Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est-à-dire qu’ils seront refoulés ; cette parole constitue, de la part d’Allah – Très-Haut –, une bonne nouvelle pour les croyants quant à la victoire, et l’emploi du passé vise à rendre l’événement annoncé comme imminent.
On a également dit que le terme relève du dialecte de Madhḥij¹.

« Et Nous avons certes fait descendre des versets explicites » : ces versets concernent ceux qui ont pris Allah et Son Messager pour adversaires parmi les générations antérieures, rappelant ce que Nous leur avons infligé. « Et, pour les mécréants, il y aura un châtiment avilissant. »

Parole du Très-Haut :
« le Jour… » – le mot « Jour » est à l’accusatif, régi soit par l’expression « un châtiment avilissant », soit par un verbe implicite au sens de « et rappelle [ce Jour] », afin d’en magnifier la gravité.

« Allah les ressuscitera tous ensemble » : hommes et femmes, Il les fera sortir de leurs tombes dans une même condition ; « puis Il les informera » – c’est-à-dire : Il leur fera connaître – « ce qu’ils auront accompli » dans ce bas-monde. « Allah en a effectué le décompte » et l’a consigné dans leurs registres d’œuvres, tandis qu’eux l’avaient oublié, jusqu’à ce qu’Il le leur rappelle par ces mêmes registres, afin que la preuve soit plus péremptoire encore contre eux. « Et Allah est Témoin de toute chose » : Il embrasse toute chose de Son savoir et de Son regard ; rien ne Lui demeure caché.

[Sourate al-Mujādilah (58), verset 7] :
« Ne considères-tu pas qu’Allah sait ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Il n’est pas de conversation secrète entre trois sans qu’Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq sans qu’Il ne soit leur sixième – pas moins que cela et pas davantage – sans qu’Il ne soit avec eux, où qu’ils se trouvent. Puis, au Jour de la Résurrection, Il les informera de ce qu’ils auront fait. Allah, certes, est Omniscient. »

Parole du Très-Haut : « Ne vois-tu pas qu’Allah sait ce qui est dans les cieux et sur la terre ? » – nul secret ni aucune déclaration publique ne Lui échappent.

« mā yakûnu min najwā… » : la récitation de la majorité emploie le yā’ (« yakûnu ») en raison de l’élément intercalé entre le verbe et son sujet ; Abū Ja‘far Ibn al-Qa‘qā‘, al-A‘raj, Abū Ḥaywah et ‘Īsā ont récité « mā takûnu » avec le tā’, considérant le verbe au féminin.

Le terme « najwā » désigne la conversation secrète ; c’est un nom verbal qui peut servir d’adjectif : on dit « qawmun najwā », c’est-à-dire un groupe qui se livre à la confidence, comme dans Sa parole : « … alors qu’ils étaient en aparté ».

Dans l’expression divine « trois », le mot est au génitif parce que « najwā » lui est annexé. Al-Farrā’ explique que « thalāthatin » qualifie « najwā » et se décline donc au génitif ; si l’on veut, on peut également annexer « najwā » à ce mot. Il serait en outre permis de le mettre à l’accusatif par le biais d’un verbe sous-entendu, lecture attestée chez Ibn Abī ‘Ablah : « thalāthatan » et « khamsatan », à l’accusatif, exprimant la circonstance (ḥāl) sous-entendue dans le verbe « yatnajawn » (« ils se consultent en secret »), comme l’a signalé az-Zamakhsharī. Il est encore loisible de relever « thalāthatin » au nominatif, en apposition à la place syntaxique de « najwā ».

On a ensuite dit : tout propos confidentiel est une najwā. D’autres ont soutenu que la najwā est ce qui émane de…

¹ Madhḥij : tribu arabe du Yémen, dont le dialecte présente certaines particularités lexicales.

أَيْ سَيُكْبَتُونَ، وَهُوَ بِشَارَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى لِلْمُؤْمِنِينَ بِالنَّصْرِ، وَأُخْرِجَ الْكَلَامُ بِلَفْظِ الْمَاضِي تَقْرِيبًا لِلْمُخْبَرِ عَنْهُ. وَقِيلَ: هِيَ بِلُغَةِ مَذْحِجٍ «١» . (وَقَدْ أَنْزَلْنا آياتٍ بَيِّناتٍ) فِيمَنْ حَادَّ اللَّهَ وَرَسُولَهُ مِنَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ فِيمَا فَعَلْنَا بِهِمْ. (وَلِلْكافِرِينَ عَذابٌ مُهِينٌ) . قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَوْمَ) نُصِبَ بِ (عَذابٌ مُهِينٌ) أَوْ بِفِعْلٍ مُضْمَرٍ تَقْدِيرُهُ وَاذْكُرْ تَعْظِيمًا لِلْيَوْمِ. (يَبْعَثُهُمُ اللَّهُ جَمِيعاً) أَيِ الرِّجَالَ وَالنِّسَاءَ يَبْعَثُهُمْ مِنْ قُبُورِهِمْ فِي حَالَةٍ وَاحِدَةٍ (فَيُنَبِّئُهُمْ) أَيْ يُخْبِرُهُمْ (بِما عَمِلُوا) فِي الدُّنْيَا (أَحْصاهُ اللَّهُ) عَلَيْهِمْ فِي صَحَائِفِ أَعْمَالِهِمْ (وَنَسُوهُ) هُمْ حَتَّى ذَكَّرَهُمْ بِهِ فِي صَحَائِفِهِمْ لِيَكُونَ أَبْلَغَ فِي الْحُجَّةِ عَلَيْهِمْ. (وَاللَّهُ عَلى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدٌ) مُطَّلِعٌ وَنَاظِرٌ لَا يَخْفَى عليه شي. [[سورة المجادلة (٥٨) : آية ٧]] أَلَمْ تَرَ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ مَا فِي السَّماواتِ وَما فِي الْأَرْضِ مَا يَكُونُ مِنْ نَجْوى ثَلاثَةٍ إِلاَّ هُوَ رابِعُهُمْ وَلا خَمْسَةٍ إِلاَّ هُوَ سادِسُهُمْ وَلا أَدْنى مِنْ ذلِكَ وَلا أَكْثَرَ إِلاَّ هُوَ مَعَهُمْ أَيْنَ مَا كانُوا ثُمَّ يُنَبِّئُهُمْ بِما عَمِلُوا يَوْمَ الْقِيامَةِ إِنَّ اللَّهَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ (٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَلَمْ تَرَ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ مَا فِي السَّماواتِ وَما فِي الْأَرْضِ) فَلَا يَخْفَى عَلَيْهِ سِرٌّ وَلَا عَلَانِيَةٌ. (مَا يَكُونُ مِنْ نَجْوى) قَرَاءَهُ الْعَامَّةِ بِالْيَاءِ، لِأَجْلِ الْحَائِلِ بَيْنَهُمَا. وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرِ بْنُ الْقَعْقَاعِ وَالْأَعْرَجُ وَأَبُو حَيْوَةَ وَعِيسَى (مَا تَكُونُ) بِالتَّاءِ لِتَأْنِيثِ الْفِعْلِ. وَالنَّجْوَى: السِّرَارُ، وَهُوَ مَصْدَرٌ وَالْمَصْدَرُ قَدْ يُوصَفُ بِهِ، يُقَالُ: قَوْمٌ نَجْوَى أَيْ ذَوُو نَجْوَى، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذْ هُمْ نَجْوى) «٢» . وَقَوْلُهُ تَعَالَى: (ثَلاثَةٍ) خُفِضَ بِإِضَافَةِ (نَجْوى) إِلَيْهَا. قَالَ الْفَرَّاءُ: (ثَلاثَةٍ) نَعْتٌ لِلنَّجْوَى فَانْخَفَضَتْ وَإِنْ شِئْتَ أَضَفْتَ (نَجْوى) إِلَيْهَا. وَلَوْ نُصِبَ عَلَى إِضْمَارِ فِعْلٍ جَازَ، وَهِيَ قِرَاءَةُ ابْنِ أَبِي عَبْلَةَ (ثَلَاثَةً) وَ (خَمْسَةً) بِالنَّصْبِ عَلَى الْحَالِ بِإِضْمَارِ يَتَنَاجَوْنَ، لِأَنَّ نَجْوَى يَدُلُّ عَلَيْهِ، قَالَهُ الزَّمَخْشَرِيُّ. وَيَجُوزُ رَفْعُ (ثَلَاثَةٍ) عَلَى الْبَدَلِ مِنْ مَوْضِعِ (نَجْوى) . ثُمَّ قِيلَ: كُلُّ سِرَارٍ نَجْوَى. وَقِيلَ: النَّجْوَى ما يكون من
(١). مذحج- كمسجد-: أبو قبيلة باليمن. (٢). راجع ج ١٠ ص ٢٧٢

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