Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il y est abordé vingt-trois questions :

Première question – La parole du Très-Haut :
« Ceux qui prononcent le ẓihâr »(1).

Ibn ʿĀmir, Ḥamza, al-Kisāʾī et Khalaf le récitent « yaẓẓāharūn », avec fatḥa sur le yāʾ, redoublement du ẓāʾ et présence de l’alif. Nāfiʿ, Ibn Kathīr, Abū ʿAmr et Yaʿqūb le récitent « yaẓāhirūn », en supprimant l’alif, en redoublant le hāʾ et le ẓāʾ, et avec fatḥa sur le yāʾ. Abū l-ʿĀliyah, ʿĀṣim et Zur b. Hubayš le récitent « yuẓāhirūn », avec ḍamma sur le yāʾ, allègement du ẓāʾ, maintien de l’alif et kasra sur le hāʾ. Tout cela a déjà été mentionné dans la sourate al-Aḥzāb(2). Dans la lecture d’Ubayy, on trouve « yatadhāharūn », qui a le même sens que la lecture d’Ibn ʿĀmir et de Ḥamza.

Le terme « dos » est ici employé par métonymie pour signifier l’acte de « monter ». Chez la femme, c’est certes le ventre qui est « monté », mais on l’a désigné par le « dos » parce que, pour les êtres autres qu’humains, c’est le dos qui est monté ; ainsi, le « dos » renvoie par euphémisme à l’union charnelle. On dit aussi : « Il est descendu de sa femme », c’est-à-dire qu’il l’a répudiée, comme on se laisse glisser d’une monture. L’énoncé « Tu es pour moi comme le dos de ma mère » signifie donc : « Tu m’es interdite ; il ne m’est pas licite de te monter. »

Deuxième question – La réalité juridique du ẓihâr consiste à assimiler un dos à un autre dos ; la cause légale en est l’assimilation d’un dos licite à un dos illicite. C’est pourquoi tous les juristes s’accordent à dire que celui qui déclare à son épouse : « Tu es pour moi comme le dos de ma mère » a prononcé le ẓihâr. La plupart d’entre eux ajoutent que, s’il dit : « Tu es pour moi comme le dos de ma fille, de ma sœur ou de toute autre femme mue par un lien d’interdiction matrimoniale », il est également considéré comme ayant prononcé le ẓihâr ; tel est l’avis de Mālik, d’Abū Ḥanīfa et d’autres. Un désaccord est rapporté de l’imâm al-Shāfiʿī – qu’Allah l’agrée : selon une version, il adopte l’opinion de Mālik, car l’épouse est comparée au dos d’une femme qui lui est définitivement interdite, telle sa mère ; selon une autre version, transmise par Abū Thawr, le ẓihâr ne vaut que s’il se rapporte exclusivement à la mère, position également défendue par Qatādah et al-Shaʿbī. La première opinion est celle d’al-Ḥasan, d’al-Nakhaʿī, d’al-Zuhrī, d’al-Awzāʿī et d’al-Thawrī.

Troisième question – L’origine du ẓihâr est que l’homme dise à son épouse : « Tu es pour moi comme le dos de ma mère. » Allah n’a mentionné le dos qu’en guise d’euphémisme et de pudeur à la place du ventre. Ainsi, s’il dit : « Tu es pour moi comme ma mère » sans évoquer le dos, ou : « Tu es pour moi semblable à ma mère », son intention fait foi : s’il entendait par là le ẓihâr, on lui en tiendra compte ; s’il entendait le divorce, il sera considéré, selon Mālik, comme ayant prononcé un divorce irrévocable.

فِيهِ ثَلَاثٌ وَعِشْرُونَ مَسْأَلَةً: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (الَّذِينَ يُظاهِرُونَ) «١» قَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَخَلَفٌ (يَظَّاهَرُونَ) بِفَتْحِ الْيَاءِ وَتَشْدِيدِ الظَّاءِ وَأَلِفٍ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وابن كثير وأبو عمرو ويعقوب (يظاهرون) بِحَذْفِ الْأَلِفِ وَتَشْدِيدِ الْهَاءِ وَالظَّاءِ وَفَتْحِ الْيَاءِ. وقرا أبو العالية وعاصم وزر ابن حُبَيْشٍ (يُظَاهِرُونَ) بِضَمِّ الْيَاءِ وَتَخْفِيفِ الظَّاءِ وَأَلِفٍ وَكَسْرِ الْهَاءِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا فِي (الْأَحْزَابِ) «٢» . وَفِي قِرَاءَةِ أُبَيٍّ (يَتَظَاهَرُونَ) وَهِيَ مَعْنَى قِرَاءَةِ ابْنِ عَامِرٍ وَحَمْزَةَ. وَذَكَرَ الظَّهْرَ كِنَايَةً عَنْ مَعْنَى الرُّكُوبِ، وَالْآدَمِيَّةُ إِنَّمَا يُرْكَبُ بَطْنُهَا وَلَكِنْ كَنَّى عَنْهُ بِالظَّهْرِ، لِأَنَّ مَا يُرْكَبُ مِنْ غَيْرِ الْآدَمِيَّاتِ فَإِنَّمَا يُرْكَبُ ظَهْرُهُ، فَكَنَّى بِالظَّهْرِ عَنِ الرُّكُوبِ. وَيُقَالُ: نَزَلَ عَنِ امْرَأَتِهِ أَيْ طَلَّقَهَا كَأَنَّهُ نَزَلَ عَنْ مَرْكُوبٍ. وَمَعْنَى أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي: أَيْ أَنْتِ عَلَيَّ مُحَرَّمَةٌ لَا يَحِلُّ لِي رُكُوبُكِ. الثَّانِيَةُ- حَقِيقَةُ الظِّهَارِ تَشْبِيهُ ظَهْرٍ بِظَهْرٍ، وَالْمُوجِبُ لِلْحُكْمِ مِنْهُ تَشْبِيهُ ظَهْرٍ مُحَلَّلٍ بِظَهْرٍ مُحَرَّمٍ، وَلِهَذَا أَجْمَعَ الْفُقَهَاءُ عَلَى أَنَّ مَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ: أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي أَنَّهُ مُظَاهِرٌ. وَأَكْثَرُهُمْ عَلَى أَنَّهُ إِنْ قَالَ لَهَا: أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ ابْنَتِي أَوْ أُخْتِي أَوْ غَيْرَ ذَلِكَ مِنْ ذَوَاتِ الْمَحَارِمِ أَنَّهُ مُظَاهِرٌ. وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ وَأَبِي حَنِيفَةَ وَغَيْرِهِمَا. وَاخْتُلِفَ فِيهِ عَنِ الشَّافِعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، فَرُوِيَ عَنْهُ نَحْوُ قَوْلِ مَالِكٍ، لأنه شبه امرأته بظهر محرم عليه مؤبد كَالْأُمِّ. وَرَوَى عَنْهُ أَبُو ثَوْرٍ: أَنَّ الظِّهَارَ لَا يَكُونُ إِلَّا بِالْأُمِّ وَحْدَهَا. وَهُوَ مَذْهَبُ قَتَادَةَ وَالشَّعْبِيُّ. وَالْأَوَّلُ قَوْلُ الْحَسَنِ وَالنَّخَعِيِّ وَالزُّهْرِيِّ وَالْأَوْزَاعِيِّ وَالثَّوْرِيِّ. الثَّالِثَةُ- أَصْلُ الظِّهَارِ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِامْرَأَتِهِ: أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي. وَإِنَّمَا ذَكَرَ اللَّهُ الظَّهْرَ كِنَايَةً عَنِ الْبَطْنِ وَسِتْرًا. فَإِنْ قَالَ: أَنْتِ عَلَيَّ كَأُمِّي وَلَمْ يَذْكُرِ الظَّهْرَ، أَوْ قَالَ: أَنْتِ عَلَيَّ مِثْلُ أُمِّي، فَإِنْ أَرَادَ الظِّهَارَ فَلَهُ نِيَّتُهُ، وَإِنْ أَرَادَ الطلاق كان مطلقا البتة عند مالك،
(١). نسخ الأصل على (يظهرون) وهى قراءة نافع التي يقرأ بها المؤلف فيما يأتي. (٢). راجع ج ١٤ ص ١١٨ ولم يذكر هناك شيئا بل أحال الكلام على هذه السورة.

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