Ainsi, leur rassemblement aura lieu à l’approche de la Résurrection.
Qatâda a dit : « Un feu viendra rassembler les gens de l’Orient à l’Occident ; il passera la nuit avec eux là où ils passeront la nuit, s’arrêtera pour la sieste là où ils s’arrêteront, et dévorera quiconque restera en arrière. » Ce propos est authentiquement établi dans le Ṣaḥîḥ et nous l’avons mentionné dans le Kitâb at-Tadhkira.
Ibn Wahb a rapporté de Mâlik un récit analogue : « Je demandai à Mâlik : “Est-ce leur expulsion de leurs demeures ?” Il me répondit : “Le ḥashr du Jour de la Résurrection sera le rassemblement des Juifs.” » Il ajouta : « Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – expulsa les Juifs vers Khaybar lorsqu’ils furent interrogés au sujet des biens qu’ils avaient dissimulés ; par cela, il rendit licite leur combat. »
Ibn al-ʿArabî a dit : « Le ḥashr se divise en un début, un milieu et une fin : le début est l’expulsion des Banû an-Naḍîr, le milieu l’expulsion de Khaybar, et la fin le rassemblement du Jour de la Résurrection. »
D’après al-Ḥasan, il s’agit des Banû Qurayẓa. Les autres exégètes ne sont pas de cet avis et affirment : « Les Banû Qurayẓa n’ont pas été rassemblés ; ils furent exécutés. » C’est ce qu’a rapporté ath-Thaʿlabî.
Troisièmement –
Al-Kiyâ al-Ṭabarî a dit : « Conclure une trêve avec les gens en état de guerre en les forçant à quitter leurs demeures sans rien emporter n’est plus permis aujourd’hui ; cela n’était autorisé qu’au début de l’Islam, puis cela fut abrogé. Désormais, il est indispensable soit de les combattre, soit de les capturer, soit de leur imposer la jizya. »
Parole du Très-Haut :
« Vous ne pensiez pas qu’ils sortiraient. »
C’est-à-dire, compte tenu de l’importance, de la puissance et de la cohésion des Juifs dans l’esprit des musulmans, et de l’unité de leur rang(1).
« Et ils pensaient que leurs forteresses les protégeraient d’Allah. »
Il a été dit qu’il s’agit d’al-Waṭîḥ, an-Naṭâṭ, as-Sulâlim et al-Katîba.
« …d’Allah », c’est-à-dire de Son décret. Ils disposaient d’un grand nombre d’armes et de forteresses imprenables, mais rien de tout cela ne les protégea.
« Alors Allah les surprit », c’est-à-dire Son ordre et Son châtiment les atteignirent,
« par où ils ne s’y attendaient pas », d’où ils ne l’imaginaient pas.
On a également dit : d’un endroit dont ils n’avaient aucune connaissance.
Et l’on a encore dit : d’où ils ne s’attendaient pas, à savoir par l’assassinat de Kaʿb ibn al-Ashraf – ainsi l’ont expliqué Ibn Jurayj, as-Suddî et Abû Ṣâliḥ.
Parole du Très-Haut :
« Et Il jeta l’effroi dans leurs cœurs » – à la suite de la mise à mort de leur chef Kaʿb ibn al-Ashraf. Ceux qui l’exécutèrent furent : Muḥammad ibn Maslama, Abû Nâ’ila Silkân ibn Salâma ibn Waqsh – frère de lait de Kaʿb –, ʿAbbâd ibn Bishr ibn Waqsh, al-Ḥârith ibn Aws ibn Muʿâdh et Abû ʿAbs ibn Jabr. Son histoire est célèbre dans les ouvrages de Sîra.
Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « J’ai été secouru par la terreur à une distance d’un mois de marche devant moi. » Que dire alors du secours obtenu par cette terreur sur la courte distance d’un mille séparant Médine du quartier des Banû an-Naḍîr ? Il s’agit là d’un privilège réservé à Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – à l’exclusion de tout autre.