Troisièmement – Parole du Très-Haut :
« Et lorsqu’ils viennent à toi, ils te saluent d’un salut qu’Allah ne t’a jamais adressé. »
Il n’existe aucune divergence parmi les rapporteurs : ceux visés sont les Juifs. Ils se rendaient auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – et disaient : « As-Sâm ‘alayka ». Par cette expression, ils feignaient extérieurement de souhaiter la paix, alors qu’intérieurement ils invoquaient la mort. Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – répondait :
« ‘Alaykum » – selon une version –, et dans une autre : « Wa ‘alaykum ».
Ibn al-‘Arabî dit : « La question est problématique. »
Ils disaient encore : « Si Muḥammad était vraiment un Prophète, Allah ne nous laisserait pas le temps alors que nous l’insultons et le tournons en dérision. » Ils ignoraient que le Créateur, exalté soit-Il, est Longanime ; Il ne châtie pas immédiatement celui qui L’insulte – que dire alors de celui qui insulte Son Prophète !
Il est en effet authentiquement rapporté que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Nul n’est plus patient face au tort qu’Allah : on Lui attribue une compagne et un enfant, et pourtant Il les préserve et leur accorde subsistance. »
Ainsi Allah, exalté soit-Il, fit descendre ce verset pour dévoiler leurs secrets, mettre au grand jour leurs arrière-pensées et constituer un signe miraculeux en faveur de Son Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue.
Il est également authentiquement rapporté, par la chaîne Qatâdah – Anas, qu’un Juif passa près du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et de ses Compagnons et dit : « As-Sâm ‘alaykum. » Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui répondit puis dit :
« Savez-vous ce qu’il a dit ? »
Ils dirent : « Allah et Son Messager savent mieux. »
Il dit : « Il a prononcé telle parole ; ramenez-le-moi ! » On le ramena, et il dit :
« As-Sâm ‘alaykum : l’as-tu bien dit ? » Il répondit : « Oui. »
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – déclara alors :
« Lorsque les Gens du Livre vous saluent, répondez-leur : “Sur toi soit ce que tu as dit.” »
Allah, exalté soit-Il, révéla alors : « Et lorsqu’ils viennent à toi, ils te saluent d’un salut qu’Allah ne t’a jamais adressé. »
Je (l’auteur) dis : At-Tirmidhî l’a rapporté et a jugé ce ḥadith « bon et authentique ».
Il est encore établi, d’après ‘Â’ishah – qu’Allah l’agrée – qu’elle a dit : « Des Juifs vinrent auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – et dirent : “As-Sâm ‘alayka, ô Abâ l-Qâsim.” Je répliquai : “As-Sâm ‘alaykum, qu’Allah vous inflige ceci et cela !” » Il – paix et salut sur lui – dit :
« Doucement, ‘Â’ishah ! Allah n’aime ni la grossièreté ni la vulgarité. »
Je dis : « Ô Messager d’Allah, n’entends-tu pas ce qu’ils disent ? » Il répondit :
« Ne vois-tu pas que je leur renvoie simplement leurs propres paroles ? Je dis : “Wa ‘alaykum.” »
C’est alors que fut révélé le verset : « … d’un salut qu’Allah ne t’a jamais adressé », c’est-à-dire : Allah te salue par « As-Salâm », tandis qu’eux disent « As-Sâm ‘alayka » – et « as-Sâm » signifie la mort. Al-Bukhârî et Muslim l’ont rapporté dans ce sens.
Dans les deux Ṣaḥîḥ, il est également rapporté d’après Anas ibn Mâlik – qu’Allah l’agrée – que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Lorsque les Gens du Livre vous saluent, dites : “Wa ‘alaykum.” »
Ainsi se présente la version avec la conjonction « wa » dans « Wa ‘alaykum ». Les savants se sont interrogés à son sujet, car la particule de coordination implique une association, ce qui impliquerait que nous partagions avec eux l’invocation de mort qu’ils ont formulée contre nous, ou que