Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Selon al-Ḥasan, le terme désigne l’ensemble des palmiers, sans exclure ni l’ʿajwa ni aucune autre variété.

D’Ibn ʿAbbâs on rapporte également qu’il s’agit d’un type particulier de palmier.

Selon ath-Thawrî, ce sont les palmiers nobles.

Abû ʿUbayda estime qu’il englobe toutes les sortes de dattes, à l’exception de l’ʿajwa et de la barnî »¹.

Jaʿfar b. Muḥammad a dit qu’il s’agit exclusivement de l’ʿajwa, et l’on rapporte que l’al-ʿatîq et l’ʿajwa se trouvaient avec Nûḥ – sur lui la paix – dans l’Arche.

L’« al-ʿatîq » est le palmier mâle, et l’ʿajwa fut l’origine de toutes les femelles ; c’est pourquoi la couper fut extrêmement pénible pour les Juifs, ainsi que l’a relaté al-Mâwardî.

On a dit encore : c’est une variété de palmier dont la datte est appelée « al-lawn » ; son fruit, d’un jaune soutenu, est le meilleur des fruits ; on en voit le noyau à travers la pulpe et la dent s’y enfonce aisément ; un arbre de ce genre leur est plus précieux qu’une servante².

D’autres ont affirmé qu’il s’agit du palmier bas, proche du sol. Al-Akhfash a récité :
« Le roucoulement des colombes m’a brisé le cœur en chantant,
   La séparation des aimés, du haut d’une lînah dominant. »

Il fut dit encore : la lînah désigne le rejeton, parce qu’il est plus tendre que le palmier adulte. Le poète a chanté :
« Ils plantèrent la lînah au bord d’une source jaillissante,
   Puis ceinturèrent les palmiers de joncs et d’eau dormissante. »³

Selon un autre avis, la lînah englobe tous les arbres, en raison de leur douceur tant qu’ils demeurent vivants ; Dhû r-Rumma a dit :
« L’extrémité des rémiges repose sur une lînah frémissante,
   La rosée de la nuit sur son plumage se fait chatoyante. »

Le dixième avis – avancé par al-Aṣmaʿî – est qu’elle correspond au daqal (les palmiers à dattes de qualité inférieure). Il rapporte : « Les Médinois disent : “Les tables ne se gonflent point tant que les al-awân ne sont pas présentes”, entendant par là le daqal. »

Ibn al-ʿArabî dit : « L’opinion correcte est celle d’az-Zuhrî et de Mâlik, et cela pour deux raisons : premièrement, ils connaissent mieux leur contrée et ses arbres ; deuxièmement, l’étymologie l’appuie et les linguistes la confirment. En effet, le mot lînah est sur le modèle de lûnah ; il a subi, selon leurs règles, les altérations phonétiques qui l’ont fait aboutir à lînah, dérivé de la racine lawn (“couleur”). Lorsque la lettre hāʾ y entre, la première voyelle se casse, comme dans bark aṣ-ṣadr (bāʾ ouvert) et birkihi (bāʾ fermé) en raison de la présence du hāʾ. On a également dit que lînah vient de liwnah, la wāw ayant été changée en yāʾ à cause de la kasra qui la précède. Le pluriel de lînah est lîn ; on dit aussi liyân. »

Imruʾ al-Qays, décrivant l’encolure de son cheval, a composé :
« Une encolure pareille aux frêles liyā longuement élancées,
   Où l’ardent incendiaire a soufflé la flamme embrasée. »

وَالْحَسَنِ: أَنَّهَا النَّخْلُ كُلُّهُ، وَلَمْ يَسْتَثْنُوا عَجْوَةً وَلَا غَيْرَهَا. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا: أَنَّهَا لَوْنٌ مِنَ النَّخْلِ. وَعَنِ الثَّوْرِيِّ: أَنَّهَا كِرَامُ النَّخْلِ. وَعَنْ أَبِي عُبَيْدَةَ: أَنَّهَا جَمِيعُ أَلْوَانِ التَّمْرِ سِوَى الْعَجْوَةِ وَالْبَرْنِيِّ «١» . وَقَالَ جَعْفَرُ بْنُ مُحَمَّدٍ: إِنَّهَا الْعَجْوَةُ خَاصَّةً. وَذُكِرَ أَنَّ الْعَتِيقَ وَالْعَجْوَةَ كَانَتَا مَعَ نُوحٍ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي السَّفِينَةِ. وَالْعَتِيقُ: الْفَحْلُ. وَكَانَتِ الْعَجْوَةُ أَصْلَ الْإِنَاثِ كُلِّهَا فَلِذَلِكَ شَقَّ عَلَى الْيَهُودِ قَطْعُهَا، حَكَاهُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَقِيلَ: هِيَ ضَرْبٌ مِنَ النَّخْلِ يُقَالُ لِتَمْرِهِ: اللَّوْنُ، تَمْرُهُ أَجْوَدُ التَّمْرِ، وَهُوَ شَدِيدُ الصُّفْرَةِ، يُرَى نَوَاهُ مِنْ خَارِجِهِ وَيَغِيبُ فِيهِ الضِّرْسُ، النَّخْلَةُ مِنْهَا أَحَبُّ إِلَيْهِمْ مِنْ وَصِيفٍ «٢» . وَقِيلَ: هِيَ النَّخْلَةُ الْقَرِيبَةُ مِنَ الْأَرْضِ. وَأَنْشَدَ الْأَخْفَشُ. قَدْ شَجَانِي الْحَمَامُ حِينَ تَغَنَّى ... بِفِرَاقِ الْأَحْبَابِ مِنْ فَوْقٍ لِينَهْ وَقِيلَ: إِنَّ اللِّينَةَ الْفَسِيلَةُ، لِأَنَّهَا أَلْيَنُ مِنَ النَّخْلَةِ. وَمِنْهُ قَوْلُ الشَّاعِرِ: غَرَسُوا لِينَهَا بِمَجْرَى مَعِينٍ ... ثُمَّ حَفُّوا النَّخِيلَ بِالْآجَامِ «٣» وَقِيلَ: إِنَّ اللِّينَةَ الْأَشْجَارُ كُلُّهَا لِلِينِهَا بِالْحَيَاةِ، قَالَ ذُو الرِّمَّةِ: طِرَاقُ الْخَوَافِي وَاقِعٌ فَوْقَ لِينَةٍ ... نَدَى لَيْلِهِ فِي رِيشِهِ يَتَرَقْرَقُ وَالْقَوْلُ الْعَاشِرُ- أَنَّهَا الدَّقَلُ، قَالَهُ الْأَصْمَعِيُّ. قَالَ: وَأَهْلُ الْمَدِينَةِ يَقُولُونَ لَا تَنْتَفِخُ الْمَوَائِدَ حَتَّى تُوجَدَ الْأَلْوَانُ، يَعْنُونَ الدَّقَلَ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَالصَّحِيحُ مَا قَالَهُ الزُّهْرِيُّ وَمَالِكٌ لِوَجْهَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُمَا أَعْرَفُ بِبَلَدِهِمَا وَأَشْجَارِهِمَا. الثَّانِي- أَنَّ الِاشْتِقَاقَ يَعْضُدُهُ، وَأَهْلُ اللُّغَةِ يُصَحِّحُونَهُ، فَإِنَّ اللِّينَةَ وَزْنُهَا لُونَةٌ، وَاعْتَلَّتْ عَلَى أُصُولِهِمْ فَآلَتْ إِلَى لِينَةٍ فَهِيَ لَوْنٌ، فَإِذَا دَخَلَتِ الْهَاءُ كُسِرَ أَوَّلُهَا، كَبَرْكِ الصَّدْرِ (بِفَتْحِ الْبَاءِ) وَبِرْكِهِ (بِكَسْرِهَا) لِأَجْلِ الْهَاءِ. وَقِيلَ لِينَةٌ أَصْلُهَا لِوْنَةٌ فَقُلِبَتِ الْوَاوُ يَاءً لِانْكِسَارِ مَا قَبْلَهَا. وَجَمْعُ اللِّينَةِ لِينٌ. وَقِيلَ: لِيَانٌ، قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ يَصِفُ عُنُقَ فَرَسِهِ: وَسَالِفَةٌ كَسَحُوقِ اللِّيَا ... نِ أَضْرَمَ فيها الغوي السعر
(١). (البرني بفتح فسكون): ضرب من التمر أحمر مشرب بصفرة كثير اللحاء، عذب الحلاوة. [ ..... ] (٢). الوصيف: الخادم، غلاما كان أو جارية. (٣). في ح، س، هـ:" بالأكمام".

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