Dans (al-Anʿâm) (1), il est également dit :
On a expliqué que le « jeu » désigne ce que l’on convoite dans la vie d’ici-bas, tandis que la « distraction » est ce qui détourne de l’Au-delà, c’est-à-dire ce qui en occupe le cœur.
D’après une autre interprétation, le « jeu » correspond à l’acquisition [des biens], et la « distraction » aux femmes.
[Et « parure »] : la parure est tout ce dont on se pare. Ainsi, l’incrédule se pare de ce bas-monde et n’œuvre pas pour l’Au-delà ; il en va de même pour quiconque se pare en dehors de l’obéissance à Allah.
[Et « vanité entre vous »] : c’est-à-dire que les uns se glorifient auprès des autres par son biais.
Il a encore été dit : [ils se glorifient] de la complexion et de la force.
Ou encore : [ils se glorifient] des ascendances, selon l’habitude des Arabes qui se vantaient de leurs pères.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’il a dit :
« Allah m’a révélé que vous vous humiliez, de sorte que nul n’opprime l’autre et que nul ne se targue vis-à-vis de l’autre. »
Il est également authentiquement rapporté de lui — paix et bénédictions d’Allah sur lui — qu’il a dit :
« Quatre choses dans ma communauté relèvent des pratiques de la Jâhiliyyah : la fierté tirée des lignées… » ; et le ḥadith se poursuit. Tout cela a déjà été mentionné.
[Et « rivalité à multiplier les richesses et les enfants »] : en effet, l’habitude des gens de la Jâhiliyyah était de rivaliser par le nombre des fils et des biens, tandis que la rivalité des croyants se fait dans la foi et l’obéissance.
Un auteur postérieur a précisé :
– le « jeu » est comme le jeu des enfants ;
– la « distraction », comme la distraction des adolescents ;
– la « parure », comme la parure des femmes ;
– la « vanité », comme la vanité des pairs ;
– la « rivalité », comme la rivalité des paysans. (2)
Il a encore été avancé que le sens est que la vie d’ici-bas ressemble à ces choses par son caractère périssable et éphémère.
Il est rapporté de ‘Alî — qu’Allah l’agrée — qu’il dit à ‘Ammâr :
« Ne t’attriste pas pour ce bas-monde, car il se ramène à six choses : un aliment, une boisson, un vêtement, un parfum, une monture et un rapport sexuel. Le meilleur de ses aliments est le miel, or c’est la salive d’une abeille ; la boisson la plus abondante est l’eau, dont tous les êtres vivants jouissent également ; le plus noble de ses vêtements est la soie brochée, qui n’est que la trame d’un ver ; le plus subtil de ses parfums est le musc, qui est le sang d’un animal ; sa meilleure monture est le cheval, et c’est sur son dos que les hommes sont tués ; quant au rapport, ce sont les femmes : c’est de l’urine dans de l’urine. Par Allah, la femme orne ce qu’elle a de plus beau, alors que l’on recherche d’elle ce qu’elle a de plus vil. »
Puis Allah, Exalté soit-Il, a frappé pour la vie d’ici-bas un exemple avec la culture nourrie par la pluie, en disant :
« [Telle] une averse », c’est-à-dire une pluie, « dont la végétation émerveille les mécréants ». Les « mécréants » ici sont les cultivateurs, parce qu’ils recouvrent la semence. (3)
Le sens est que la vie d’ici-bas ressemble à une culture qui plaît aux regards par sa verdure grâce à l’abondance des pluies, puis, bientôt, elle devient du chaume comme si elle n’avait jamais existé. Et lorsque même les cultivateurs en sont émerveillés, c’est le summum de ce qui peut être jugé beau.
La signification de cette parabole a déjà été exposée dans [Yûnus] (4) et [al-Kahf] (5).