et l’un d’eux se creusait une fosse dans la terre durant l’hiver, n’ayant pour toute couverture que cette dernière.
ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abzā et Saʿīd ibn Jubayr ont dit : Il y avait parmi les Émigrés des hommes dont chacun possédait un esclave, une épouse, une maison et une chamelle sur laquelle il accomplissait le pèlerinage et partait au combat ; Allah les a pourtant comptés parmi les pauvres et leur a assigné une part dans la Zakât.
Le sens de « expulsés de leurs demeures » est : les mécréants de La Mecque les en ont fait sortir, c’est-à-dire qu’ils les ont contraints à l’exil ; ils étaient cent hommes.
« (Ils) recherchent (yabtaghūn) » : ils cherchent.
« Une grâce d’Allah (faḍlan mina llāh) » : un butin dans ce bas-monde.
« Et Son agrément (riḍwānan) » dans l’Au-delà, c’est-à-dire la satisfaction de leur Seigneur.
« Et ils secourent Allah et Son Messager (wa yanṣurūna llāha wa-rasūlah) » : dans le jihād dans le sentier d’Allah.
« Ceux-là sont les véridiques (ulāʾika humu ṣ-ṣādiqūn) » dans ce qu’ils ont accompli.
Il est rapporté qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb — qu’Allah l’agrée — prononça un sermon à al-Jābiyah : « Que celui qui souhaite interroger au sujet du Coran vienne voir Ubayy ibn Kaʿb ; que celui qui veut poser des questions sur les obligations successorales (farāʾiḍ) vienne voir Zayd ibn Thābit ; que celui qui désire s’enquérir de la jurisprudence vienne voir Muʿādh ibn Jabal ; et que celui qui veut s’informer des biens vienne à moi, car Allah — Très-Haut — m’en a fait le trésorier et le répartiteur. Eh bien ! je commencerai par les épouses du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, je leur donnerai (leur dû), puis aux tout premiers Émigrés ; quant à moi et mes compagnons, nous avons été expulsés de La Mecque, de nos demeures et de nos biens. »
[Coran, sourate Al-Ḥashr (59), verset 9]
« Ceux qui, avant eux, se sont établis dans la Demeure et dans la foi, aiment ceux qui émigrent vers eux ; ils ne ressentent dans leurs poitrines aucune envie pour ce qui leur a été donné et ils les préfèrent à eux-mêmes, quand bien même ils seraient dans le besoin. Quiconque est préservé de l’avidité de son âme, ceux-là sont les bienheureux. » (9)
Ce verset comporte onze questions juridiques :
Premièrement — Sa parole, exalté soit-Il :
« Et ceux qui se sont établis dans la Demeure et la foi avant eux… »
Il n’y a pas de divergence : « ceux qui se sont établis dans la Demeure » désigne les Anṣâr, qui avaient fait de Médine leur patrie avant que les Émigrés n’y arrivent. Quant au mot « la foi », il est à l’accusatif du fait d’un verbe autre que « tabawwaʾa », car l’établissement (tabawwuʾ) ne porte que sur les lieux.
Le syntagme « min qablihim » est lié à « tabawwaʾa » ; le sens est donc : « ceux qui se sont établis dans la Demeure avant les Émigrés et qui ont embrassé la foi et l’ont purifiée, car la foi… »