Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Prophète — qu’Allah répande sur lui la bénédiction et la paix — a dit :

« Qu’un homme ne fasse pas lever un autre homme de sa place pour s’y asseoir lui-même. »

Il est rapporté également qu’il — qu’Allah le bénisse et le salue — interdit que l’on déloge un homme de son siège pour qu’un autre s’y installe, et recommanda plutôt : « Élargissez-vous et faites de la place. » Ibn ʿUmar éprouvait de l’aversion à voir un homme se lever de son siège afin qu’un autre s’y asseye. Tel est le libellé rapporté par al-Bukhârî.

Troisièmement — lorsque quelqu’un s’assied en un lieu de la mosquée, il n’est pas permis à autrui de le faire se lever pour s’asseoir à sa place, conformément au hadith rapporté par Muslim, d’après Abû az-Zubayr, d’après Jâbir, selon lequel le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit :

« Que nul d’entre vous ne fasse lever son frère le jour du vendredi, puis ne se glisse à sa place pour s’y asseoir ; dites plutôt : “Faites de la place.” »

Branche : Si la personne assise se lève afin que quelqu’un d’autre prenne son siège, on examine le cas : si l’endroit qu’elle rejoint est équivalent au premier pour l’audition du discours de l’imâm, cela n’est pas blâmable ; mais s’il est plus éloigné de l’imâm, cela est déconseillé, car elle se prive ainsi d’une part de la récompense.

Quatrièmement — si une personne ordonne à quelqu’un d’arriver tôt à la grande mosquée pour lui réserver un siège, cela n’est pas répréhensible ; à l’arrivée de celui qui en a donné l’ordre, l’autre se lève de la place,

selon ce qui est rapporté d’Ibn Sîrîn : il envoyait son serviteur au cercle du vendredi pour s’y asseoir à sa place ; lorsque Ibn Sîrîn arrivait, le serviteur se levait et la lui cédait.

Branche : Il en est de même pour celui qui envoie un tapis ou un tapis de prière pour qu’on le déploie à une place précise de la mosquée[1].

Cinquièmement — Muslim rapporte d’après Abû Hurayrah — qu’Allah l’agrée — que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit :

« Lorsque l’un de vous — et, dans la version d’Abû ʿAwânah : “Celui qui se lève de son siège” — se lève puis revient à sa place, il en est le plus digne. »

Nos savants ont dit : ce hadith atteste de la validité de l’opinion rendant obligatoire le droit exclusif de la personne assise sur la place qu’elle occupe jusqu’à ce qu’elle s’en relève ; car, si elle en est plus digne après l’avoir quittée, à plus forte raison l’est-elle avant.

Il a toutefois été avancé que cela relèverait de la recommandation, le lieu n’appartenant à personne ni avant ni après qu’on s’y soit assis. Cette opinion appelle toutefois un examen,

car on peut dire : nous concédons que le lieu n’est pas propriété, mais la personne en jouit de manière exclusive tant qu’elle n’a pas terminé la raison pour laquelle elle s’y est assise ; il est donc comme s’il possédait l’usage de cet espace, puisque les autres sont empêchés de le lui disputer. Et Allah est plus Savant.

[1] C’est-à-dire à l’avance, pour réserver la place.

النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَا يُقِيمُ الرَّجُلُ الرَّجُلَ مِنْ مَجْلِسِهِ ثُمَّ يَجْلِسُ فِيهِ) . وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ نَهَى أَنْ يُقَامَ الرَّجُلُ مِنْ مَجْلِسِهِ وَيَجْلِسُ فِيهِ آخَرُ، وَلَكِنْ تَفَسَّحُوا وَتَوَسَّعُوا. وَكَانَ ابْنُ عُمَرَ يَكْرَهُ أَنْ يَقُومَ الرَّجُلُ مِنْ مَجْلِسِهِ ثُمَّ يُجْلَسُ مَكَانَهُ. لَفْظُ الْبُخَارِيِّ. الثَّالِثَةُ- إِذَا قَعَدَ وَاحِدٌ مِنَ النَّاسِ فِي مَوْضِعٍ مِنَ الْمَسْجِدِ لَا يَجُوزُ لِغَيْرِهِ أَنْ يُقِيمَهُ حَتَّى يَقْعُدَ مَكَانَهُ، لِمَا رَوَى مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي الزُّبَيْرِ عَنْ جَابِرٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَا يُقِيمَنَّ أَحَدُكُمْ أَخَاهُ يَوْمَ الْجُمُعَةِ ثُمَّ يُخَالِفُ إِلَى مَقْعَدِهِ فَيَقْعُدُ فِيهِ وَلَكِنْ يَقُولُ افْسَحُوا) . فَرْعٌ- الْقَاعِدُ فِي الْمَكَانِ إِذَا قَامَ حَتَّى يُقْعِدَ غَيْرَهُ مَوْضِعَهُ نُظِرَ، فَإِنْ كَانَ الْمَوْضِعُ الَّذِي قَامَ إِلَيْهِ مِثْلَ الْأَوَّلِ فِي سَمَاعِ كَلَامِ الْإِمَامِ لَمْ يُكْرَهْ لَهُ ذَلِكَ، وَإِنْ كَانَ أَبْعَدَ مِنَ الْإِمَامِ كُرِهَ لَهُ ذَلِكَ، لِأَنَّ فِيهِ تَفْوِيتُ حَظِّهِ. الرَّابِعَةُ- إِذَا أَمَرَ إِنْسَانٌ إِنْسَانًا أَنْ يُبَكِّرَ إِلَى الْجَامِعِ فَيَأْخُذُ لَهُ مَكَانًا يَقْعُدُ فِيهِ لَا يُكْرَهُ، فَإِذَا جَاءَ الْآمِرُ يَقُومُ مِنَ الْمَوْضِعِ، لِمَا رُوِيَ: أَنَّ ابْنَ سِيرِينَ كَانَ يُرْسِلُ غُلَامَهُ إِلَى مَجْلِسٍ لَهُ فِي يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَيَجْلِسُ لَهُ فِيهِ، فَإِذَا جَاءَ قَامَ لَهُ مِنْهُ. فَرْعٌ- وَعَلَى هَذَا مَنْ أَرْسَلَ بِسَاطًا أَوْ سَجَّادَةً فَتُبْسَطُ لَهُ فِي مَوْضِعٍ مِنَ الْمَسْجِدِ «١» . الْخَامِسَةُ- رَوَى مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (إِذَا قَامَ أَحَدُكُمْ- وَفِي حَدِيثِ أَبِي عَوَانَةَ مَنْ قَامَ مِنْ مَجْلِسِهِ- ثُمَّ رَجَعَ إِلَيْهِ فَهُوَ أَحَقُّ بِهِ) قَالَ عُلَمَاؤُنَا: هَذَا يَدُلُّ عَلَى صِحَّةِ الْقَوْلِ بِوُجُوبِ اخْتِصَاصِ الْجَالِسِ بِمَوْضِعِهِ إِلَى أَنْ يَقُومَ مِنْهُ، لِأَنَّهُ إِذَا كَانَ أَوْلَى بِهِ بَعْدَ قِيَامِهِ فَقَبْلَهُ أَوْلَى بِهِ وَأَحْرَى. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ ذَلِكَ عَلَى النَّدْبِ، لِأَنَّهُ مَوْضِعٌ غَيْرُ مُتَمَلَّكٍ لِأَحَدٍ لَا قَبْلَ الْجُلُوسِ وَلَا بَعْدَهُ. وَهَذَا فِيهِ نَظَرٌ، وَهُوَ أَنْ يُقَالَ: سَلَّمْنَا أَنَّهُ غَيْرُ مُتَمَلَّكٍ لَكِنَّهُ يَخْتَصُّ بِهِ إِلَى أَنْ يَفْرُغَ غَرَضُهُ مِنْهُ، فَصَارَ كَأَنَّهُ يَمْلِكُ مَنْفَعَتَهُ، إِذْ قَدْ مُنِعَ غيره من يزاحمه عليه. والله أعلم.
(١). في ز، س، هـ، ل بياض في هذه النسخ، بعد قوله: (من المسجد) نبه عليه الناسخ بالهامش بقوله: بياض بالأصل.

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