Allah fit alors descendre :
« Allah a certes entendu la parole de celle qui discute avec toi au sujet de son époux et qui se plaint à Allah… » – le verset.
Al-Dâraqutnî rapporte, dans la chaîne qui remonte à Qatâdah, qu’Anas ibn Mâlik lui raconta :
« Aws ibn aṣ-Ṣâmit prononça le ẓihâr à l’encontre de son épouse, Khawlah bint Thaʿlabah. Elle alla s’en plaindre au Messager d’Allah — paix et salut sur lui — et dit : “Il m’a déclaré ẓihâr alors que j’ai pris de l’âge et que mes os se sont fragilisés.” Allah — Très-Haut — fit alors descendre le verset relatif au ẓihâr.
Le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — dit à Aws :
« Affranchis donc un esclave ! »
Il répondit : « Je n’en ai pas les moyens. »
Le Prophète reprit :
« Jeûne deux mois consécutifs ! »
Il dit : « Si je manque de manger trois fois dans la journée, ma vue s’affaiblit. »
Le Prophète dit alors :
« Nourris soixante nécessiteux ! »
Il répondit : « Je ne trouve rien, à moins que tu ne m’assistes d’un secours et d’une aumône de ta part. »
Le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — lui donna donc quinze sâʿs jusqu’à ce qu’Allah lui permit d’atteindre le compte requis — et Allah est Pardonneur, Miséricordieux (1). « Allah est Audient, Clairvoyant. » Les Compagnons considéraient qu’il possédait désormais l’équivalent nécessaire, soit la subsistance de soixante pauvres.
Dans le recueil d’al-Tirmidhî ainsi que dans les Sunan d’Ibn Mâjah, il est rapporté que Salamah ibn Ṣakhr al-Bayâḍî prononça le ẓihâr à l’encontre de son épouse. Le Prophète — paix et salut sur lui — lui dit :
« Affranchis un esclave ! »
Il porta la main à sa nuque et répondit : « Non, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne possède rien d’autre. »
Le Prophète dit :
« Jeûne deux mois ! »
Il dit : « Ô Messager d’Allah, ce qui m’est arrivé ne m’est-il pas précisément arrivé à cause du jeûne ? »
Le Prophète dit :
« Nourris soixante nécessiteux. » — Fin du hadith.
Ibn al-ʿArabî mentionne dans son ouvrage « Aḥkām al-Qurʾân » : il est relaté que Khawlah bint Dulaij fut l’objet d’un ẓihâr de la part de son mari. Elle se rendit auprès du Prophète — paix et salut sur lui — pour l’interroger à ce sujet. Le Prophète — paix et salut sur lui — lui dit :
« Tu es désormais interdite pour lui. »
Elle répondit : « Je me plains à Allah de mon besoin. »
[Elle revint et le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — répéta :
« Tu es interdite pour lui. »
Elle dit : « Je me plains à Allah de mon besoin auprès de Lui. » (2)]
Au même moment, ʿÂʾishah lavait le côté droit de la tête du Prophète ; lorsqu’elle se tourna vers l’autre côté, la Révélation descendit sur lui. Elle voulut reprendre son geste, mais ʿÂʾishah dit : « Tais-toi, la Révélation est en cours. »
Lorsque le Coran fut révélé, le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — dit au mari :
« Affranchis un esclave ! »
Il répondit : « Je ne trouve pas. »
Le Prophète dit :
« Jeûne deux mois consécutifs ! »
Il répondit : « Si je ne mange pas trois fois par jour, je crains que ma vue ne faiblisse. »
Le Prophète dit :
« Nourris soixante pauvres ! »
Il dit : « Aide-moi ! » Le Prophète — paix et salut sur lui — l’assista alors d’un certain montant.
Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs déclare : « Les exégètes sont unanimes à dire qu’il s’agit de Khawlah. »