Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et sans la moindre peine ; en vérité, l’endroit ne se trouvait qu’à deux milles de Médine, selon l’avis d’al-Farrâʾ. Ils s’y rendirent donc à pied, sans chevaucher ni chevaux ni chameaux, à l’exception du Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue — qui monta un chameau ; d’aucuns disent : un âne muni d’une bride tressée de fibres de palmier. Il s’en empara par traité, les expulsa et prit possession de leurs biens.

Les musulmans demandèrent alors au Prophète ﷺ d’en faire le partage, et la révélation descendit : « Et ce qu’Allâh a restitué à Son Messager (provenant d’eux) — vous n’y avez lancé ni chevaux ni montures … », jusqu’à la fin du verset. Allâh attribua ainsi les biens des Banû an-Naḍîr exclusivement au Prophète ﷺ afin qu’il en dispose à sa guise ; puis le Prophète ﷺ les répartit entre les Émigrés.

Al-Wâqidî — rapporté également par Ibn Wahb d’après Mâlik — déclare qu’il ne donna rien de ces biens aux Anṣâr, sinon à trois hommes nécessiteux : Abû Dujânah Simâk b. Kharashah, Sahl b. Ḥunayf et al-Ḥârith b. aṣ-Ṣimmah. D’autres disent qu’il n’en gratifia que deux : Sahl et Abû Dujânah. On rapporte aussi qu’il remit à Saʿd b. Muʿâdh l’épée d’Ibn Abî ʾl-Ḥuqayq, une arme célèbre parmi eux.

Nul, parmi les Banû an-Naḍîr, n’embrassa l’Islam hormis deux hommes : Sufyân b. ʿUmayr et Saʿd b. Wahb ; ils se convertIrent tout en conservant leurs biens, qu’ils sauvegardèrent ainsi.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, ʿUmar rapporte : « Les biens des Banû an-Naḍîr comptent parmi ceux qu’Allâh a accordés à Son Messager, sans que les musulmans aient eu à y pousser ni chevaux ni montures ; ils appartenaient exclusivement au Prophète ﷺ. Il en dépensait pour sa famille la provision d’une année, et le reste, il le consacrait aux chevaux de guerre [1] et aux armes, équipement pour la cause d’Allâh, Très-Haut. »

Al-ʿAbbâs dit un jour à ʿUmar — qu’Allâh les agrée tous deux : « Juge entre moi et ce menteur, pécheur, traître et perfide — il visait ʿAlî, qu’Allâh l’agrée — au sujet de ce qu’Allâh a restitué à Son Messager des biens des Banû an-Naḍîr. » ʿUmar répliqua : « Savez-vous tous deux que le Prophète ﷺ a dit : “Nous ne laissons point d’héritage ; ce que nous laissons est aumône.” » Ils répondirent : « Oui. » ʿUmar poursuivit : « Allâh — Puissant et Majestueux — a réservé à Son Messager ﷺ une part qui n’a été accordée à nul autre. Il dit : “Ce qu’Allâh a restitué à Son Messager provenant des habitants des bourgs appartient à Allâh et au Messager…” (Je ne sais s’il récita ou non le verset précédent). Le Messager d’Allâh ﷺ vous a réparti les biens des Banû an-Naḍîr ; par Allâh, il ne vous en a pas privés ni ne les a gardés pour lui, jusqu’à ce qu’il ne reste que ce capital. Le Messager d’Allâh ﷺ en tirait l’entretien d’une année, puis ce qui demeurait, il le traitait comme le reste des biens… » — et le ḥadîth se poursuit longuement ; Muslim l’a consigné.

On rapporte encore : lorsque les Banû an-Naḍîr abandonnèrent leurs demeures et leurs avoirs, les musulmans réclamèrent d’y avoir une part semblable au butin de guerre ; Allâh, Très-Haut, expliqua alors qu’il s’agissait d’un fayʾ, bien qu’un certain combat eût eu lieu, car ils furent assiégés plusieurs jours, combattirent et furent tués.

[1] al-Kurāʿ : la cavalerie (chevaux de guerre).

وَلَا مَشَقَّةً، وَإِنَّمَا كَانَتْ مِنَ الْمَدِينَةِ عَلَى مِيلَيْنِ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. فَمَشَوْا إِلَيْهَا مَشْيًا وَلَمْ يَرْكَبُوا خَيْلًا وَلَا إِبِلًا، إِلَّا النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِنَّهُ رَكِبَ جَمَلًا وَقِيلَ حِمَارًا مَخْطُومًا بِلِيفٍ، فَافْتَتَحَهَا صُلْحًا وَأَجْلَاهُمْ وَأَخَذَ أَمْوَالَهُمْ. فَسَأَلَ الْمُسْلِمُونَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يُقْسِمَ لَهُمْ فَنَزَلَتْ: وَما أَفاءَ اللَّهُ عَلى رَسُولِهِ مِنْهُمْ فَما أَوْجَفْتُمْ عَلَيْهِ الْآيَةَ. فَجَعَلَ أَمْوَالَ بَنِي النَّضِيرِ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَاصَّةً يَضَعُهَا حَيْثُ شَاءَ، فَقَسَمَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَ الْمُهَاجِرِينَ. قَالَ الْوَاقِدِيُّ: وَرَوَاهُ ابْنُ وَهْبٍ عَنْ مَالِكٍ، وَلَمْ يُعْطِ الْأَنْصَارَ مِنْهَا شَيْئًا إِلَّا ثَلَاثَةَ نَفَرٍ مُحْتَاجِينَ، مِنْهُمْ أَبُو دُجَانَةَ سِمَاكُ بْنُ خَرَشَةَ، وَسَهْلُ بْنُ حُنَيْفٍ، وَالْحَارِثُ بْنُ الصِّمَّةِ. وَقِيلَ: إِنَّمَا أَعْطَى رَجُلَيْنِ، سَهْلًا وَأَبَا دُجَانَةَ. وَيُقَالُ: أَعْطَى سَعْدَ بْنَ مُعَاذٍ سَيْفَ ابْنِ أَبِي الْحُقَيْقِ، وَكَانَ سَيْفًا لَهُ ذِكْرٌ عِنْدَهُمْ. وَلَمْ يُسْلِمْ مِنْ بَنِي النَّضِيرِ إِلَّا رجلان: سفيان ابن عُمَيْرٍ، وَسَعْدُ بْنُ وَهْبٍ، أَسْلَمَا عَلَى أَمْوَالِهِمَا فَأَحْرَزَاهَا. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ عُمَرُ قَالَ: كَانَتْ أَمْوَالُ بَنِي النَّضِيرِ مِمَّا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَى رَسُولِهِ مِمَّا لَمْ يُوجِفْ عَلَيْهِ الْمُسْلِمُونَ بِخَيْلٍ وَلَا رِكَابٍ، وَكَانَتْ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَاصَّةً، فَكَانَ يُنْفِقُ عَلَى أَهْلِهِ نَفَقَةَ سَنَةٍ، وَمَا بَقِيَ يَجْعَلُهُ فِي الْكُرَاعِ «١» وَالسِّلَاحِ عُدَّةً فِي سَبِيلِ اللَّهِ تَعَالَى. وَقَالَ الْعَبَّاسُ لِعُمَرَ- رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا-: اقْضِ بَيْنِي وَبَيْنَ هَذَا الْكَاذِبِ الْآثِمِ الْغَادِرِ الْخَائِنِ- يَعْنِي عَلِيًّا رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ- فِيمَا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَى رَسُولِهِ مِنْ أَمْوَالِ بَنِي النَّضِيرِ. فَقَالَ عُمَرُ: أَتَعْلَمَانِ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَا نُورَثُ مَا تَرَكْنَاهُ صَدَقَةٌ) قَالَا نَعَمْ. قَالَ عُمَرُ: إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ كَانَ خَصَّ رَسُولَهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِخَاصَّةٍ وَلَمْ يُخَصِّصْ بِهَا أَحَدًا غَيْرَهُ. قَالَ: مَا أَفاءَ اللَّهُ عَلى رَسُولِهِ مِنْ أَهْلِ الْقُرى فَلِلَّهِ وَلِلرَّسُولِ (مَا أَدْرِي هَلْ قَرَأَ الْآيَةَ الَّتِي قَبْلَهَا أَمْ لَا) فَقَسَمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَكُمْ أَمْوَالَ بَنِي النَّضِيرِ، فَوَاللَّهِ مَا اسْتَأْثَرَهَا عَلَيْكُمْ وَلَا أَخَذَهَا دُونَكُمْ حَتَّى بَقِيَ هَذَا الْمَالُ، فَكَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْخُذُ مِنْهُ نَفَقَةَ سَنَةٍ، ثُمَّ يَجْعَلُ مَا بَقِيَ أُسْوَةَ الْمَالِ ... الْحَدِيثَ بِطُولِهِ، خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَقِيلَ: لَمَّا تَرَكَ بَنُو النَّضِيرِ دِيَارَهُمْ وَأَمْوَالَهُمْ طَلَبَ الْمُسْلِمُونَ أَنْ يَكُونَ لَهُمْ فِيهَا حَظٌّ كالغنائم، فبين الله تعالى أنها في وكان قد جَرَى ثَمَّ بَعْضُ الْقِتَالِ، لِأَنَّهُمْ حُوصِرُوا أَيَّامًا وقاتلوا وقتلوا،
(١). قوله" في الكراع": في الدواب التي تصلح للحرب.

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