Il tua son frère ʿUbayd ibn ʿUmayr le jour de Badr. Ou encore leurs proches : ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb tua son oncle maternel al-ʿĀṣ ibn Hishām ibn al-Mughīra le jour de Badr, tandis que ʿAlī et Ḥamza tuèrent ʿUtba, Shayba et al-Walīd le jour de Badr.
On a dit aussi que le verset fut révélé au sujet de Ḥāṭib ibn Abī Baltaʿa lorsqu’il écrivit aux habitants de La Mecque pour les informer du départ du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – l’année de la Conquête, comme cela sera expliqué au début de la sourate « Al-Mumtaḥana », si Allah – Très-Haut – le veut. Il y est montré que la foi se corrompt par l’alliance avec les mécréants, même s’il s’agit de proches.
Deuxièmement, l’imâm Mālik – qu’Allah lui fasse miséricorde – a tiré de ce verset la preuve qu’il faut s’opposer aux Qadariyya et s’abstenir de les fréquenter. Ashhab rapporte de Mālik : « Ne fréquente pas les Qadariyya et prends-les en inimitié pour Allah », en se référant à la parole du Très-Haut : « Tu ne trouveras pas de peuple qui croie en Allah et au Jour dernier témoignant de l’affection à ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager. »
Je dis : dans le même sens que pour les Qadariyya entrent tous les gens d’injustice et d’agression. Sufyān ath-Thawrī a dit : « Les Anciens considéraient que le verset fut révélé à propos de ceux qui fréquentent le sultan. » ʿAbd al-ʿAzīz ibn Abī Dāwūd rapporte qu’il rencontra al-Manṣūr pendant le ṭawāf ; lorsqu’il le reconnut, il s’éloigna de lui en fuyant et récita ce verset.
Il est rapporté du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’il disait : « Ô Allah, ne place pas auprès de moi de bienfait venant d’un pervers, car j’ai trouvé, dans ce que Tu as révélé : “Tu ne trouveras pas de peuple qui croie en Allah et au Jour dernier… – jusqu’à Sa parole : – Ceux-là, Il a inscrit la foi dans leurs cœurs.” »
C’est-à-dire : Il a créé dans leurs cœurs la certitude, à savoir ceux qui n’accordent pas leur alliance à ceux qui s’opposent à Allah.
On a dit : « kataba » signifie « Il a confirmé », selon ar-Rabīʿ ibn Anas. D’autres ont dit : « Il a établi », comme dans Sa parole : « Inscris-nous donc parmi les témoins » (1), c’est-à-dire « place-nous », ou dans « Je la décréterai pour ceux qui se prémunissent… » (2). D’autres enfin ont dit : « kataba » signifie « Il a rassemblé » – d’où « katība », troupe –, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas de ceux qui disent : « Nous croyons à une partie et nous renions une partie. »
La lecture la plus répandue prononce « kataba » avec une fatḥa sur le kāf et met « al-īmāna » à l’accusatif, sens : « Allah a inscrit », et c’est la lecture la meilleure, comme dans Sa parole : « et Il les a soutenus par un esprit venant de Lui ». Abū al-ʿĀliya, Zir ibn Ḥubaysh et al-Mufaḍḍal, d’après ʿĀṣim, ont lu « kutiba » au passif, avec « al-īmānu » au nominatif. Zir ibn Ḥubaysh a aussi récité « wa ʿashīrātihim » avec un alif et la tāʾ sous kasra, au pluriel ; cette lecture a été transmise par al-Aʿmash d’Abū Bakr, d’après ʿĀṣim.
On a dit encore : « Il a écrit dans leurs cœurs » veut dire « sur leurs cœurs », comme dans l’expression « sur les troncs des palmiers » (3) ; Il a mentionné les cœurs spécifiquement parce qu’ils sont le siège de la foi.
« Et Il les a soutenus » : Il les a fortifiés et secourus par un esprit venant de Lui. Al-Ḥasan a dit : « et par un secours venant de Lui ». Et il dit :