les gens du Livre à l’encontre des Compagnons du Prophète – que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui –, si bien que ce verset fut révélé.
Certains savants se sont appuyés sur ce verset pour affirmer que la bonne action n’a pour salaire qu’un seul équivalent ; ils ont dit :
« Le terme ḥasana est un nom générique qui s’applique à toute catégorie de foi, dans son aspect particulier comme dans sa globalité. Lorsqu’il se rapporte à une seule catégorie, la récompense qui s’y attache n’est qu’un équivalent ; et s’il se rapporte à une bonne action englobant deux catégories, sa rétribution est alors double, ainsi que l’indique ce verset où Il dit :
“deux parts de Sa miséricorde”.
Or, le kifl désigne la part, l’équivalent ; Il a donc accordé à celui qui craint Allah et croit en Son Messager deux parts : une part pour sa crainte d’Allah et une part pour sa foi en Son Messager. Il en découle que la bonne action à laquelle sont accordés dix [équivalents] est celle qui réunit dix sortes de bonnes actions, c’est-à-dire la foi dont Allah – Exalté soit-Il – regroupe dix catégories dans Sa parole :
“Les musulmans et les musulmanes…” – le verset dans son intégralité.
Ces dix catégories sont celles dont la rétribution est leurs semblables : pour chaque catégorie, un équivalent. »
Cette interprétation est cependant caduque, car elle s’écarte de la portée générale manifeste de la parole du Très-Haut :
« Quiconque viendra avec une bonne action en recevra dix fois l’équivalent »¹,
sens qui ne peut souffrir de restriction. En effet, celui qui réunit dix bonnes actions ne sera rétribué pour chacune d’elles que par son équivalent, ce qui annulerait le principe selon lequel la récompense de la bonne action est multipliée par dix, principe pourtant attesté par les traditions – nous les avons déjà citées². Si tel était le cas, il n’y aurait plus aucune différence entre la bonne action et la mauvaise.
« Et Il vous assignera une lumière » : c’est-à-dire une clarification et une guidance, selon Mujāhid.
Ibn ʿAbbās dit : il s’agit du Coran.
D’autres ont dit : une lumière avec laquelle vous marcherez, dans l’au-delà sur le pont (aṣ-ṣirāṭ) et, au Jour de la Résurrection, vers le Paradis. On a également dit : vous marcherez avec elle parmi les gens, les appelant à l’Islam ; vous serez alors des chefs dans la religion, et la position de commandement que vous occupez ne disparaîtra pas. Ils craignaient en effet que leur autorité ne s’évanouisse s’ils croyaient en Muḥammad – paix sur lui. Ce qu’ils auraient seulement perdu, c’est la modeste somme qu’ils extorquaient aux faibles en falsifiant les prescriptions d’Allah, non la véritable autorité religieuse.
« Et Il vous pardonnera » vos péchés ; « et Allah est Pardonneur, Miséricordieux ».
Parole du Très-Haut :
« Afin que les gens du Livre ne sachent pas… » signifie : afin qu’ils sachent ; la particule « an lā » est, selon al-Akhfash, un élément ajouté pour l’insistance.
Al-Farrāʾ dit : son sens est « pour que les gens du Livre sachent », et le « lā » y est un élément surérogatoire que l’on rencontre dans toute phrase à laquelle il s’agrège.