– le Coran, ainsi que celui sur qui il est révélé.
As-Suddi : le Zabour.
Mujâhid et Qatâdah : il s’agit du muṣḥaf que nous tenons entre nos mains.
Cinquièmement — Sa parole, exalté soit-Il :
« Nul ne le touche si ce n’est les purifiés. »
On a divergé quant au sens de « nul ne le touche » : s’agit-il d’un toucher matériel par les membres, ou d’une signification métaphorique ? De même, on a divergé au sujet des « purifiés » : qui sont-ils ?
Anas et Saʿîd b. Jubayr ont dit : « Seuls les purifiés de tout péché, à savoir les anges, touchent ce Livre. »
De même, Abû l-ʿÂliyah et Ibn Zayd ont affirmé : « Il s’agit de ceux qui ont été purifiés des fautes, tels les messagers parmi les anges et les messagers parmi les fils d’Âdam ; Gabriel, qui le fait descendre, est purifié, et les messagers auxquels il le porte sont, eux aussi, purifiés. »
Al-Kalbî : « Ce sont les nobles et vertueux scribes. » — Tout cela revient à une seule opinion, celle qu’a retenue Mâlik lorsqu’il déclara : « La meilleure explication que j’aie entendue au sujet de Sa parole : “Nul ne le touche si ce n’est les purifiés” est qu’elle est comparable au verset se trouvant dans la sourate « Il s’est renfrogné et s’est détourné » : « …quiconque veut se rappeler [se souvient] ; sur des feuillets honorés, élevés, purifiés, entre les mains de scribes, nobles, vertueux. » [1] Il entend par là que les “purifiés” sont les anges, décrits comme purs dans la sourate ʿAbasa.
On a également dit : le sens de « nul ne le touche » est : « nul ne le fait descendre » si ce n’est les purifiés, c’est-à-dire les messagers parmi les anges, vers les messagers parmi les prophètes.
Ou encore : nul ne touche la Table Préservée, laquelle est le Livre gardé, hormis les anges purifiés.
On a dit aussi : c’est Isrâfîl qui en est chargé — ainsi le rapporte al-Qushayrî.
Ibn al-ʿArabî objecte : « Ceci est sans fondement ; les anges ne l’atteignent à aucun moment ni d’aucune manière ; si tel en était le sens, la clause d’exception n’aurait pas lieu d’être. »
Quant à celui qui soutient qu’il s’agit du texte détenu par les anges, consigné dans des feuillets, c’est une opinion recevable, et c’est l’avis choisi par Mâlik.
D’autres ont dit : le Livre visé est le muṣḥaf que nous avons entre les mains ; c’est l’opinion la plus manifeste.
Mâlik et d’autres ont rapporté que, dans la lettre adressée par le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre de prières et de paix — à ʿAmr b. Ḥazm, dont voici la teneur :
« De Muḥammad, le Prophète, à Shuraḥbîl b. ʿAbd Kulâl, al-Ḥârith b. ʿAbd Kulâl, Nuʿaym b. ʿAbd Kulâl, maîtres de Dhû Ruʿayn, Maʿâfir et Hamdân. Ceci dit… »,
il était stipulé : « Que nul ne touche le Coran si ce n’est une personne en état de pureté. »
Ibn ʿUmar rapporte que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :
« Ne touchez le Coran que lorsque vous êtes en état de pureté. »
De même, la sœur de ʿUmar dit à ce dernier, lors de sa conversion, alors qu’il était entré chez elle et avait demandé le feuillet :
« Nul ne le touche si ce n’est les purifiés. »
[1] Sourate ʿAbasa, v. 12-16.