Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

la lassitude de notre religion, c’est-à-dire l’ennui.
On dit : saʾima – yasʾamu – sāʾamatan et sāʾman (se lasser).

Certains ont alors soutenu que la conjonction « wa » est surérogatoire, comme dans ce vers du poète :
« Lorsque nous eûmes quitté l’enclos du clan – et il se retourna… »
c’est-à-dire : « lorsque nous eûmes quitté, il se retourna » ; le poète n’a ajouté le « wa » que pour la métrique.

D’autres ont dit : elle sert à reprendre le discours, comme s’il avait dit : « Et que la mort soit sur vous. »

D’autres encore ont affirmé qu’elle conserve sa fonction première de coordination et que cela ne nous porte aucun préjudice ; en effet, notre invocation sera exaucée contre eux alors que la leur ne le sera pas contre nous, ainsi que l’a déclaré le Prophète – qu’Allāh prie sur lui et le salue.

Al-Zubayr rapporte avoir entendu Jābir b. ʿAbdillāh dire :
« Des gens parmi les Juifs saluèrent le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – en disant : “As-sām ʿalayka, ô Abū l-Qāsim.” Il répondit :
“Wa ʿalaykum.”
ʿĀʾishah, irritée, s’écria : “N’as-tu pas entendu ce qu’ils ont dit ?”
Il répondit :
“Bien sûr que je l’ai entendu ; je leur ai répliqué, et nous serons exaucés contre eux alors qu’ils ne seront pas exaucés contre nous.” »
Muslim a authentifié ce ḥadīth.

La version contenant la particule « wa » est plus riche de sens ; son maintien constitue la variante la plus sûre et la plus répandue.

Les savants ont divergé au sujet du devoir de répondre au salut des Ahl al-Dhimmat : est-il obligatoire, comme pour les musulmans ? Ibn ʿAbbās, al-Shaʿbī et Qatādah l’ont jugé obligatoire, invoquant l’ordre explicite à cet égard. Imām Mālik – selon les rapports de Ashhab et Ibn Wahb – a estimé que ce n’est pas une obligation ; si toutefois tu réponds, dis seulement : « ʿalayk ».

Ibn Ṭāwūs a préféré qu’on dise en réponse : « ʿalāka s-salām », c’est-à-dire : que la salutation s’élève loin de toi ; certains de nos compagnons ont choisi : « as-silām » – avec la kasrah sur le sīn –, c’est-à-dire : les pierres. L’avis de Mālik est cependant le plus conforme à la Sunna ; Allāh sait mieux.

Masrūq rapporte d’après ʿĀʾishah qu’elle a dit :
« Des Juifs vinrent auprès du Prophète – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et dirent : “As-sām ʿalayka, ô Abū l-Qāsim.” Il répondit :
“Wa ʿalaykum.”
Je dis alors : Au contraire, que la mort et l’opprobre soient sur vous !
Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – dit :
“O ʿĀʾishah, ne sois pas grossière.”
Je répliquai : “N’as-tu pas entendu ce qu’ils ont dit ?” Il dit :
“N’ai-je pas retourné contre eux ce qu’ils ont dit ? J’ai bien dit : ‘Wa ʿalaykum.’” »

Dans une autre version, il est rapporté :
ʿĀʾishah saisit leur intention et les injuria ; le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – dit :
« Doucement, ʿĀʾishah ; Allāh n’aime ni la grossièreté ni les propos obscènes. »
Puis il ajouta ; et Allāh, Béni et Exalté, révéla :
« Et lorsqu’ils viennent à toi, ils te saluent d’un salut qu’Allāh ne t’a jamais adressé… » jusqu’à la fin du verset.

Adh-dham, avec un mīm non géminé, signifie le blâme ; on dit dans le proverbe : « La belle ne manque jamais de défaut (dhāman) », c’est-à-dire de tare ; le mot s’emploie avec ou sans hamza.

سَآمَةِ دِينِنَا وَهُوَ الْمَلَالُ. يُقَالُ: سَئِمَ يَسْأَمُ سَآمَةً وَسَآمًا. فَقَالَ بَعْضُهُمْ: الْوَاوُ زَائِدَةٌ كَمَا زِيدَتْ فِي قَوْلِ الشَّاعِرِ: فَلَمَّا أَجَزْنَا سَاحَةَ الْحَيِّ وَانْتَحَى أَيْ لَمَّا أَجَزْنَا انْتَحَى فَزَادَ الْوَاوَ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: هِيَ لِلِاسْتِئْنَافِ، كَأَنَّهُ قَالَ: وَالسَّامُّ عَلَيْكُمْ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: هِيَ عَلَى بَابِهَا مِنَ الْعَطْفِ وَلَا يَضُرُّنَا ذَلِكَ، لِأَنَّا نُجَابُ عَلَيْهِمْ وَلَا يُجَابُونَ عَلَيْنَا، كَمَا قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. رَوَى الزُّبَيْرِ أَنَّهُ سَمِعَ جَابِرَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ يَقُولُ: سَلَّمَ نَاسٌ مِنْ يَهُودٍ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالُوا: السَّامُّ عَلَيْكَ يَا أَبَا الْقَاسِمِ، فَقَالَ: (وَعَلَيْكُمْ) فَقَالَتْ عَائِشَةُ وَغَضِبَتْ: أَلَمْ تَسْمَعْ مَا قَالُوا؟ قَالَ: (بَلَى قَدْ سَمِعْتُ فَرَدَدْتُ عَلَيْهِمْ وَإِنَّا نُجَابُ عَلَيْهِمْ وَلَا يُجَابُونَ عَلَيْنَا) خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَرِوَايَةُ الْوَاوِ أَحْسَنُ مَعْنًى، وَإِثْبَاتُهَا أَصَحُّ رِوَايَةً وَأَشْهَرُ. وَقَدِ اخْتُلِفَ فِي رَدِّ السَّلَامِ عَلَى أَهْلِ الذِّمَّةِ هَلْ هُوَ وَاجِبٌ كَالرَّدِّ عَلَى الْمُسْلِمِينَ، وَإِلَيْهِ ذَهَبَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَالشَّعْبِيُّ وَقَتَادَةُ، لِلْأَمْرِ بِذَلِكَ. وَذَهَبَ مَالِكٌ فِيمَا رَوَى عَنْهُ أَشْهَبُ وَابْنُ وَهْبٍ إِلَى أَنَّ ذَلِكَ لَيْسَ بِوَاجِبٍ فَإِنْ رَدَدْتَ فَقُلْ عَلَيْكَ. وَقَدِ اخْتَارَ ابْنُ طَاوُسٍ أَنْ يَقُولَ فِي الرَّدِّ عَلَيْهِمْ: عَلَاكَ السَّلَامُ أَيِ ارْتَفَعَ عَنْكَ. وَاخْتَارَ بَعْضُ أَصْحَابِنَا: السِّلَامُ بِكَسْرِ السِّينِ يَعْنِي الْحِجَارَةُ. وَمَا قَالَهُ مَالِكٌ أَوْلَى اتِّبَاعًا لِلسُّنَّةِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَرَوَى مَسْرُوقٌ عَنْ عَائِشَةَ قَالَتْ: أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَاسٌ مِنَ الْيَهُودِ، فَقَالُوا: السَّامُّ عَلَيْكَ يَا أَبَا الْقَاسِمِ، قَالَ: (وَعَلَيْكُمْ) قَالَتْ عَائِشَةُ: قُلْتُ بَلْ عَلَيْكُمُ السَّامُّ وَالذَّامُ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (يَا عَائِشَةُ لَا تَكُونِي فَاحِشَةً) فَقَالَتْ: مَا سَمِعْتَ مَا قالوا! فقال: (أو ليس قَدْ رَدَدْتُ عَلَيْهِمُ الَّذِي قَالُوا قُلْتُ وَعَلَيْكُمْ) . وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ: فَفَطِنَتْ بِهِمْ عَائِشَةُ فَسَبَّتْهُمْ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (مَهْ يَا عَائِشَةُ فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْفُحْشَ وَالتَّفَحُّشَ) وَزَادَ فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى: (وَإِذا جاؤُكَ حَيَّوْكَ بِما لَمْ يُحَيِّكَ بِهِ اللَّهُ) إِلَى آخِرِ الْآيَةِ. الذَّامُ بِتَخْفِيفِ الْمِيمِ هُوَ الْعَيْبُ، وَفِي الْمَثَلِ (لَا تَعْدَمُ الْحَسْنَاءُ ذَامًا) أَيْ عَيْبًا، وَيُهْمَزُ وَلَا يُهْمَزُ ،

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