Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

pour les voyageurs : on les qualifie de « muqwīn » lorsqu’ils font halte dans le qiyy – cette étendue désertique où il n’y a absolument rien. De même, on emploie les formes al-qawā et al-qawāʾ, avec voyelle longue ou brève ; on dira d’un gîte qu’il est qawāʾ lorsqu’il ne s’y trouve aucune compagnie.

On dit : « aqwat ad-dâr » ou « qawiyat », c’est-à-dire : la demeure s’est vidée de ses habitants.

An-Nâbigha a dit :
A – Ô demeure de Mayya, sur la hauteur altière,
A – Te voilà solitaire, et l’âge long te délétère ;
B – Déserte tu demeures, sous le poids des vieux ans,
B – Muette, tu subis le défilé des temps.

Antarah a dit :
A – Salut à ces vestiges qu’un antique pacte lia,
A – Devenus déserts, stériles, depuis qu’Umm al-Haytham s’en alla ;
B – L’oubli t’a gagnée, ruine, dans ta nuit sans témoin,
B – Et la steppe t’environne, sans ami, sans voisin.

Il est encore dit : « aqwā » – il se fortifia, et ses compagnons se fortifièrent ; et « aqwā » lorsqu’il voyage, c’est-à-dire qu’il a campé dans le qawāʾ et le qiyy.

Mujâhid a dit que l’expression « pour les muqwīn » renvoie à tous ceux qui bénéficient du feu pour cuire, faire du pain, se réchauffer ou s’éclairer ; à sa vue, ils se rappellent le Feu de la Géhenne et recherchent la protection d’Allah contre lui.

Ibn Zayd a dit : il s’agit des affamés, pour qu’ils puissent apprêter leur nourriture.
On dit aussi : « aqwaytu depuis telle date », c’est-à-dire : je n’ai rien mangé ; et « Untel a passé la nuit dans le qawāʾ, dans le qafr » lorsqu’il a dormi affamé, sans la moindre bouchée. Le poète (1) a dit :
A – J’endure la disette, le ventre vide, sans bruit,
A – Pour qu’on ne m’accuse jamais d’être un vil repris ;
B – Je choisis la faim pour sauvegarder mon renom,
B – Afin qu’on ne me traite point d’avare ou de ladre sans nom.

Ar-Rabîʿ et as-Suddi ont déclaré : les « muqwīn » sont ceux qui font halte sans disposer de zanad – la pierre à feu – pour allumer une flamme et cuire leur pain. Al-ʿAwfî rapporte cette explication d’Ibn ʿAbbâs.

Qutrub a expliqué que « muqwi » appartient aux termes contraires ; il peut signifier aussi bien le pauvre que le riche. Ainsi, on dira : « aqwā l’homme » lorsqu’il est sans provisions, et « aqwā » lorsqu’au contraire ses montures sont vigoureuses et ses biens nombreux.

Al-Mahdawî a souligné que le verset englobe tout le monde, car le feu est indispensable au voyageur comme au résident, au riche comme au pauvre. Ath-Thaʿlabî rapporte que la plupart des exégètes retiennent la première opinion.

Al-Qushayrî ajoute : le voyageur est mentionné de façon particulière parce que son besoin du feu est plus grand que celui du sédentaire ; les gens du désert doivent en effet l’allumer la nuit pour éloigner les fauves et pour de nombreux autres besoins.

Parole du Très-Haut : « Glorifie donc le Nom de ton Seigneur, l’Immense » : déclare Allah exempt de tout associé que les polythéistes Lui attribuent et de toute impuissance à ressusciter les morts.

لِلْمُسَافِرِينَ: مُقْوِينَ إِذَا نَزَلُوا الْقِيَّ وَهِيَ الْأَرْضُ الْقَفْرُ الَّتِي لَا شَيْءَ فِيهَا. وَكَذَلِكَ الْقَوَى وَالْقَوَاءُ بِالْمَدِّ وَالْقَصْرِ، وَمَنْزِلٌ قَوَاءٌ لَا أَنِيسَ بِهِ، يُقَالُ: أَقْوَتِ الدَّارُ وَقَوِيَتْ أَيْضًا أَيْ خَلَتْ مِنْ سُكَّانِهَا، قَالَ النَّابِغَةُ: يَا دَارَ مَيَّةَ بِالْعَلْيَاءِ فَالسَّنَدِ ... أَقْوَتْ وَطَالَ عَلَيْهَا سَالِفُ الْأَمَدِ وَقَالَ عَنْتَرَةَ: حُيِّيَتِ مِنْ طَلَلٍ تَقَادَمَ عَهْدُهُ ... أَقْوَى وَأَقْفَرَ بَعْدَ أُمِّ الْهَيْثَمِ وَيُقَالُ: أَقْوَى أَيْ قَوِيَ وَقَوِيَ أَصْحَابُهُ، وَأَقْوَى إِذَا سَافَرَ أَيْ نَزَلَ الْقَوَاءَ وَالْقِيَّ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: (لِلْمُقْوِينَ) الْمُسْتَمْتِعِينَ بِهَا مِنَ النَّاسِ أَجْمَعِينَ فِي الطَّبْخِ وَالْخَبْزِ وَالِاصْطِلَاءِ وَالِاسْتِضَاءَةِ، وَيُتَذَكَّرُ بِهَا نَارُ جَهَنَّمَ فَيُسْتَجَارُ بِاللَّهِ مِنْهَا. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: لِلْجَائِعِينَ فِي، إِصْلَاحِ طَعَامِهِمْ. يُقَالُ: أَقْوَيْتُ مُنْذُ كَذَا وَكَذَا، أَيْ مَا أَكَلْتُ شَيْئًا، وَبَاتَ فُلَانٌ الْقَوَاءَ وَبَاتَ الْقَفْرَ إِذَا بَاتَ جَائِعًا عَلَى غَيْرِ طُعْمٍ، قَالَ الشَّاعِرُ «١» : وَإِنِّي لَأَخْتَارُ الْقَوَى طَاوِيَ الْحَشَى ... مُحَافَظَةً مِنْ أَنْ يُقَالَ لَئِيمُ وَقَالَ الرَّبِيعُ وَالسُّدِّيُّ: (الْمُقْوِينَ) الْمُنْزِلِينَ [الَّذِينَ «٢» ] لَا زِنَادَ مَعَهُمْ، يَعْنِي نَارًا يُوقِدُونَ فَيَخْتَبِزُونَ بِهَا؟ وَرَوَاهُ الْعَوْفِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَقَالَ قُطْرُبٌ: الْمُقْوِيُّ مِنَ الْأَضْدَادِ يَكُونُ بِمَعْنَى الْفَقِيرِ وَيَكُونُ بِمَعْنَى الْغَنِيِّ، يُقَالُ: أَقْوَى الرَّجُلُ إِذَا لَمْ يَكُنْ مَعَهُ زَادٌ، وَأَقْوَى إِذَا قَوِيَتْ دَوَابُّهُ وَكَثُرَ مَالُهُ. الْمَهْدَوِيُّ: وَالْآيَةُ تَصْلُحُ لِلْجَمِيعِ، لِأَنَّ النَّارَ يَحْتَاجُ إِلَيْهَا الْمُسَافِرُ وَالْمُقِيمُ وَالْغَنِيُّ وَالْفَقِيرُ. وَحَكَى الثَّعْلَبِيُّ أَنَّ أَكْثَرَ الْمُفَسِّرِينَ عَلَى الْقَوْلِ الْأَوَّلِ. الْقُشَيْرِيُّ: وَخَصَّ الْمُسَافِرَ بِالِانْتِفَاعِ بِهَا لِأَنَّ انْتِفَاعَهُ بِهَا أَكْثَرُ مِنْ مَنْفَعَةِ الْمُقِيمِ، لِأَنَّ أَهْلَ الْبَادِيَةِ لَا بُدَّ لَهُمْ مِنَ النَّارِ يُوقِدُونَهَا لَيْلًا لِتَهْرُبَ مِنْهُمُ السِّبَاعُ، وَفِي كَثِيرٍ مِنْ حَوَائِجِهِمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَسَبِّحْ بِاسْمِ رَبِّكَ الْعَظِيمِ) أَيْ فَنَزِّهِ اللَّهَ عَمَّا أَضَافَهُ إِلَيْهِ الْمُشْرِكُونَ مِنَ الْأَنْدَادِ، وَالْعَجْزِ عَنِ الْبَعْثِ.
(١). هو حاتم طى. (٢). زيادة من ب.

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