Sourate al-Ḥadîd (57) – versets 13 à 15
Le Jour où les hypocrites, hommes et femmes, diront à ceux qui auront cru : « Attendez-nous, que nous puisions de votre lumière. » Il leur sera dit : « Revenez en arrière et cherchez une lumière. » Alors sera dressée entre eux une muraille munie d’une porte ; son intérieur renferme la miséricorde, et son extérieur, du côté qui leur fait face, comporte le châtiment. (13)
Ils les interpelleront : « N’étions-nous pas avec vous ? » Ils répondront : « Certes, mais vous avez séduit vos propres âmes, vous avez différé, vous avez douté et vos vains espoirs vous ont trompés, jusqu’à ce que vînt le décret d’Allah ; et le Trompeur vous a trompés au sujet d’Allah. » (14)
« Aujourd’hui, aucune rançon ne sera acceptée de vous ni de ceux qui ont mécru. Votre refuge est le Feu ; il est votre maître, et quel détestable devenir ! » (15)
Parole du Très-Haut :
« Le jour où les hypocrites… »
Le régissant de l’expression « le Jour où » est la locution : « Voilà la réussite suprême. » D’aucuns ont dit qu’il s’agit d’un substitut du premier « jour ».
« Anẓurunā, naqtabis… »
La lecture majoritaire lie l’alif et vocalise la ẓāʾ avec ḍamma, à partir de naẓara ; naẓar a le sens d’attente : « Attendez-nous. »
Al-Aʿmash, Ḥamzah et Yaḥyā b. Waththāb lisent « Inẓurunā », en coupant l’alif et en cassant la ẓāʾ, dérivé de l’inẓār : « Donnez-nous délai, ajournez-nous. » On dit : anẓartu-hu, je l’ai retardé ; istanẓartu-hu, je lui ai demandé un délai.
Al-Farrâʾ a dit : les Arabes emploient « Anẓirnī » pour « attends-moi ».
Et l’on a récité, d’Amr b. Kulthûm :
Ô père de Hind, ne te hâte pas, accorde-nous un peu de temps,
Patiente, suspends ton élan, laisse-nous ce même temps ;
Alors nous t’annoncerons le vrai dans sa pleine certitude,
Et te dirons sans détour la parole de certitude.
C’est-à-dire : « attends-nous ».
« … que nous puisions de votre lumière » : c’est-à-dire que nous nous éclairions de votre lumière.
Ibn ʿAbbâs et Abû Umâmah ont dit : « Une obscurité enveloppera les gens, au Jour de la Résurrection » – al-Mâwardî ajoute : « Je pense qu’elle aura lieu après la prononciation du jugement » – puis il leur sera accordé une lumière avec laquelle ils marcheront.
Les exégètes disent : Allah donnera aux croyants, le Jour de la Résurrection, une lumière proportionnée à leurs œuvres, grâce à laquelle ils avanceront sur le Ṣirâṭ ; Il donnera également aux hypocrites une lumière – tromperie à leur égard –, conformément à la parole du Très-Haut : « … alors qu’Il les trompe »¹.
On a dit encore : s’ils reçoivent une lumière, c’est parce que tous, à l’exclusion du mécréant, ont répondu à l’appel ; ensuite, l’hypocrite se la voit retirer à cause de son hypocrisie – ainsi l’a exposé Ibn ʿAbbâs.
Abû Umâmah a affirmé : le croyant recevra la lumière, tandis que le mécréant et l’hypocrite seront laissés sans aucune lumière.
Al-Kalbî a dit : au contraire, les hypocrites s’éclairent de la lumière des croyants sans qu’aucune ne leur soit donnée ; et, tandis qu’ils marchent…
¹ Coran 4 : 142.