La complaisance (al-idhân) et la connivence (al-mudâhana) renvoient au démenti, à la mécréance et à l’hypocrisie ; à l’origine, le terme évoque la douceur et le fait de dissimuler l’opposé de ce que l’on affiche.
Abû Qays b. al-Aslat a dit :
« La ferme résolution et la force éprouvée
L’emportent sur la compromission, la mollesse avouée. »(1)
Les verbes adhana et dāhana ont le même sens.
Certains ont affirmé : « dāhantu » signifie « j’ai caché », tandis que « adhantu » signifie « j’ai trompé ».
Al-Ḍaḥḥâk a dit, à propos de « mudhinûn » : « ils se détournent ».
Mujâhid : « ils s’allient aux mécréants dans leur négation ».
Ibn Kaysân : « le mudhin est celui qui ne comprend pas le droit d’Allah sur lui et qui l’écarte par des prétextes ».
Et quelques linguistes ont expliqué : « mudhinûn » désigne ceux qui manquent de fermeté quand il s’agit d’accepter le Coran.
Parole du Très-Haut :
« Et vous faites de votre subsistance le fait de traiter [le Coran] de mensonge ».
Ibn ʿAbbâs a dit : « vous remplacez votre gratitude par le démenti ».
Al-Haytham b. ʿAdiyy rapporte qu’en dialecte des Azd Shanûʾah on dit : « Quel est le rizq d’untel ? », c’est-à-dire : « quel est son remerciement ? ». Il est donc approprié de substituer le mot « subsistance » à « gratitude », car remercier pour un bienfait entraîne son accroissement ; dès lors, le remerciement devient lui-même une subsistance.
On a donc expliqué :
« Et vous faites de votre subsistance » : c’est-à-dire du remerciement pour votre subsistance, lequel, s’il existait chez vous, redeviendrait subsistance pour vous ;
« que vous démentissez » : vous placez le mensonge à la place de la gratitude à propos de ce bienfait,
comme dans la parole du Très-Haut :
« Et leur prière auprès de la Maison n’était que sifflements et battements de mains »(2),
— ils ne priaient pas, mais sifflaient et applaudissaient à la place de la prière.
Il en ressort que tout bien parvenant aux serviteurs ne doit pas être attribué aux intermédiaires que l’usage considère comme des causes ; il convient plutôt de le reconnaître comme provenant d’Allah, exalté soit-Il, puis d’y répondre par la gratitude lorsqu’il s’agit d’une faveur, ou par la patience lorsqu’il s’agit d’une épreuve, en adoration et en humilité devant Lui.
Il est rapporté d’Ali b. Abî Tâlib — qu’Allah l’agrée — que le Prophète ﷺ a effectivement récité :
« Et vous faites de votre gratitude le fait de démentir ».
Ibn ʿAbbâs rapporte également que le verset vise la demande de pluie faite aux constellations, selon la parole des Arabes : « Nous avons été arrosés par le lever de telle ou telle étoile ». Ali b. Abî Tâlib l’a transmis du Prophète ﷺ.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Ibn ʿAbbâs raconte : « Durant l’époque du Prophète ﷺ, il plut sur les gens, et le Prophète ﷺ dit : “Il est, ce matin, des gens reconnaissants et d’autres mécréants.” Ils dirent… »