ) . وَفِي رِوَايَةٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِيُضَيِّفَهُ فَلَمْ يَكُنْ عِنْدَهُ مَا يُضَيِّفُهُ. فَقَالَ: (أَلَا رَجُلٌ يُضَيِّفُ هَذَا رَحِمَهُ اللَّهُ) ؟ فَقَامَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ يُقَالُ لَهُ أَبُو طَلْحَةَ. فَانْطَلَقَ بِهِ إِلَى رَحْلِهِ ... ، وَسَاقَ الْحَدِيثَ بِنَحْوِ الَّذِي قَبْلَهُ، وَذَكَرَ فِيهِ نُزُولَ الْآيَةِ. وَذَكَرَ الْمَهْدَوِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ هَذَا نَزَلَ فِي ثابت بن قيس ورجل
(١). راجع ص ١١ من هذا الجزء. (٢). علله بكذا: شغله ولهاه به. (٣). أي عظم ذلك عنده وكبر عليه، وإطلاق العجب على الله مجاز، لأنه لا يخفى عليه أسباب الأشياء.

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