Ils sont associés dans le fayʾ ; autrement dit, ces biens reviennent aux Émigrés ainsi qu’à ceux qui se sont établis dans la Demeure.
Mâlik ibn Aws rapporte : ‘Umar ibn al-Khattâb – qu’Allah l’agrée – récita ce verset : « Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres… » (At-Tawbah, 60), puis déclara : « Celle-ci concerne ceux-ci. » Il récita ensuite : « Et sachez que, de tout butin que vous obtenez, un cinquième appartient à Allah… » (Al-Anfâl, 41), et dit : « Celle-ci concerne ceux-ci. » Puis il récita : « Ce qu’Allah a accordé comme butin à Son Messager… » jusqu’à : « … pour les pauvres Émigrés, pour ceux qui se sont établis dans la Demeure et la foi, et pour ceux qui viendront après eux… »; il conclut alors : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main ! Si je reste en vie, le berger qui se trouvera à Sarw Himyar viendra assurément prendre sa part de ces biens, sans qu’une goutte de sueur n’ait perlée sur son front. »
On rapporte encore qu’il convoqua les Émigrés et les Anṣâr, les consulta au sujet de ce qu’Allah lui avait octroyé, puis leur dit : « Examinez l’affaire avec soin, méditez-la, puis revenez me voir demain matin. » Il réfléchit toute la nuit et comprit que ces versets avaient été révélés à ce propos. Lorsque, à l’aube, ils se rendirent auprès de lui, il leur dit : « La nuit dernière, je suis passé en revue les versets de la sourate Al-Ḥashr », puis il récita : « Ce qu’Allah a fait revenir à Son Messager, pris sur les habitants des cités… » jusqu’à Sa parole : « … pour les pauvres Émigrés ». Parvenu à : « Voilà ceux qui sont véridiques » (Al-Ḥujurât, 15), il déclara : « Cela n’est pas réservé à ceux-ci seulement », avant de réciter : « Et ceux qui viendront après eux… » jusqu’à : « … Compatissant, Miséricordieux » (Al-Ḥashr, 10). Il ajouta : « Il ne reste plus aucun membre de la communauté islamique qui ne soit inclus dans ces dispositions. » – Et Allah sait mieux.
Troisièmement : Mâlik rapporte d’après Zayd ibn Aslam, d’après son père, qu’‘Umar a dit : « N’eût été la venue des générations futures, il n’est pas une localité conquise que je n’aurais répartie comme le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – répartit Khaybar. »
Les récits abondamment transmis par de nombreuses voies attestent qu’‘Umar conserva le Sawâd[2] d’Irak, l’Égypte et les autres terres dont les conquêtes lui avaient apporté le butin, afin qu’ils constituent les soldes des combattants, l’entretien de la troupe et de leurs familles. Az-Zubayr, Bilâl et plusieurs autres Compagnons souhaitèrent qu’il partageât les territoires conquis, mais il s’en abstint, et l’on divergea quant à la nature de son acte.
On dit qu’il sollicita l’assentiment de l’armée : quiconque accepta de renoncer à sa part sans compensation, afin qu’elle demeure patrimoine des musulmans, y consentit ; à celui qui refusa, il versa la valeur de son lot. Ceux qui estiment qu’il ne maintint la terre qu’après avoir obtenu l’accord des combattants considèrent son attitude analogue à celle du Prophète – paix et bénédictions sur lui – lorsqu’il divisa Khaybar ; en effet, acheter la part de l’un ou accepter la renonciation volontaire d’un autre équivaut à la partager. D’autres ont soutenu qu’il la conserva sans rien attribuer aux troupes. Et l’on a également dit qu’il