Dans le ḥadith il est dit :
« Certes, l’Ange de la Mort a des auxiliaires : ils sectionnent les veines, recueillent l’âme peu à peu, jusqu’à ce qu’ils l’amènent à la gorge ; alors l’Ange de la Mort la saisit. »
« Et vous, à ce moment-là, vous observez » : c’est-à-dire Mon ordre et Mon pouvoir.
D’après une autre explication : vous regardez le mourant sans pouvoir rien faire pour lui.
Ibn ʿAbbās a dit : il vise les proches du défunt qui assistent à l’agonie, attendant le moment où son âme s’échappera.
On a également dit : ce verset est une réfutation de leur parole adressée à leurs frères :
« S’ils étaient restés auprès de nous, ils ne seraient ni morts ni tués. » (1)
Autrement dit : ont-ils donc rendu la vie à l’un d’entre eux lorsque son âme atteignit la gorge ?
Une autre interprétation veut que le sens soit : pourquoi donc, lorsque l’âme de l’un de vous parvient à la gorge au moment de l’arrachement, alors que vous êtes présents, ne retenez-vous pas cette âme dans son corps, malgré votre avidité à prolonger sa vie et votre amour pour sa survie ?
Ceci répond à leur affirmation :
« Nous mourons et nous vivons, et seul le Temps nous fait périr. » (2)
D’autres ont dit : il s’agit d’une adresse à celui qui agonise : si ce qui t’atteint ne vient pas d’Allah, pourquoi n’as-tu pas gardé ton âme pour toi ?
« Et Nous sommes plus proches de lui que vous » : c’est-à-dire par Notre puissance, Notre science et Notre vision.
ʿĀmir b. ʿAbd al-Qays disait : « Je ne regarde rien sans voir qu’Allah – Très-Haut – est plus proche de moi que cette chose. »
On a encore dit : il entend par là « Nos envoyés qui se chargent de la saisir sont plus proches de lui que vous »,
« mais vous ne les voyez pas », c’est-à-dire que vous ne les apercevez point.
Parole d’Allah :
« Pourquoi donc, si vous n’êtes pas destinés au jugement… »
c’est-à-dire : pourquoi donc, si vous n’êtes ni comptables ni rétribués pour vos actes ?
Ainsi Sa parole :
« Serons-nous vraiment rétribués ? »
– c’est-à-dire payés et jugés – a déjà été expliquée (3).
D’autre part, « non asservis ni dominés ».
Al-Farrāʾ et d’autres disent : « dantuhu » signifie : « je l’ai possédé » ;
Al-Ḥuṭayʾa a chanté :
« Tu as tellement abaissé (4)
la condition de tes fils
que tu les as laissés
plus broyés que la farine. »
Il veut dire : tu les as dominés. « Dānahu » : il l’a humilié, asservi.
On dit : « dintu-hu » : je l’ai réduit, « fa-dāna » : il s’est soumis. Il a déjà été question de cela, dans la Sūrat al-Fātiḥa, au verset :
« Yawm ad-Dīn ».
« Faites-la donc revenir » : faites revenir l’âme dans le corps.
« Si vous êtes véridiques. » Autrement dit, vous ne la ferez jamais revenir ; votre prétention d’être ni asservis ni comptables est donc vaine.
L’expression « faites-la revenir » répond à Sa parole : « Pourquoi donc, lorsque [l’âme] atteint la gorge… » et à Sa parole : « Pourquoi donc, si vous n’êtes pas destinés au jugement… »