Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est là l’avis retenu par Abû ʿUbayd : il ne vous sera accepté ni échange, ni compensation, ni même une autre âme.

« Votre refuge sera le Feu » : c’est-à-dire votre séjour et votre demeure.
« Il sera votre mawlâ » : autrement dit, il est celui qui a le plus de droit sur vous. Le terme mawlâ désigne d’abord quiconque prend en charge les intérêts d’une personne, puis il a été employé pour tout ce qui demeure attaché à une chose.
On a également dit : le Feu exercera son autorité sur eux, en ce sens qu’Allah – béni et exalté soit-Il – y placera vie et raison, si bien qu’il se consumera de rage contre les mécréants. C’est pour cette raison qu’il est interpellé dans la parole du Très-Haut :
« Le jour où Nous dirons à la Géhenne : “Es-tu pleine ?” Elle dira : “Y en a-t-il encore davantage ?” » (57 : –)¹.
« Quelle détestable destination ! » : quel mauvais retour et quel funeste aboutissement.

[Sourate al-Ḥadîd (57), versets 16-17]
« N’est-il pas venu, pour ceux qui ont cru, le moment où leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah et à ce qui est descendu de la Vérité ? Qu’ils ne soient pas comme ceux à qui le Livre fut donné auparavant : le délai leur parut long, leurs cœurs s’endurcirent et beaucoup d’entre eux sont des pervers.
Sachez qu’Allah redonne la vie à la terre après sa mort. Certes, Nous vous avons exposé les signes afin que vous raisonniez. »

Parole du Très-Haut :
« N’est-il pas venu (alam ya’n) pour ceux qui ont cru… » – c’est-à-dire : le moment s’est rapproché, il est arrivé. Le poète dit :
« N’est-il pas venu, ô mon cœur, le temps d’abandonner l’ignorance
et que les cheveux blancs manifestes nous apportent la raison ? »

Son passé est anā (avec voyelle brève), yânī.
On dit aussi : « Âna laka » (avec allongement) – « il est temps pour toi de… », yâ’înu aynan, c’est-à-dire « ḥâna », comme anā laka, mais c’est l’inverse de celui-ci.
Ibn as-Sikkît a récité :
« Ne m’est-il donc pas temps que mon aveuglement se dissipe,
que je renonce à Laylâ ? – Si, certes, le moment est venu pour moi. »
Il a ainsi réuni les deux formes dialectales.

Al-Ḥasan a lu : « alammâ ya’n ». L’origine est « alam », à laquelle on a ajouté « mâ ». Celle-ci sert à nier l’affirmation : « Cela a déjà eu lieu » ; tandis que « lam » nie : « Cela a eu lieu. »

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Ibn Masʿûd : « Il ne s’est écoulé que quatre ans entre notre conversion à l’islam et le moment où Allah nous a réprimandés par cette parole : “N’est-il pas venu pour ceux qui ont cru que leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah…” »

Al-Khalîl dit : le ʿitâb (le reproche) est l’entretien d’affection par lequel on rappelle ce qui a causé un grief. Tu dis : « ʿâtabtuhu muʿâtabah »…

« Qu’ils s’humilient » : qu’ils se soumettent et s’adoucissent,
« leurs cœurs, à l’évocation d’Allah et à ce qui est descendu de la Vérité ».

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¹ Coran 50 : 30.

اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ، أَيْ لَا يُقْبَلُ مِنْكُمْ بَدَلٌ وَلَا عِوَضٌ وَلَا نَفْسٌ أُخْرَى. (مَأْواكُمُ النَّارُ) أَيْ مَقَامُكُمْ وَمَنْزِلُكُمْ (هِيَ مَوْلاكُمْ) أَيْ أَوْلَى بِكُمْ، وَالْمَوْلَى مَنْ يَتَوَلَّى مَصَالِحَ الْإِنْسَانِ، ثُمَّ اسْتُعْمِلَ فِيمَنْ كَانَ مُلَازِمًا لِلشَّيْءِ. وَقِيلَ: أَيِ النَّارُ تَمْلِكُ أَمْرَهُمْ، بِمَعْنَى أَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى يُرَكِّبُ فِيهَا الْحَيَاةَ وَالْعَقْلَ فَهِيَ تَتَمَيَّزُ غَيْظًا عَلَى الْكُفَّارِ، وَلِهَذَا خُوطِبَتْ فِي قوله تعالى: (يَوْمَ نَقُولُ لِجَهَنَّمَ هَلِ امْتَلَأْتِ وَتَقُولُ هَلْ مِنْ «١» مَزِيدٍ) . (وَبِئْسَ الْمَصِيرُ) أَيْ ساءت مرجعا ومصيرا. [سورة الحديد (٥٧) : الآيات ١٦ الى ١٧] أَلَمْ يَأْنِ لِلَّذِينَ آمَنُوا أَنْ تَخْشَعَ قُلُوبُهُمْ لِذِكْرِ اللَّهِ وَما نَزَلَ مِنَ الْحَقِّ وَلا يَكُونُوا كَالَّذِينَ أُوتُوا الْكِتابَ مِنْ قَبْلُ فَطالَ عَلَيْهِمُ الْأَمَدُ فَقَسَتْ قُلُوبُهُمْ وَكَثِيرٌ مِنْهُمْ فاسِقُونَ (١٦) اعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ يُحْيِ الْأَرْضَ بَعْدَ مَوْتِها قَدْ بَيَّنَّا لَكُمُ الْآياتِ لَعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ (١٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَلَمْ يَأْنِ لِلَّذِينَ آمَنُوا) أَيْ يَقْرَبُ وَيَحِينُ، قَالَ الشَّاعِرُ: أَلَمْ يَأْنِ لِي يَا قَلْبُ أَنْ أَتْرُكَ الْجَهْلَا ... وَأَنْ يُحْدِثَ الشَّيْبُ الْمُبِينُ لَنَا عَقْلَا وَمَاضِيهِ أَنَى بِالْقَصْرِ يَأْنِي. وَيُقَالُ: آنَ لَكَ- بِالْمَدِّ- أَنْ تَفْعَلَ كَذَا يَئِينُ أَيْنًا أَيْ حَانَ، مِثْلُ أَنَى لَكَ وَهُوَ مَقْلُوبٌ مِنْهُ. وَأَنْشَدَ ابْنُ السِّكِّيتِ: أَلَمَّا يَئِنْ لِي أَنْ تَجَلَّى عَمَايَتِي ... وَأَقْصُرُ عَنْ لَيْلَى بَلَى قَدْ أَنَى لِيَا فَجَمَعَ بَيْنَ اللُّغَتَيْنِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ (أَلَمَّا يَأْنِ) وَأَصْلُهَا (أَلَمْ) زِيدَتْ (مَا) فَهِيَ نَفْيٌ لِقَوْلِ الْقَائِلِ: قَدْ كَانَ كَذَا، وَ (لَمْ) نَفْيٌ لِقَوْلِهِ: كَانَ كَذَا. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ قَالَ: مَا كَانَ بَيْنَ إِسْلَامِنَا وَبَيْنَ أَنْ عَاتَبَنَا اللَّهُ بِهَذِهِ الْآيَةِ (أَلَمْ يَأْنِ لِلَّذِينَ آمَنُوا أَنْ تَخْشَعَ قُلُوبُهُمْ لِذِكْرِ اللَّهِ) إِلَّا أَرْبَعُ سِنِينَ. قَالَ الْخَلِيلُ: العتاب مخاطبة الا دلال وَمُذَاكَرَةُ الْمُوجِدَةِ، تَقُولُ عَاتَبْتُهُ مُعَاتَبَةً (أَنْ تَخْشَعَ) أَيْ تَذِلَّ وَتَلِينَ (قُلُوبُهُمْ لِذِكْرِ اللَّهِ وَما نَزَلَ مِنَ الْحَقِّ)
(١). راجع ص ١٨ من هذا الجزء.

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