Il y avait, parmi eux, des croyants qui récitaient la Torah et l’Évangile et appelaient à la religion d’Allah – Très-Haut.
Des gens dirent alors à leur roi : « Si seulement tu exterminais ce groupe. »
Les croyants répondirent : « Nous vous épargnerons la peine de vous occuper de nous. »
Un groupe déclara : « Bâtissez-nous une colonne, placez-nous au sommet ; donnez-nous de quoi hisser notre nourriture et notre boisson et nous ne reviendrons plus vers vous. »
Un autre groupe dit : « Laissez-nous errer et parcourir la terre ; nous boirons comme les bêtes sauvages boivent dans la steppe. Si vous nous rattrapez, alors tuez-nous. »
Un troisième groupe dit : « Construisez-nous des habitations dans les étendues désertiques, nous y creuserons des puits et cultiverons des herbes ; ainsi vous ne nous verrez plus. »
Aucun d’eux n’était sans qu’il eût un proche parent parmi les habitants ; on répondit donc à leurs demandes. Ces premiers persistèrent ainsi sur la voie de ʿÎsâ.
Puis leur succédèrent des gens qui avaient déjà altéré le Livre ; ils dirent : « Nous irons, nous aussi, parcourir la terre et nous adonner au culte comme le firent ceux-là », mais ils demeuraient dans leur polythéisme, sans rien connaître de la foi de ceux qu’ils prétendaient imiter.
C’est à leur sujet qu’Allah – Très-Haut – dit :
« Et un monachisme qu’ils inventèrent – Nous ne le leur avions prescrit qu’en vue de la recherche de l’agrément d’Allah … » (verset).
Il dit : ce sont ces hommes vertueux qui l’innovèrent ;
« mais les derniers ne l’observèrent pas comme il convenait » ;
« Alors Nous donnâmes à ceux d’entre eux qui crurent leur récompense »,
à savoir ceux qui l’avaient innovée en premier et l’avaient bien observée ;
« et beaucoup d’entre eux sont des pervers », c’est-à-dire les derniers.
Lorsque Allah envoya Muhammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et qu’il ne restait plus qu’un petit nombre d’entre eux, ils sortirent des cavernes, des cellules et des grottes et crurent en Muhammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui.
Troisièmement : ce verset prouve que toute chose nouvellement introduite est une bidʿa ; celui donc qui inaugure un bien doit s’y maintenir et ne pas passer à son contraire, de peur d’entrer dans le sens du verset.
D’après Abû Umâma al-Bâhilî – de son nom Ṣuday ibn ʿAjlân – il dit :
« Vous avez instauré la prière nocturne de Ramaḍân alors qu’elle ne vous avait pas été prescrite ; seul le jeûne vous a été prescrit. Maintenez donc la prière nocturne, puisque vous l’avez instituée, et ne l’abandonnez pas ; car des gens parmi les Banû Isrâ’îl innovèrent des pratiques qu’Allah ne leur avait pas prescrites, cherchant par elles l’agrément d’Allah, mais ils ne les observèrent pas comme il convenait. Allah les réprouva donc pour les avoir délaissées et Il dit :
« Et un monachisme qu’ils inventèrent – Nous ne le leur avions prescrit qu’en vue de la recherche de l’agrément d’Allah – mais ils ne l’observèrent pas comme il convenait. »
Quatrièmement : le verset constitue une preuve en faveur de l’isolement hors des gens, dans les cellules et les maisons retirées ; cela est recommandé lorsque le temps se corrompt et que les amis et les frères changent. Cette question a déjà été exposée en détail dans la sourate al-Kahf (1), louange à Allah.
Enfin, dans le Musnad de Aḥmad ibn Ḥanbal, il est rapporté, d’après Abû Umâma al-Bâhilî – qu’Allah l’agrée –