– qu’Allah prie sur lui et le salue – invoqua :
« Ô Allah, fais miséricorde aux Anṣâr et aux fils des Anṣâr. »
Puis le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – attribua les biens aux Muhâjirûn, sans rien accorder aux Anṣâr, hormis les trois que nous avons déjà mentionnés (1).
On peut comprendre l’énoncé divin « … et ils ne ressentent dans leurs poitrines aucune gêne au sujet de ce qui leur a été donné » en ce sens que, même si la part reçue est minime, ils s’en contentent et l’agréent. Telle était leur attitude du vivant du Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut –, et ils demeurèrent ainsi après sa mort dans les affaires de ce bas-monde.
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – les avait pourtant avertis en disant :
« Vous verrez, après moi, qu’on accordera la préférence (atharah) à d’autres ; alors, soyez patients jusqu’à ce que vous me rejoigniez au Bassin. »
Septièmement – Sa parole, Très-Exalté soit-Il :
« … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. »
Dans le Sunan de at-Tirmidhî, selon Abû Hurayrah, un homme reçut un hôte alors qu’il ne possédait rien d’autre que la subsistance nécessaire pour lui-même et pour ses enfants. Il dit donc à son épouse : « Endors les enfants, éteins la lampe et sers à l’invité ce que tu as. » C’est à leur sujet que fut révélé le verset : « … et ils leur donnent la préférence sur eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. » At-Tirmidhî déclara : « Ce hadith est bon et authentique », et Muslim l’a également rapporté.
Il est relaté, toujours d’après Abû Hurayrah, qu’un homme vint trouver le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – en disant : « Je suis exténué. » Le Prophète envoya quelqu’un vers chacune de ses épouses ; chacune répondit : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne possède rien si ce n’est de l’eau. » Toutes répétèrent la même réponse.
Il déclara alors : « Qui hébergera cet homme, qu’Allah lui fasse miséricorde ? » Un homme des Anṣâr se leva et dit : « Moi, ô Messager d’Allah. » Il le conduisit chez lui et demanda à son épouse : « As-tu quelque chose ? » Elle répondit : « Rien, si ce n’est la ration de mes enfants. » Il dit : « Distrais-les (2) par quelque chose ; lorsque notre invité entrera, éteins la lampe et fais-lui croire que nous mangeons. Quand il tendra la main pour se nourrir, lève-toi pour éteindre la lampe. » Ils s’assirent ainsi, et l’invité mangea.
Le lendemain matin, il se rendit auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, lequel dit :
« Allah – Glorifié et Exalté soit-Il – s’est émerveillé (3) de ce que vous avez fait, toi et ton épouse, pour votre hôte cette nuit. »
Dans une autre version rapportée par Abû Hurayrah, un homme vint au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour qu’il l’héberge, mais le Prophète ne disposait de rien pour l’accueillir. Il dit alors : « Ne se trouvera-t-il pas un homme pour héberger celui-ci ? Qu’Allah lui fasse miséricorde ! » Un homme des Anṣâr, nommé Abû Ṭalḥah, se leva et l’emmena chez lui… Le récit continue sur le même modèle que le précédent et mentionne la révélation du verset. Al-Mahdawî rapporte encore d’après Abû Hurayrah que la révélation concerna Thâbit ibn Qays et un autre homme.