n’est pas un lieu où l’on s’installe.
Comme dans Sa parole — exalté soit-Il — :
« Réunissez donc votre décision et vos associés »[1]
[c’est-à-dire] : convoquez vos associés. C’est l’explication donnée par Abû ʿAlî, az-Zamakhsharî et d’autres.
L’expression relève du même procédé que dans la phrase : « Je l’ai nourrie de paille et d’eau fraîche. »
On peut aussi l’expliquer par l’omission d’un terme annexé, comme si le verset signifiait :
« Ils ont pris pour demeure la Maison et les lieux de la foi. »
Il est également possible de le rapporter au sens implicite du verbe tabawwaʾa, comme si l’on disait :
« Ils se sont attachés à la demeure et se sont attachés à la foi sans jamais s’en séparer. »
Il se peut encore que « ils se sont établis dans la foi » soit employé à titre de proverbe, de même que l’on dit :
« Il s’est établi au cœur même ( aṣ-ṣamîm ) des fils d’Untel. »
Le terme tabawwuʾ désigne la fermeté et la stabilité. Le verset n’entend donc pas dire que les Anṣâr ont cru avant les Muhâjirîn, mais qu’ils ont cru avant l’émigration du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — vers eux.
Deuxième question. — Les savants ont également divergé pour savoir si ce verset est coupé de ce qui précède ou s’il y est coordonné. Certains l’ont considéré comme coordonné à Sa parole : « aux pauvres parmi les Émigrés », estimant que tous les versets de la sourate Al-Ḥashr sont liés les uns aux autres. Mais s’ils avaient réfléchi avec équité, ils auraient constaté le contraire de ce qu’ils affirment.
Car Allah — Très-Haut — dit :
« C’est Lui qui a fait sortir de leurs demeures ceux des Gens du Livre qui ont mécru, lors du premier bannissement… » jusqu’à Sa parole « … les pervers » [Al-Ḥashr, 2-5] ;
Il y mentionne les Banû an-Naḍîr et les Banû Qaynuqâʿ.
Puis Il dit :
« Ce qu’Allah a octroyé comme butin à Son Messager, pris sur eux, vous n’y avez lancé ni chevaux ni montures ; mais Allah donne pouvoir à Ses messagers sur qui Il veut… »
Il fait ainsi savoir que cela revient au Messager — paix et bénédictions sur lui —, car aucun cheval ni monture n’avait été lancé pour l’obtenir lorsqu’ils l’avaient abandonné. Quant aux combats antérieurs et à l’abattage de leurs arbres, ils y avaient renoncé et cette affaire avait cessé.
Ensuite, Il dit :
« Ce qu’Allah a fait revenir à Son Messager, provenant des habitants des cités, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux nécessiteux et au voyageur… »
— propos qui n’est pas coordonné au précédent. De même, « ceux qui se sont établis dans la Demeure et la foi » ouvre un nouveau discours de louange en faveur des Anṣâr ; ils ont, en effet, cédé le fayʾ aux Émigrés. C’est comme s’Il avait dit : « Le fayʾ est pour les pauvres Émigrés, et les Anṣâr l’aiment pour eux et ne les envient pas pour la part nette qu’ils en ont reçue. »
De même encore, « ceux qui sont venus après eux » [Al-Ḥashr, 10] inaugure un nouveau propos dont la prédication est : « disant : “Ô notre Seigneur, pardonne-nous…” » [Al-Ḥashr, 10].
Ismâʿîl ibn Isḥâq a dit : « La parole d’Allah “ceux qui se sont établis dans la Demeure” et “ceux qui sont venus” est coordonnée à ce qui précède, et qu’ils… »
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[1] Yûnus, 71.