Sourate al-Wâqiʿah (56), versets 75 à 80
« Non ! Je jure par les positions des étoiles. — Et c’est assurément un serment — si vous saviez — immense. — C’est, en vérité, un Coran noble, contenu dans un Livre préservé ; seuls les purifiés le touchent ; révélation émanant du Seigneur des mondes. »
Il y a là sept questions.
Premièrement — La parole du Très-Haut : (فَلا أُقْسِمُ).
Le terme (فَلا) est, selon la plupart des exégètes, un simple outil de liaison ; le sens est donc : « Je jure », comme l’indique Sa parole : (وَإِنَّهُ لَقَسَمٌ).
Al-Farrâʾ dit qu’il s’agit d’une négation, c’est-à-dire : « La chose n’est pas telle que vous le prétendez », puis vient la reprise : (أُقْسِمُ).
Il peut arriver qu’un homme dise : « Non, par Allah, il n’en a pas été ainsi », sans qu’il veuille annuler le serment, mais plutôt ce qui a été énoncé auparavant ; autrement dit : « La réalité n’est pas telle que je l’ai rapportée, mais bien telle autre. »
On a encore dit que (فَلا) a la valeur de (ألا) pour attirer l’attention, comme dans le vers (1) :
A – Eh bien, reçois mon salut matinal, ô vestige vieilli !
Par cette formule, Il attire l’attention sur l’excellence du Coran afin qu’ils le méditent, et qu’ils sachent qu’il n’est ni poésie, ni magie, ni divination — comme ils l’ont prétendu.
Al-Hasan, Ḥumayd et ʿÎsâ b. ʿUmar ont lu : (فَلَأُقْسِمُ), sans alif après le lâm, à titre d’affirmation ; le verbe est alors au présent d’actualité et l’on sous-entend un sujet omis, d’où l’estimation : « Pour ma part, je jure par cela. » Si l’on voulait exprimer le futur, il faudrait maintenir la nûn ; il existe certes des cas, rares, où la nûn est omise alors même que le verbe renvoie à l’avenir.
Deuxièmement — Sa parole, exalté soit-Il : (بِمَواقِعِ النُّجُومِ).
Les « positions des étoiles » sont, selon Qatâdah et d’autres, leurs points de chute et leurs lieux de coucher. Pour ʿAtâʾ b. Abî Rabâḥ : leurs stations. Pour al-Hasan : leur obscurcissement et leur dissémination le Jour de la Résurrection. Pour ad-Daḥḥâk : il s’agit des anwâʾ, ces levers stellaires à propos desquels les gens de la Jâhiliyyah disaient, lorsque la pluie tombait : « Nous avons été arrosés par le lever de telle ou telle étoile. »
Al-Mâwardî estime que la parole du Très-Haut (فَلا أُقْسِمُ) est prise dans son sens littéral : négation du serment.
Al-Qushayrî, quant à lui, considère qu’il s’agit bel et bien d’un serment ; et il appartient à Allah — exalté soit-Il — de jurer par ce qu’Il veut, tandis qu’il ne nous est pas permis de jurer par autre qu’Allah — exaltés soient Ses attributs éternels.