Et cela constitue une vigoureuse réfutation adressée aux Muʿtazilites qui s’en tiennent strictement à la considération des intérêts (maṣāliḥ). Toutefois, le transmetteur du ḥadith rapporté de Zayd n’est autre que son fils ʿAbd ar-Raḥmān, que les savants ont jugé faible.
Quant à la parole du Très-Haut :
« Cela est meilleur pour vous et plus pur »,
elle représente un texte massivement transmis qui suffit à réfuter les Muʿtazilites. – Allah est plus Savant.
Troisièmement :
At-Tirmidhî rapporte d’après ʿAlî b. ʿAlqamah al-Anmârî, d’après ʿAlî b. Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – qu’il a dit :
Lorsque fut révélé :
« Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous vous entretenez en secret avec le Messager, avancez, avant votre entretien confidentiel, une aumône »,
[je l’interrogeai « 1 »]. Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – me dit :
« Que penses-tu d’un dînâr ? »
Je répondis : « Ils n’en auront pas la capacité. »
Il dit alors :
« La moitié d’un dînâr ? »
Je répondis : « Ils n’en auront pas la capacité. »
Il reprit :
« Combien alors ? »
Je répondis : « Le poids d’un grain d’orge. »
Il dit :
« Vraiment, tu es peu exigeant ! »
Puis fut révélé :
« Craignez-vous d’avancer, avant votre entretien confidentiel, des aumônes ? » – le verset.
Il ajouta : « C’est par moi « 2 » qu’Allah a allégé cette communauté. »
Abû ʿIsâ (at-Tirmidhî) dit : « Ce ḥadith est ḥasan gharîb ; nous ne le connaissons que par cette chaîne. » Et le sens de son propos « un grain d’orge » est : le poids d’un grain d’orge d’or.
Ibn al-ʿArabî dit : « Cela prouve deux belles questions de fond :
- la possibilité qu’un acte cultuel soit abrogé avant même d’être accompli ;
- la prise en considération, par analogie, des quantités fixées, contrairement à Abû Ḥanîfa. »
Je dis : L’apparence du texte montre pourtant que l’abrogation n’est intervenue qu’après que l’aumône eut effectivement été versée.
Il a été rapporté de Mujâhid que le premier à avoir donné cette aumône fut ʿAlî b. Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – et qu’il eut un entretien privé avec le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui. Il est également relaté qu’il donna en aumône une bague.
Al-Qushayrî et d’autres ont rapporté encore, d’après ʿAlî b. Abî Ṭâlib, qu’il disait :
« Dans le Livre d’Allah se trouve un verset qu’aucun homme n’a appliqué avant moi ni n’appliquera après moi ; c’est :
« Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous vous entretenez en secret avec le Messager, avancez, avant votre entretien confidentiel, une aumône. »
Je possédais un dînâr que je vendis ; chaque fois que je voulais m’entretenir en privé avec le Messager, je donnais un dirham en aumône, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien ; puis la prescription fut abrogée par l’autre verset : « Craignez-vous d’avancer, avant votre entretien confidentiel, des aumônes ? » »
Ibn ʿAbbâs a tenu le même propos : Allah a abrogé cette injonction par le verset qui la suit.
Ibn ʿUmar a dit : « ʿAlî – qu’Allah l’agrée – a eu trois privilèges ; si je n’en avais reçu qu’un seul, il m’aurait été plus cher que les chamelles à la robe rouge : son mariage avec Fâṭimah, la remise de l’étendard le jour de Khaybar, et le verset de l’entretien confidentiel. »
« Cela est meilleur pour vous » : c’est-à-dire plus profitable que de retenir l’aumône ;
« et plus pur » : pour vos cœurs, les préservant des péchés ;
« mais si vous n’en trouvez pas les moyens » : c’est-à-dire si vous êtes pauvres ;
« Allah est certes Pardonneur, Miséricordieux. »