Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

vers Lui.
Il dit alors :
« Ne pleure donc pas, car il était dans la science d’Allah que cela advienne.
N’as-tu pas entendu Sa parole, exalté soit-Il :
« Nulle calamité n’atteint la terre ni vos personnes… » — fin du verset.

Ibn ʿAbbâs dit : « Lorsque Allah créa la Plume, Il lui dit : “Écris !” ; elle écrivit tout ce qui sera jusqu’au Jour de la Résurrection. »

C’est en s’appuyant sur ce verset que plusieurs hommes d’excellence délaissèrent les remèdes durant leurs maladies ; ils ne les utilisèrent point, faisant confiance à leur Seigneur et se remettant à Lui. Ils dirent : « Allah connaît les jours de maladie et les jours de santé ; quand bien même les créatures s’efforceraient de les diminuer ou de les augmenter, elles n’y parviendraient pas. »

Allah — Très-Haut — a dit :
« Nulle calamité n’atteint la terre ni vos personnes sans qu’elle ne soit consignée dans un Livre avant que Nous ne la fassions advenir. »

On a dit que ce verset se rattache à ce qui précède : Allah, glorifié soit-Il, a allégé pour eux ce qui les atteint, lors du jihâd, de morts et de blessures, et Il a montré que ce qui les retient du jihâd par souci de préserver les biens, ainsi que les pertes qui peuvent les toucher, tout cela est écrit, prédestiné, sans échappatoire ; il incombe seulement à l’homme d’obéir à l’ordre.

Puis Il les éduqua en disant :
« afin que vous ne vous affligiez pas pour ce qui vous a échappé »,
c’est-à-dire : afin que vous ne vous attristiez pas de la subsistance manquée ; car lorsqu’ils saurent que la subsistance est entièrement fixée, ils ne s’attristeront plus pour la part qu’ils ont manquée.

D’après Ibn Masʿûd, le Prophète d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit :
« Aucun de vous ne goûtera la saveur de la foi tant qu’il ne saura pas que ce qui l’a atteint ne pouvait le manquer et que ce qui l’a manqué ne pouvait l’atteindre. »
Puis il récita : « afin que vous ne vous affligiez pas pour ce qui vous a échappé », c’est-à-dire : pour que vous ne vous attristiez pas des biens de ce bas-monde qui vous ont échappé ; ils n’avaient pas été décrétés pour vous, et s’ils l’avaient été, ils ne vous auraient pas manqué ;
« et que vous ne vous réjouissiez pas immodérément de ce qu’Il vous a donné »,
c’est-à-dire des biens d’ici-bas — ainsi l’expliqua Ibn ʿAbbâs.

Saʿîd ibn Jubayr dit : [il s’agit] de la santé et de l’abondance.

ʿIkrima rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Il n’est personne qui ne s’attriste et ne se réjouisse ; mais le croyant fait de son affliction une patience et de son gain une gratitude. » Les tristesses et les joies proscrites sont celles qui débordent vers ce qui n’est pas permis.

Allah, Très-Haut, dit :
« Allah n’aime pas tout vaniteux, fanfaron »¹ ;
c’est-à-dire celui qui s’enorgueillit de ce qu’il a reçu de ce monde et s’en glorifie devant les gens.

La lecture majoritaire est « âtaakum » (avec alif longue), signifiant : « ce qu’Il vous a donné de la vie d’ici-bas » — opinion privilégiée par Abû Ḥâtim. Abû l-ʿÂliya, Naṣr ibn ʿÂṣim et Abû ʿAmr lisent « atâkum » (alif brève), lecture retenue par Abû ʿUbayd, c’est-à-dire : « ce qui vous est venu ». Cette forme correspond à « fâtakum » ; d’où l’absence de « afâtakum ».

Jaʿfar ibn Muḥammad aṣ-Ṣâdiq a dit : « Ô fils d’Adam ! Pourquoi t’affliges-tu pour un bien perdu que le fait de l’avoir manqué ne te rendra pas, ou te réjouis-tu d’un bien présent que la mort ne laissera pas entre tes mains ? »

On demanda à Barz Jamhar : « Ô sage ! Pourquoi ne t’attristes-tu pas de ce qui est passé… »

¹ C’est-à-dire : quiconque se pavane avec arrogance en raison des biens d’ici-bas.

إِلَيْهِ. قَالَ: فَلَا تَبْكِ فَإِنَّهُ كَانَ فِي عِلْمِ اللَّهِ أَنْ يَكُونَ، أَلَمْ تَسْمَعْ قَوْلَهُ تَعَالَى: (مَا أَصابَ مِنْ مُصِيبَةٍ فِي الْأَرْضِ وَلا فِي أَنْفُسِكُمْ) الْآيَةَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَمَّا خَلَقَ اللَّهُ الْقَلَمَ قَالَ لَهُ اكْتُبْ، فَكَتَبَ مَا هُوَ كَائِنٌ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ. وَلَقَدْ تَرَكَ لِهَذِهِ الْآيَةِ جَمَاعَةٌ مِنَ الْفُضَلَاءِ الدَّوَاءَ فِي أَمْرَاضِهِمْ فَلَمْ يَسْتَعْمِلُوهُ ثِقَةً بِرَبِّهِمْ وَتَوَكُّلًا عَلَيْهِ، وَقَالُوا قَدْ عَلِمَ اللَّهُ أَيَّامَ الْمَرَضِ وَأَيَّامَ الصِّحَّةِ، فَلَوْ حَرَصَ الْخَلْقُ عَلَى تَقْلِيلِ ذَلِكَ أَوْ زِيَادَتِهِ مَا قَدَرُوا، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: (مَا أَصابَ مِنْ مُصِيبَةٍ فِي الْأَرْضِ وَلا فِي أَنْفُسِكُمْ إِلَّا فِي كِتابٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ نَبْرَأَها) . وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ هَذِهِ الْآيَةَ تَتَّصِلُ بِمَا قَبْلُ، وَهُوَ أَنَّ اللَّهَ سُبْحَانَهُ هَوَّنَ عَلَيْهِمْ مَا يُصِيبُهُمْ فِي الْجِهَادِ مِنْ قَتْلٍ وَجَرْحٍ، وَبَيَّنَ أَنَّ مَا يُخَلِّفُهُمْ عَنِ الْجِهَادِ مِنَ الْمُحَافَظَةِ عَلَى الْأَمْوَالِ وَمَا يَقَعُ فِيهَا مِنْ خُسْرَانٍ، فَالْكُلُّ مَكْتُوبٌ مُقَدَّرٌ لَا مَدْفَعَ لَهُ، وَإِنَّمَا عَلَى الْمَرْءِ امْتِثَالُ الْأَمْرِ، ثُمَّ أَدَّبَهُمْ فَقَالَ هَذَا: (لِكَيْلا تَأْسَوْا عَلى مَا فاتَكُمْ) أَيْ حَتَّى لَا تَحْزَنُوا عَلَى مَا فَاتَكُمْ مِنَ الرِّزْقِ، وَذَلِكَ أَنَّهُمْ إِذَا عَلِمُوا أَنَّ الرِّزْقَ قَدْ فُرِغَ مِنْهُ لَمْ يَأْسَوْا عَلَى مَا فَاتَهُمْ مِنْهُ. وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ أَنَّ نَبِيَّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَا يَجِدُ أَحَدُكُمْ طَعْمَ الْإِيمَانِ حَتَّى يَعْلَمَ أَنَّ مَا أَصَابَهُ لَمْ يَكُنْ لِيُخْطِئَهُ وَمَا أَخْطَأَهُ لَمْ يَكُنْ لِيُصِيبَهُ) ثُمَّ قَرَأَ (لِكَيْلا تَأْسَوْا عَلى مَا فاتَكُمْ) أَيْ كَيْ لَا تَحْزَنُوا عَلَى مَا فَاتَكُمْ مِنَ الدُّنْيَا فَإِنَّهُ لَمْ يُقَدَّرْ لَكُمْ وَلَوْ قُدِّرَ لَكُمْ لَمْ يَفُتْكُمْ (وَلا تَفْرَحُوا بِما آتاكُمْ) أَيْ مِنَ الدُّنْيَا، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: مِنَ الْعَافِيَةِ وَالْخِصْبِ. وَرَوَى عِكْرِمَةُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: لَيْسَ مِنْ أَحَدٍ إِلَّا وَهُوَ يَحْزَنُ وَيَفْرَحُ، وَلَكِنَّ الْمُؤْمِنَ يَجْعَلُ مُصِيبَتَهُ صَبْرًا، وَغَنِيمَتَهُ شُكْرًا. وَالْحُزْنُ وَالْفَرَحُ الْمَنْهِيُّ عَنْهُمَا هُمَا اللَّذَانِ يُتَعَدَّى فِيهِمَا إلى مالا يجوز، قال الله تعالى: (وَاللَّهُ لا يُحِبُّ كُلَّ مُخْتالٍ «١» فَخُورٍ) أي متكبر بما أوتى من الدنيا، فخور به على الناس. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ (آتاكُمْ) بِمَدِّ الْأَلِفِ أَيْ أَعْطَاكُمْ مِنَ الدُّنْيَا. وَاخْتَارَهُ أَبُو حَاتِمٍ. وَقَرَأَ أَبُو الْعَالِيَةِ وَنَصْرُ بْنُ عَاصِمٍ وَأَبُو عَمْرٍو (أَتَاكُمْ) بِقَصْرِ الْأَلِفِ وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ. أَيْ جَاءَكُمْ، وَهُوَ مُعَادِلٌ لِ (فاتَكُمْ) وَلِهَذَا لَمْ يَقُلْ أَفَاتَكُمْ. قَالَ جَعْفَرُ بْنُ مُحَمَّدٍ الصَّادِقُ: يَا ابن آدم مالك تَأْسَى عَلَى مَفْقُودٍ لَا يَرُدُّهُ عَلَيْكَ الْفَوْتُ، أَوْ تَفْرَحُ بِمَوْجُودٍ لَا يَتْرُكُهُ فِي يَدَيْكَ الموت. وقيل لبرز جمهر: أَيُّهَا الْحَكِيمُ! مَالَكَ لَا تَحْزَنُ عَلَى مَا فات،
(١). راجع ج ١٤ ص ٦٩.

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