la famille et les enfants.
Le second aspect est que l’exil (al-jalâ’) ne concerne qu’un groupe, tandis que l’expulsion (al-ikhrâj) peut viser un individu aussi bien qu’un groupe ; cette distinction a été formulée par al-Mâwardî.
Parole du Très-Haut :
« Cela »
– c’est-à-dire : cet exil –
« parce qu’ils se sont opposés à Allah »,
autrement dit : ils Lui ont déclaré l’hostilité et ont contrevenu à Son ordre.
L’expression : « et quiconque s’oppose à Allah » fut récitée par Ṭalḥah b. Muṣarrif et Muḥammad b. as-Samayqaʿ sous la forme « wa-man yušâqiqi Allâha » (en faisant entendre le redoublement), identique à la lecture de la sourate al-Anfâl¹ ; les autres récitateurs ont procédé à l’assimilation.
[Sourate al-Ḥašr (59), verset 5]
« Tout palmier (lînah) que vous avez coupé ou que vous avez laissé debout sur ses racines, c’est par la permission d’Allah, afin qu’Il couvre d’opprobre les pervers. »
Ce passage comporte cinq questions juridiques.
Première question
Parole du Très-Haut :
« Tout palmier que vous avez coupé… »
Ici, la particule « mâ » est à la place de l’objet direct du verbe « qataʿtum » ; c’est comme si le sens était : « Quelle que soit la chose que vous avez coupée. »
En effet, lorsque le Prophète — qu’Allah prie sur lui et lui accorde la paix — arriva devant les forteresses de Banû an-Naḍîr, à al-Buʾayrah, après qu’ils eurent rompu le pacte en prêtant secours aux Qurayš contre lui le jour d’Uḥud, il ordonna d’abattre leurs palmiers et de les brûler. Les avis divergent sur le nombre d’arbres abattus :
• Qatâdah et aḍ-Ḍaḥḥâk rapportent qu’ils coupèrent et brûlèrent six palmiers ;
• Muḥammad b. Isḥâq affirme qu’ils en coupèrent un et en brûlèrent un autre.
Cet acte eut lieu avec l’agrément — voire sur l’ordre — du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui —, soit pour les affaiblir par cette perte, soit pour dégager l’emplacement en les supprimant².
La chose leur fut pénible ; ils dirent — eux, les Juifs gens du Livre — : « Ô Muḥammad, ne prétends-tu pas être un Prophète qui recherche la réforme ? Est-ce donc de la réforme que de couper les palmiers et de brûler les arbres ? As-tu trouvé dans ce qu’Allah t’a révélé l’autorisation de semer la corruption sur terre ? »
Ces propos affectèrent le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, et les croyants ressentirent un scrupule, au point de diverger :
• certains disaient : « Ne coupez rien de ce qu’Allah nous a accordé comme butin » ;
• d’autres disaient : « Coupez-les pour les irriter. »
Le verset fut alors révélé, confirmant la justesse de ceux qui avaient interdit la coupe et innocentant de tout péché ceux qui l’avaient pratiquée, en indiquant que couper ou laisser debout relevait de la permission d’Allah.
Leur poète, Simâk le Juif, composa à ce sujet :