Lorsque Allah dépêcha sur eux un vent et une obscurité, Il éteignit ainsi la lumière des hypocrites ;
c’est là le sens de Sa parole – Exalté soit-Il :
« Notre Seigneur, parachève pour nous notre lumière »¹,
affirmation que prononceront les croyants, craignant d’en être dépourvus comme les hypocrites l’ont été.
Lorsque les hypocrites demeureront donc dans les ténèbres, incapables de discerner l’emplacement de leurs pas, ils diront aux croyants :
« Attendez-nous, que nous puisions de votre lumière. »
Il leur sera répondu : « Revenez en arrière. »
C’est-à-dire, les anges leur diront : « Revenez. »
D’aucuns ont dit : au contraire, ce sont les croyants qui leur diront : « Revenez en arrière, à l’endroit d’où nous avons pris la lumière ; cherchez-y pour vous-mêmes une lumière, car vous ne puiserez point de la nôtre. »
Lorsqu’ils retourneront et se tiendront à l’écart pour chercher la lumière, « une muraille sera dressée entre eux ».
On a encore dit : « Pourquoi n’avez-vous pas cherché la lumière dans ce bas-monde en croyant ? »
« Bi-sûrin » signifie « une muraille » ; la préposition « bi » est superfétatoire, selon al-Kisâ’î. Cette muraille constitue une barrière entre le Paradis et l’Enfer. Il est rapporté qu’elle se situe à Bayt al-Maqdis, en un lieu connu sous le nom de « Vallée de la Géhenne ».
« Son intérieur renferme la miséricorde » : c’est le côté qui fait face aux croyants ; « et son extérieur, du côté qui leur fait face, comporte le châtiment » : c’est le côté qui fait face aux hypocrites.
Kaʿb al-Aḥbâr a dit : il s’agit de la porte de Bayt al-Maqdis connue sous le nom de « Porte de la Miséricorde ».
ʿAbd Allâh b. ʿAmr a déclaré : c’est la muraille orientale de Bayt al-Maqdis ; son intérieur abrite la mosquée, « et son extérieur, du côté qui lui fait face, comporte le châtiment », c’est-à-dire la Géhenne. Un propos similaire est rapporté d’Ibn ʿAbbâs.
Ziyâd b. Abî Suwâdah a rapporté : « ʿUbâdah b. aṣ-Ṣâmit se tint sur la muraille orientale de Bayt al-Maqdis, pleura et dit : “C’est d’ici que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – nous informa qu’il avait vu la Géhenne.” »
Qatâdah a dit : c’est une cloison entre le Paradis et l’Enfer : « Son intérieur renferme la miséricorde » — le Paradis — « et son extérieur, du côté qui lui fait face, comporte le châtiment » — la Géhenne.
Mujâhid a dit : il s’agit d’un voile, comme celui mentionné dans (al-Aʿrâf), et nous en avons déjà parlé².
Il a également été dit : la miséricorde qui se trouve dans son intérieur est la lumière des croyants, et le châtiment qui se trouve à son extérieur est l’obscurité des hypocrites.
Parole du Très-Haut :
« Ils les interpellent »,
c’est-à-dire : les hypocrites interpelleront les croyants :
« N’étions-nous pas avec vous ? »
dans ce bas-monde, c’est-à-dire : nous priions comme vous priez, partions en expédition comme vous partez, et faisions comme vous faites.
Ils répondront : « Certes. » Autrement dit, les croyants diront : « Oui, vous étiez avec nous en apparence ;
mais vous avez mis vos âmes à l’épreuve »,
c’est-à-dire : vous les avez employées dans la tentation.
Mujâhid a dit : « Vous les avez ruinées par l’hypocrisie. »
Et l’on a dit : par les désobéissances – tel est le propos d’Abû Sinân.
Et l’on a dit : par les passions et les plaisirs,