Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

que la version qui fixe la mesure selon le mudd de Hichâm.

Ne vois-tu pas comment Mâlik a attiré l’attention sur cette question lorsqu’il dit à Ashhab : « La satiété, chez nous, est atteinte avec le mudd du Prophète — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui —, alors que votre satiété à vous est plus grande, parce que le Prophète — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — a invoqué la bénédiction pour nous. » Tel est aussi mon avis. En effet, lorsqu’un acte cultuel est accompli conformément à la Sunna, s’il relève du corps il est plus promptement agréé, et s’il porte sur les biens même sa plus petite part pèse davantage dans la Balance, est plus bénie dans la main de celui qui la reçoit, plus douce dans sa bouche, moins nuisible dans son ventre et plus apte à fortifier son dos[1]. Et Allah sait mieux[2].

Deuxièmement : selon Mâlik et ash-Shâfiʿî, il n’est pas valable de nourrir moins de soixante indigents. Abû Ḥanîfa et ses condisciples ont, pour leur part, déclaré : « S’il nourrit un seul pauvre chaque jour d’un demi-ṣâʿ jusqu’à compléter le nombre requis, cela lui suffit. »

Troisièmement : le Qâḍî Abû Bakr Ibn al-ʿArabî a dit : « Il est étonnant qu’Abû Ḥanîfa ait soutenu que le placement sous tutelle (ḥajr) d’un homme libre est nul, s’appuyant sur la parole du Très-Haut : ﴾… l’affranchissement d’un esclave﴿, sans distinguer l’homme sensé du prodigue. C’est là un raisonnement juridique faible, indigne de sa stature, car ce verset est général, tandis que le jugement portant interdiction (ḥajr) était largement appliqué parmi les Compagnons du Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — et la raison l’exige. Celui qui, mineur ou placé sous tutelle, atteint l’âge légal tout en demeurant prodigue, on a interdit de lui remettre les biens ; comment dès lors l’acte qu’il accomplit pourrait-il être valable alors que la règle particulière prime sur la générale ? »

Quatrièmement : pour certains savants, la législation relative au ẓihâr abroge l’état antérieur où le ẓihâr était tenu pour une répudiation. Ce sens a été rapporté d’Ibn ʿAbbâs, d’Abû Qilâba et d’autres.

Cinquièmement : la parole du Très-Haut : ﴾Cela afin que vous croyiez en Allah et en Son Messager﴿ signifie : ce que Nous avons décrit comme sévérité dans l’expiation vise à ce que vous croyiez, autrement dit à ce que vous teniez pour véridique qu’Allah l’a prescrit. Certains savants en ont déduit que cette expiation constitue un acte de foi en Allah — glorifié soit-Il —, puisqu’Il l’a mentionnée et rendue obligatoire. Il — exalté soit-Il — dit : ﴾Cela afin que vous croyiez en Allah et en Son Messager﴿, c’est-à-dire : afin que vous obéissiez à Allah Très-Haut, demeuriez dans les limites qu’Il a fixées sans les franchir. Il a donc qualifié l’expiation de « foi », parce qu’elle est obéissance et respect de la limite. Il en résulte que tout acte semblable est, lui aussi, une foi.

Et si l’on objecte : le sens de Sa parole ﴾Cela afin que vous croyiez en Allah et en Son Messager﴿ serait « afin que vous ne reveniez pas au ẓihâr, qui est une parole blâmable et mensongère »

الرِّوَايَةِ بِأَنَّهَا بِمُدِّ هِشَامٍ. أَلَا تَرَى كَيْفَ نَبَّهَ مَالِكٌ عَلَى هَذَا الْعِلْمِ بِقَوْلِهِ لِأَشْهَبَ: الشِّبَعُ عِنْدَنَا بِمُدِّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَالشِّبَعُ عِنْدَكُمْ أَكْثَرُ لِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَعَا لَنَا بِالْبَرَكَةِ. وَبِهَذَا أَقُولُ، فَإِنَّ الْعِبَادَةَ إِذَا أُدِّيَتْ بِالسُّنَّةِ، فَإِنْ كَانَتْ بِالْبَدَنِ كَانَتْ أَسْرَعَ إِلَى الْقَبُولِ، وَإِنْ كَانَتْ بِالْمَالِ كَانَ قَلِيلُهَا أَثْقَلَ فِي الْمِيزَانِ، وَأَبْرَكَ فِي يَدِ الْآخِذِ، وَأَطْيَبَ فِي شِدْقِهِ، وَأَقَلَّ آفَةً فِي بَطْنِهِ، وَأَكْثَرَ إِقَامَةً لِصُلْبِهِ «١» . وَاللَّهُ أَعْلَمُ «٢» . الثَّانِيَةُ- وَلَا يُجْزِئُ عِنْدَ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ أَنْ يُطْعِمَ أَقَلَّ مِنْ سِتِّينَ مِسْكِينًا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: إِنْ أَطْعَمَ مِسْكِينًا وَاحِدًا كُلَّ يَوْمٍ نِصْفَ صَاعٍ حَتَّى يُكْمِلَ الْعَدَدَ أَجْزَأَهُ. الثَّالِثَةُ- قَالَ الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ: مِنْ غَرِيبِ الْأَمْرِ أَنَّ أَبَا حَنِيفَةَ قَالَ إِنَّ الْحَجْرَ عَلَى الْحُرِّ بَاطِلٌ. وَاحْتَجَّ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: (فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ) وَلَمْ يُفَرِّقْ بَيْنَ الرَّشِيدِ وَالسَّفِيهِ، وَهَذَا فِقْهٌ ضَعِيفٌ لَا يُنَاسِبُ قَدْرَهُ، فَإِنَّ هَذِهِ الْآيَةَ عَامَّةٌ، وَقَدْ كَانَ الْقَضَاءُ بِالْحَجْرِ فِي أَصْحَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاشِيًا وَالنَّظَرُ يَقْتَضِيهِ، وَمَنْ كَانَ عَلَيْهِ حَجْرٌ لِصِغَرٍ أَوْ لِوِلَايَةٍ وَبَلَغَ سَفِيهًا قَدْ نُهِيَ عَنْ دَفْعِ الْمَالِ إِلَيْهِ، فَكَيْفَ يَنْفُذُ فِعْلُهُ فِيهِ وَالْخَاصُّ يَقْضِي عَلَى الْعَامِّ. الرَّابِعَةُ- وَحُكْمُ الظِّهَارِ عِنْدَ بَعْضِ الْعُلَمَاءِ نَاسِخٌ لِمَا كَانُوا عَلَيْهِ مِنْ كَوْنِ الظِّهَارِ طَلَاقًا، وَقَدْ رُوِيَ مَعْنَى ذَلِكَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَأَبِي قِلَابَةَ وَغَيْرِهِمَا. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (ذلِكَ لِتُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ) أَيْ ذَلِكَ الَّذِي وَصَفْنَا مِنَ التَّغْلِيظِ فِي الْكَفَّارَةِ (لِتُؤْمِنُوا) أَيْ لِتُصَدِّقُوا أَنَّ اللَّهَ أَمَرَ بِهِ. وَقَدِ اسْتَدَلَّ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّ هَذِهِ الْكَفَّارَةَ إِيمَانٌ بِاللَّهِ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى، لِمَا ذَكَرَهَا وَأَوْجَبَهَا قَالَ: (ذلِكَ لِتُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ) أَيْ ذَلِكَ لِتَكُونُوا مُطِيعِينَ لِلَّهِ تَعَالَى وَاقِفِينَ عِنْدَ حُدُودِهِ لَا تَتَعَدُّوهَا، فَسَمَّى التَّكْفِيرَ لِأَنَّهُ طَاعَةٌ وَمُرَاعَاةٌ لِلْحَدِّ إِيمَانًا، فَثَبَتَ أَنَّ كُلَّ مَا أَشْبَهَهُ فَهُوَ إِيمَانٌ. فَإِنْ قِيلَ: مَعْنَى قَوْلِهِ: (ذلِكَ لِتُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ) أَيْ لِئَلَّا تَعُودُوا لِلظِّهَارِ الذي هو منكر من القول وزور.
(١). في ح، ز، س، هـ: (لقلبه). [ ..... ] (٢). في ح، ز، س، ل، هـ: (والله الموفق لا رب غيره).

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