Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Cinquième point —
La parole du Très-Haut : « avant qu’ils n’aient de rapports charnels ». Autrement dit : avant qu’il ne s’unisse à elle. Il n’est donc pas permis à l’auteur du ẓihâr d’avoir commerce charnel avant de s’être acquitté de l’expiation ; s’il a un rapport avec elle avant l’expiation, il commet un péché, désobéit et l’expiation ne lui est pas remise.

Il est rapporté de Mujâhid que, s’il cohabite avant de commencer l’expiation, une seconde expiation lui devient obligatoire.

D’autres ont soutenu que l’expiation imposée pour le ẓihâr s’annule entièrement et qu’aucune charge ne subsiste, car Allah – Exalté soit-Il – n’a rendu l’expiation obligatoire qu’avant le rapport ; s’il la remet à plus tard jusqu’à la cohabitation, son délai est dépassé.

L’avis correct est que l’expiation demeure exigible : par l’acte charnel, il a commis un péché qui n’annule pas l’expiation ; il devra donc l’accomplir a posteriori, comme celui qui retarde la prière au-delà de son heure. Dans le ḥadith d’Aws ibn al-Sâmit, lorsque celui-ci informa le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’il avait eu un rapport avec son épouse, le Prophète lui ordonna d’accomplir l’expiation ; c’est là un texte explicite, que l’expiation consiste en l’affranchissement, le jeûne ou la nourriture des pauvres.

Abû Ḥanîfa a dit : si l’expiation consiste à nourrir, il lui est permis d’avoir le rapport puis de nourrir.

Quant aux actes autres que le coït – tels que le baiser, les attouchements ou toute forme de plaisir charnel – ils ne sont pas interdits selon la majorité des savants ; c’est aussi l’avis d’al-Ḥasan et de Sufyân, et c’est l’opinion retenue dans l’école d’al-Shâfiʿî.

Il a toutefois été avancé que tout cela est prohibé, de même que toute forme de contact charnel ; tel est l’avis de Mâlik et l’une des deux opinions rapportées de al-Shâfiʿî, ainsi qu’il a été mentionné plus haut.

Sixième point —
La parole du Très-Haut : « Voilà ce dont on vous exhorte », c’est-à-dire : on vous l’ordonne, « et Allah est Parfaitement Informé de ce que vous faites », qu’il s’agisse de l’expiation ou d’autre chose.

Septième point —
Celui qui ne trouve ni esclave à affranchir ni de quoi en acquérir un, ou qui en possède un mais en a un besoin pressant pour son service, ou qui détient le prix d’un esclave mais en a besoin pour sa subsistance, ou encore qui ne possède qu’une seule habitation et rien d’autre, peut, selon al-Shâfiʿî, passer au jeûne.

Abû Ḥanîfa rétorque : il ne jeûne pas ; l’affranchissement demeure à sa charge, fût-il dans le besoin.

Mâlik dit : s’il possède une maison et un domestique, l’affranchissement lui incombe ; s’il se trouve incapable de libérer un esclave – et c’est le huitième point – il doit alors jeûner deux mois consécutifs. S’il rompt son jeûne durant cette période sans excuse valable, il doit tout recommencer ; mais s’il l’interrompt pour un motif tel que voyage ou maladie, certains disent qu’il reprend (le compte) – tel est l’avis d’Ibn al-Musayyab, al-Ḥasan, ʿAṭâʾ ibn Abî Rabâḥ, ʿUmar, Ibn Dînâr et al-Shaʿbî. C’est l’une des deux opinions d’al-Shâfiʿî et l’avis correct dans son école.

Mâlik a dit :

الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (مِنْ قَبْلِ أَنْ يَتَمَاسَّا) أي يجامعها فلا يجوز للمظاهر الوطي قَبْلَ التَّكْفِيرِ، فَإِنْ جَامَعَهَا قَبْلَ التَّكْفِيرِ أَثِمَ وَعَصَى وَلَا يَسْقُطُ عَنْهُ التَّكْفِيرُ. وَحُكِيَ عَنْ مُجَاهِدٍ: أَنَّهُ إِذَا وَطِئَ قَبْلَ أَنْ يَشْرَعَ فِي التَّكْفِيرِ لَزِمَتْهُ كَفَّارَةٌ أُخْرَى. وَعَنْ غَيْرِهِ: أَنَّ الْكَفَّارَةَ الْوَاجِبَةَ بِالظِّهَارِ تَسْقُطُ عَنْهُ وَلَا يلزمه شي أَصْلًا، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَوْجَبَ الْكَفَّارَةَ وَأَمَرَ بِهَا قَبْلَ الْمَسِيسِ، فَإِذَا أَخَّرَهَا حَتَّى مَسَّ فَقَدْ فَاتَ وَقْتُهَا. وَالصَّحِيحُ ثُبُوتُ الْكَفَّارَةِ، لِأَنَّهُ بِوَطْئِهِ ارْتَكَبَ إِثْمًا فَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ مُسْقِطًا لِلْكَفَّارَةِ، وَيَأْتِي بِهَا قَضَاءً كَمَا لَوْ أَخَّرَ الصَّلَاةَ عَنْ وَقْتِهَا. وَفِي حَدِيثِ أَوْسِ بْنِ الصَّامِتِ لَمَّا أَخْبَرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِأَنَّهُ وَطِئَ امْرَأَتَهُ أَمَرَهُ بِالْكَفَّارَةِ «١» . وَهَذَا نَصٌّ وَسَوَاءٌ كَانَتْ كَفَّارَةً بِالْعِتْقِ أَوِ الصَّوْمِ أَوِ الْإِطْعَامِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ كَانَتْ كَفَّارَتُهُ بِالْإِطْعَامِ جَازَ أَنْ يَطَأَ ثُمَّ يُطْعِمَ، فأما غير الوطي مِنَ الْقُبْلَةِ وَالْمُبَاشَرَةِ وَالتَّلَذُّذِ فَلَا يَحْرُمُ فِي قَوْلِ أَكْثَرِ الْعُلَمَاءِ. وَقَالَهُ الْحَسَنُ وَسُفْيَانُ، وَهُوَ الصَّحِيحُ مِنْ مَذْهَبِ الشَّافِعِيِّ. وَقِيلَ: وَكُلُّ ذَلِكَ مُحَرَّمٌ وَكُلُّ مَعَانِي الْمَسِيسِ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَأَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ. وَقَدْ تَقَدَّمَ. السَّادِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (ذلِكُمْ تُوعَظُونَ بِهِ) أَيْ تُؤْمَرُونَ بِهِ (وَاللَّهُ بِما تَعْمَلُونَ خَبِيرٌ) مِنَ التَّكْفِيرِ وَغَيْرِهِ. السَّابِعَةُ- مَنْ لَمْ يَجِدِ الرَّقَبَةَ وَلَا ثَمَنَهَا، أَوْ كَانَ مَالِكًا لَهَا إِلَّا أَنَّهُ شَدِيدُ الْحَاجَةِ إِلَيْهَا لِخِدْمَتِهِ، أَوْ كَانَ مَالِكًا لِثَمَنِهَا إِلَّا أَنَّهُ يَحْتَاجُ إِلَيْهِ لِنَفَقَتِهِ، أَوْ كَانَ لَهُ مَسْكَنٌ لَيْسَ لَهُ غَيْرُهُ وَلَا يَجِدُ شَيْئًا سِوَاهُ، فَلَهُ أَنْ يَصُومَ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَصُومُ وَعَلَيْهِ عِتْقٌ وَلَوْ كَانَ مُحْتَاجًا إِلَى ذَلِكَ. وَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا كَانَ لَهُ دَارٌ وَخَادِمٌ لَزِمَهُ الْعِتْقُ فَإِنْ عَجَزَ عَنِ الرَّقَبَةِ، وَهِيَ: الثَّامِنَةُ- فَعَلَيْهِ صَوْمُ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ. فَإِنْ أَفْطَرَ فِي أَثْنَائِهِمَا بِغَيْرِ عُذْرٍ اسْتَأْنَفَهُمَا، وَإِنْ أَفْطَرَ لِعُذْرٍ مِنْ سَفَرٍ أَوْ مَرَضٍ، فَقِيلَ: يَبْنِي، قَالَهُ ابْنُ المسيب والحسن وعطاء بن أبي رباح وعمر وابن دِينَارٍ وَالشَّعْبِيُّ. وَهُوَ أَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ وَهُوَ الصحيح من مذهبه. وقال مالك:
(١). لم يتقدم العود في حديث أوس، وانما هو في مظاهر آخر وهو القائل: رأيت خلخالها في ضوء القمر.

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