Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’y trouve douze questions :

Première question –
La parole du Très-Haut : « وَالَّذِينَ يُظَاهِرُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ » constitue le sujet de la phrase, et son prédicat est : « فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ » – « …alors qu’ils affranchissent un esclave ». Le terme implicite « il leur incombe » a été supprimé, car le contexte l’indique clairement ; autrement dit : « il leur incombe d’affranchir un esclave ». On a également dit : c’est-à-dire que leur expiation consiste en l’affranchissement d’un esclave.

Il y a consensus chez les savants pour considérer que la formule du ẓihâr est que l’homme dise à son épouse : « Tu es pour moi comme le dos de ma mère. » C’est la parole blâmable et mensongère visée par le Très-Haut :

« وَإِنَّهُمْ لَيَقُولُونَ مُنْكَرًا مِنَ الْقَوْلِ وَزُورًا »

Celui qui prononce cette parole se voit interdire tout rapport avec son épouse ; et s’il revient à ce qu’il a dit, l’expiation du ẓihâr lui devient obligatoire, conformément à la parole d’Allah :

« وَالَّذِينَ يُظَاهِرُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا قَالُوا فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ »

Cela prouve que l’expiation du ẓihâr n’est pas due du seul fait de la parole ; il faut qu’elle soit suivie d’un « retour ». Ce terme est problématique ; les savants ont divergé à son sujet en sept opinions :

  1. Le « retour » est l’intention d’avoir un rapport charnel. C’est l’avis le plus connu des juristes d’Irak – Abū Ḥanīfa et ses disciples. Il est rapporté de Mālik que, si l’époux résout de la pénétrer, cela constitue un retour ; sinon, non.

  2. C’est l’intention de la garder après l’avoir déclarée interdite ; opinion également attribuée à Mālik.

  3. C’est l’intention à la fois de la garder et de la toucher. Mālik rapporte dans son Muwaṭṭaʾ :
    « J’ai entendu que le sens de la parole d’Allah : « …puis reviennent sur ce qu’ils ont dit » est qu’un homme prononce le ẓihâr vis-à-vis de son épouse, puis se décide fermement à la toucher et à la maintenir dans son mariage ; dès qu’il s’y décide, l’expiation lui incombe. Mais s’il la répudie sans avoir résolu, après son ẓihâr, de la garder et de la toucher, aucune expiation ne lui incombe. » Il ajoute : « S’il l’épouse de nouveau, il ne la touchera pas avant d’avoir acquitté l’expiation du ẓihâr. »

  4. Le « retour » consiste dans le rapport charnel lui-même ; s’il ne cohabite pas, il n’y a pas retour. C’est l’avis de al-Ḥasan et aussi de Mālik.

  5. L’imâm al-Shāfiʿī – qu’Allah lui fasse miséricorde – dit : c’est le fait de la maintenir comme épouse, après le ẓihâr, alors qu’il a la capacité de la divorcer. En effet, lorsqu’il a prononcé le ẓihâr, son intention était l’interdiction ; s’il enchaîne immédiatement par le divorce, il agit à l’encontre de cette intention, et aucune expiation ne lui incombe. S’il s’abstient de divorcer, il revient à la situation antérieure, et l’expiation devient obligatoire.

  6. Le ẓihâr institue une interdiction que seule l’expiation lève. Pour ceux qui adoptent cette opinion, « revenir » signifie qu’il ne peut rendre licite la relation avec elle qu’après avoir, au préalable, acquitté l’expiation. C’est l’avis d’Abū Ḥanīfa, de ses disciples et de al-Layth ibn Saʿd.

  7. Le « retour » est la répétition de la formule de ẓihâr elle-même. Telle est la position des Ẓāhirites, qui n’admettent pas l’analogie ; ils disent : « S’il répète la formule du ẓihâr, cela constitue un retour ; s’il ne la répète pas, il n’y a pas retour. » Cet avis est attribué à Bukayr ibn

فِيهِ اثْنَتَا عَشْرَةَ مَسْأَلَةً: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: وَالَّذِينَ يُظاهِرُونَ مِنْ نِسائِهِمْ هَذَا ابْتِدَاءٌ وَالْخَبَرُ (فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ) وَحُذِفَ عَلَيْهِمْ لِدَلَالَةِ الْكَلَامِ عَلَيْهِ، أَيْ فَعَلَيْهِمْ تَحْرِيرُ رَقَبَةٍ. وَقِيلَ: أَيْ فَكَفَّارَتُهُمْ عِتْقُ رَقَبَةٍ. وَالْمُجْمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَ الْعُلَمَاءِ فِي الظِّهَارِ قَوْلَ الرَّجُلِ لِامْرَأَتِهِ: أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي. وَهُوَ قَوْلُ الْمُنْكَرِ وَالزُّورِ الَّذِي عَنَى اللَّهُ بِقَوْلِهِ: (وَإِنَّهُمْ لَيَقُولُونَ مُنْكَراً مِنَ الْقَوْلِ وَزُوراً) فَمَنْ قال هذا القول حرم عليه وطئ امْرَأَتِهِ. فَمَنْ عَادَ لِمَا قَالَ لَزِمَتْهُ كَفَّارَةُ الظِّهَارِ، لِقَوْلِهِ عَزَّ وَجَلَّ: (وَالَّذِينَ يُظاهِرُونَ مِنْ نِسائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِما قالُوا فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ) وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّ كَفَّارَةَ الظِّهَارِ لَا تَلْزَمُ بِالْقَوْلِ خَاصَّةً حَتَّى يَنْضَمَّ إِلَيْهَا الْعَوْدُ، وَهَذَا حَرْفٌ مُشْكَلٌ اخْتَلَفَ النَّاسُ فِيهِ عَلَى أقوال سبعة: الأول- أنه العزم على الوطي، وَهُوَ مَشْهُورُ قَوْلِ الْعِرَاقِيِّينَ أَبِي حَنِيفَةَ وَأَصْحَابِهِ. وَرُوِيَ عَنْ مَالِكٍ: فَإِنْ عَزَمَ عَلَى وَطْئِهَا كَانَ عَوْدًا، وَإِنْ لَمْ يَعْزِمْ لَمْ يَكُنْ عَوْدًا. الثَّانِي- الْعَزْمُ عَلَى الْإِمْسَاكِ بَعْدَ التَّظَاهُرِ مِنْهَا، قَالَهُ مَالِكٌ. الثَّالِثُ- الْعَزْمُ عَلَيْهِمَا. وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ فِي مُوَطَّئِهِ، قَالَ مَالِكٌ فِي قوله اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ: (وَالَّذِينَ يُظاهِرُونَ مِنْ نِسائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِما قالُوا) قَالَ: سَمِعْتُ أَنَّ تَفْسِيرَ ذَلِكَ أَنْ يُظَاهِرَ الرَّجُلُ مِنِ امْرَأَتِهِ ثُمَّ يُجْمِعَ عَلَى إِصَابَتِهَا وَإِمْسَاكِهَا، فَإِنْ أَجْمَعَ عَلَى ذَلِكَ فَقَدْ وَجَبَتْ عَلَيْهِ الْكَفَّارَةُ، وَإِنْ طَلَّقَهَا وَلَمْ يُجْمِعْ بَعْدَ تَظَاهُرِهِ مِنْهَا عَلَى إِمْسَاكِهَا وَإِصَابَتِهَا فَلَا كَفَّارَةَ عَلَيْهِ. قَالَ مَالِكٌ: وَإِنْ تَزَوَّجَهَا بَعْدَ ذَلِكَ لَمْ يَمَسُّهَا حَتَّى يكفر كفارة التظاهر. القول الرابع- أنه الوطي نَفْسُهُ فَإِنْ لَمْ يَطَأْ لَمْ يَكُنْ عَوْدًا، قَالَهُ الْحَسَنُ وَمَالِكٌ أَيْضًا. الْخَامِسُ- وَقَالَ الْإِمَامُ الشَّافِعِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: هُوَ أَنْ يُمْسِكَهَا زَوْجَةً بَعْدَ الظِّهَارِ مَعَ الْقُدْرَةِ عَلَى الطَّلَاقِ، لِأَنَّهُ لَمَّا ظَاهَرَ قَصَدَ التَّحْرِيمَ، فَإِنْ وَصَلَ بِهِ الطَّلَاقَ فَقَدْ جَرَى عَلَى خِلَافِ مَا ابْتَدَأَهُ مِنْ إِيقَاعِ التَّحْرِيمِ وَلَا كَفَّارَةَ عَلَيْهِ. وَإِنْ أَمْسَكَ عَنِ الطَّلَاقِ فَقَدْ عَادَ إِلَى مَا كَانَ عَلَيْهِ فَتَجِبُ عَلَيْهِ الْكَفَّارَةُ. السَّادِسُ- أَنَّ الظِّهَارَ يُوجِبُ تَحْرِيمًا لَا يَرْفَعُهُ إِلَّا الْكَفَّارَةُ. وَمَعْنَى الْعَوْدِ عِنْدَ الْقَائِلِينَ بِهَذَا: أَنَّهُ لَا يَسْتَبِيحُ وَطْأَهَا إِلَّا بِكَفَّارَةٍ يُقَدِّمُهَا، قَالَهُ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ وَاللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ. السَّابِعُ- هُوَ تَكْرِيرُ الظِّهَارِ بِلَفْظِهِ. وَهَذَا قَوْلُ أَهْلِ الظَّاهِرِ النَّافِينَ لِلْقِيَاسِ، قَالُوا: إِذَا كَرَّرَ اللَّفْظَ بِالظِّهَارِ فَهُوَ الْعَوْدُ، وَإِنْ لَمْ يُكَرِّرْ فَلَيْسَ بِعَوْدٍ. وَيُسْنَدُ ذَلِكَ إِلَى بُكَيْرِ بْنِ

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