Et qu’il fasse l’aumône alors qu’il nourrit encore l’espoir de vivre, car le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — fut interrogé au sujet de la meilleure aumône et répondit :
« Que tu la donnes alors que tu es sain, âpre à tes biens, espérant la vie, sans différer jusqu’à ce que, lorsque l’âme atteigne les clavicules, tu te mettes à dire : à untel ceci, et à untel cela. »
Qu’il dissimule également sa charité, conformément à la parole du Très-Haut :
« Et si vous les cachez et les donnez aux pauvres, cela est meilleur pour vous »¹ ;
qu’il ne la rappelle pas (à ceux qui l’ont reçue), selon Sa parole — exalté soit-Il :
« Ne rendez pas vaines vos aumônes par le rappel du bienfait et l’offense »² ;
qu’il considère comme peu, même une large part de ce qu’il donne, car tout ce bas-monde est dérisoire ; que son don provienne de ses biens les plus chers, selon la parole du Très-Haut :
« Vous n’atteindrez pas la piété tant que vous n’aurez pas dépensé de ce que vous aimez »³ ;
et qu’il soit important, conformément à la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue :
« La meilleure des têtes à affranchir est celle dont le prix est le plus élevé et qui est la plus précieuse aux yeux de sa famille. »
« Il la multipliera pour lui. »
Ibn Kathîr et Ibn ‘Âmir ont récité : « fa-yuḍaʿʿifahu », sans alif, tandis qu’Ibn ‘Âmir et Ya‘qûb placent le fâ’ à l’accusatif. Nâfi‘, les récitants de Koufa et de Bassora ont récité : « fa-yuḍāʿifahu », avec alif et allègement du ‘ayn, à l’exception de ‘Âṣim qui place également le fâ’ à l’accusatif. Les autres la lisent au nominatif, par conjonction avec « yuqriḍ » ; avec l’accusatif, elle vient en réponse à l’interrogation. Cette question a déjà été exposée en détail dans la sourate Al-Baqarah⁴.
« Et il aura une récompense généreuse », c’est-à-dire le Paradis.
Parole du Très-Haut :
« Le Jour où tu verras les croyants et les croyantes… »
Le déterminant de « Jour » est « et il aura une récompense généreuse » ; il existe dans la phrase une ellipse, à savoir : « et il aura une récompense généreuse le Jour où tu verras ». Ce jour-là, « leur lumière court » — selon al-Ḥasan, elle traverse le Sirât : c’est la clarté dans laquelle ils avancent « devant eux », c’est-à-dire en avant d’eux.
« et sur leur droite ». Al-Farrâ’ dit : la préposition bā’ signifie ici « fî » (dans), à savoir « dans leurs mains droites » ; ou bien elle signifie « ‘an » (sur le côté), c’est-à-dire « sur leur droite ».
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « leur lumière », c’est leur guidée ; « et sur leur droite » ce sont leurs registres. Cet avis fut retenu par aṭ-Ṭabarî : leur foi et leurs bonnes œuvres cheminent devant eux, et, dans leurs mains droites, se trouvent les registres de leurs actes. La bā’ a donc ici le sens de « fî ». Il est alors permis de s’arrêter à « devant eux » ; mais il ne convient pas de s’arrêter lorsque la bā’ a le sens de « ‘an ».
Sahl ibn Sa‘d as-Sâ‘idî et Abû Ḥaywah ont récité « wa-bi-īmânihim » avec la kasra de l’alif, voulant dire la foi opposée à la mécréance.