Sourate : al-Mujādilah (58) — Verset 12
« Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous vous entretenez en secret avec le Messager, avancez, avant votre entretien confidentiel, une aumône ; cela est meilleur pour vous et plus pur. Si pourtant vous n’en trouvez pas les moyens, Allah est certes Pardonneur, Miséricordieux. » (12)
Ce verset comprend trois questions.
Premièrement
La parole d’Allah, Exalté soit-Il :
« Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous vous entretenez en secret avec le Messager… »
Le verbe « nājaytum » signifie : vous lui avez parlé à voix basse, à l’écart.
Ibn ʿAbbās a dit : Le verset fut révélé parce que les musulmans multipliaient les questions auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — au point de lui causer de la gêne. Allah — Puissant et Majestueux — voulut alors alléger la charge de Son Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue. Lorsqu’Il révéla cette injonction, beaucoup se turent ; puis Allah leur accorda une facilité par le verset qui la suit.
Al-Ḥasan a dit : Le verset fut révélé parce que des musulmans se retiraient avec le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — et l’entretenaient à l’écart. D’autres croyants s’imaginèrent qu’ils les dénigraient dans ces apartés, ce qui leur devint pénible. Allah, Exalté soit-Il, leur ordonna donc de donner une aumône avant l’entretien secret afin de les détourner de cet isolement.
Zayd b. Aslam a dit : Il fut révélé parce que les hypocrites et les juifs se retiraient auprès du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — et disaient : « C’est une oreille ; il écoute tout ce qu’on lui dit. » Il ne refusait à personne de s’entretenir en privé avec lui. Cela pesa sur les musulmans, car Satan leur soufflait qu’ils complotaient avec lui, rassemblant des troupes pour le combattre.
Il ajouta : Allah — Béni et Exalté — fit alors descendre : « Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous conversez en secret, ne conversez pas pour commettre le péché, l’injustice et la désobéissance au Messager » (le verset). Comme ils ne cessèrent pas, Allah fit descendre le présent verset ; les gens du faux renoncèrent aux apartés parce qu’ils ne voulaient pas avancer d’aumône avant leur entretien, tandis que cela devint lourd pour les croyants, lesquels s’abstinrent d’entretiens privés parce que nombre d’entre eux n’avaient pas les moyens de verser l’aumône. Allah leur allégea donc la charge par ce qui suit ce verset.
Deuxièmement
Ibn al-ʿArabī dit : Ce récit transmis de Zayd montre que les statuts juridiques ne s’établissent pas uniquement selon la considération des intérêts (maṣāliḥ), car Allah, Exalté soit-Il, a dit :
« Cela est meilleur pour vous et plus pur », puis Il a abrogé cette prescription, bien qu’elle fût « meilleure et plus pure ».