Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant au second aspect, c’est de croire qu’Allah fait descendre l’eau par l’intermédiaire du nawʾ et que celui-ci en est la cause, conformément à ce qu’Allah – exalté soit-Il – a décrété et inscrit de toute éternité dans Sa science. Bien que cette interprétation, à première vue, soit tolérée, elle renferme néanmoins une ingratitude à l’égard du bienfait d’Allah – Puissant et Majestueux – ainsi qu’une ignorance de Sa subtile sagesse : c’est Lui qui fait tomber la pluie quand Il le veut, tantôt sous le nawʾ de telle constellation, tantôt sous celui de telle autre, et souvent une constellation se lève sans qu’aucune goutte n’accompagne son lever ; tout cela provient d’Allah, le Très-Haut, et non du nawʾ.

Ainsi Abū Hurayrah, lorsqu’il se levait le matin après qu’il eût plu, disait :
« Nous avons été arrosés par le nawʾ de la Conquête »,
puis il récitait :
« Tout ce qu’Allah accorde aux gens comme miséricorde, nul ne peut la retenir. » (1)
Abū ʿUmar déclara : « Cette formule est, selon moi, analogue à la parole du Messager d’Allah ﷺ :
“Nous avons été arrosés par la faveur d’Allah et Sa miséricorde.” »

Relève du même registre la parole de ʿUmar b. al-Khaṭṭāb adressée à al-ʿAbbās b. ʿAbd al-Muṭṭalib lorsqu’il demanda la pluie par son intermédiaire :
« Ô oncle du Messager d’Allah ﷺ, combien reste-t-il du nawʾ des Pléiades ? »
Al-ʿAbbās répondit : « Les savants disent qu’elles demeurent visibles à l’horizon pendant sept (nuits) après leur coucher. » La septième nuit n’était pas encore écoulée qu’ils furent arrosés, et ʿUmar s’exclama :
« Louange à Allah ! Ceci vient de la faveur d’Allah et de Sa miséricorde. »
ʿUmar – qu’Allah lui fasse miséricorde – savait que le nawʾ des Pléiades correspond à une période où l’on espère la pluie ; il voulut donc savoir si ce nawʾ était déjà passé ou s’il en restait encore quelque chose.

Sufyān b. ʿUyaynah a rapporté d’après Ismāʿīl b. Umayya que le Prophète ﷺ, durant l’un de ses voyages, entendit un homme dire :
« Nous avons été arrosés par l’une des ʿathānīn du Lion. »
Le Messager d’Allah ﷺ répliqua :
« Tu mens ! C’est plutôt l’abreuvement qu’Allah – Puissant et Majestueux – a accordé. »
Sufyān précisa : les ʿathānīn du Lion sont le “Bras” et le “Front”.

Dans la récitation commune on lit : « tukadhdhibūn » (vous démentez), tandis que al-Mufaḍḍal, suivant ʿĀṣim, et Yaḥyā b. Waṯṯāb lisent : « takdhibūn », avec la initiale ouverte et allégée. Le sens en est celui déjà mentionné au sujet de celui qui déclare : « Nous avons été arrosés par tel nawʾ. »

Il est authentiquement rapporté d’après Anas b. Mālik que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Trois choses persisteront dans ma communauté : la fierté pour les ascendances, les lamentations funèbres et les anwaʾ. »
La version de Muslim énonce : « Quatre traits de la Jâhiliyyah demeureront dans ma communauté : la fierté pour les ascendances, le dénigrement des généalogies, le recours aux étoiles pour demander la pluie, et les lamentations funèbres. »

À propos de la Parole d’Allah :
« Pourquoi donc, quand (l’âme) atteint la gorge… »,
c’est-à-dire : pourquoi donc, lorsque l’âme ou l’esprit parvient à la gorge ? Aucun terme n’a été mentionné auparavant, car le sens est évident. Hatim a dit :

Ô Amawiyya, la fortune n’est d’aucun secours à l’homme – quel détour ! (A)
Quand sa gorge se resserre et que manque l’air, funeste jour. (A)
Tout trésor s’efface, ne subsiste qu’un souffle court. (B)
Le décret se réalise ; plus de répit ni de retour. (B)

يَعْتَقِدَ أَنَّ النَّوْءَ يُنْزِلُ اللَّهُ بِهِ الْمَاءَ، وَأَنَّهُ سَبَبُ الْمَاءِ عَلَى مَا قَدَّرَهُ اللَّهُ وَسَبَقَ فِي عِلْمِهِ، وَهَذَا وَإِنْ كَانَ وَجْهًا مُبَاحًا، فَإِنَّ فِيهِ أَيْضًا كُفْرًا بِنِعْمَةِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، وَجَهْلًا بِلَطِيفِ حِكْمَتِهِ فِي أَنَّهُ يُنْزِلُ الْمَاءَ مَتَى شَاءَ، مَرَّةً بِنَوْءِ كَذَا، وَمَرَّةً بِنَوْءِ كَذَا، وَكَثِيرًا مَا يَنُوءُ النَّوْءُ فلا ينزل معه شي مِنَ الْمَاءِ، وَذَلِكَ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى لَا مِنَ النَّوْءِ. وَكَذَلِكَ كَانَ أَبُو هُرَيْرَةَ يَقُولُ إِذَا أَصْبَحَ وَقَدْ مُطِرَ: مُطِرْنَا بِنَوْءِ الْفَتْحِ، ثُمَّ يَتْلُو: (مَا يَفْتَحِ اللَّهُ لِلنَّاسِ مِنْ رَحْمَةٍ فَلا مُمْسِكَ لَها) «١» قَالَ أَبُو عُمَرَ: وهذا عندي نحو قول وسول اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (مُطِرْنَا بِفَضْلِ اللَّهِ وَرَحْمَتِهِ) . وَمِنْ هَذَا الْبَابِ قَوْلُ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ لِلْعَبَّاسِ بْنِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ حِينَ اسْتَسْقَى بِهِ: يَا عَمَّ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَمْ بَقِيَ مِنْ نَوْءِ الثُّرَيَّا؟ فَقَالَ الْعَبَّاسُ: الْعُلَمَاءُ يَزْعُمُونَ أَنَّهَا تَعْتَرِضُ فِي الْأُفُقِ سَبْعًا بَعْدَ سُقُوطِهَا. فَمَا مَضَتْ سَابِعَةٌ حَتَّى مُطِرُوا، فَقَالَ عُمَرُ: الْحَمْدُ لِلَّهِ هَذَا بِفَضْلِ اللَّهِ وَرَحْمَتِهِ. وَكَانَ عُمَرُ رَحِمَهُ اللَّهُ قَدْ عَلِمَ أَنَّ نَوْءَ الثُّرَيَّا وَقْتٌ يُرْجَى فِيهِ الْمَطَرُ وَيُؤَمَّلُ فَسَأَلَهُ عَنْهُ أَخَرَجَ أَمْ بَقِيَتْ مِنْهُ بَقِيَّةٌ؟. وَرَوَى سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ عَنْ إِسْمَاعِيلَ بْنِ أُمَيَّةَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَمِعَ رَجُلًا فِي بَعْضِ أَسْفَارِهِ يَقُولُ: مُطِرْنَا بِبَعْضِ عَثَانِينِ الْأَسَدِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (كَذَبْتَ بَلْ هُوَ سُقْيَا اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ) قَالَ سُفْيَانُ: عَثَانِينُ الْأَسَدِ الذِّرَاعُ وَالْجَبْهَةُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ (تُكَذِّبُونَ) مِنَ التَّكْذِيبِ. وَقَرَأَ الْمُفَضَّلُ عَنْ عَاصِمٍ وَيَحْيَى بْنِ وَثَّابٍ (تَكْذِبُونَ) بِفَتْحِ التَّاءِ مُخَفَّفًا. وَمَعْنَاهُ مَا قَدَّمْنَاهُ مِنْ قَوْلِ مَنْ قَالَ: مُطِرْنَا بِنَوْءِ كَذَا. وَثَبَتَ مِنْ حَدِيثِ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (ثَلَاثٌ لَنْ يَزِلْنَ فِي أُمَّتِي التَّفَاخُرُ فِي الْأَحْسَابِ وَالنِّيَاحَةُ وَالْأَنْوَاءُ) وَلَفْظُ مُسْلِمٍ فِي هَذَا (أَرْبَعٌ فِي أُمَّتِي مِنْ أَمْرِ الْجَاهِلِيَّةِ لَا يَتْرُكُونَهُنَّ الْفَخْرُ فِي الْأَحْسَابِ وَالطَّعْنُ فِي الْأَنْسَابِ وَالِاسْتِسْقَاءُ بِالنُّجُومِ وَالنِّيَاحَةُ) . قوله تعالى: (فَلَوْلا إِذا بَلَغَتِ الْحُلْقُومَ) أَيْ فَهَلَّا إِذَا بَلَغَتِ النَّفْسُ أَوِ الرُّوحُ الْحُلْقُومَ. وَلَمْ يَتَقَدَّمْ لَهَا ذِكْرٌ، لِأَنَّ الْمَعْنَى مَعْرُوفٌ، قَالَ حَاتِمٌ. أَمَاوِيَّ مَا يُغْنِي الثَّرَاءُ عَنِ الْفَتَى ... إِذَا حَشْرَجَتْ يوما وضاق بها الصدر
(١). راجع ج ١٤ ص ٣٢١

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