Il réduit la culture en chaume desséché quand Il le veut ; de même Il les anéantit lorsqu’Il le veut, afin qu’ils tirent leçon et s’abstiennent.
« Alors vous vous mîtes à vous lamenter » :
– c’est-à-dire : vous vous étonniez de sa disparition et vous regrettiez le malheur qui vous avait frappés, selon l’explication d’al-Ḥasan, de Qatāda et d’autres.
Dans le Ṣiḥāḥ, « tafakkaha » signifie : s’étonner ;
on dit aussi : se repentir. Ainsi, la parole du Très-Haut : « Alors vous vous mîtes à vous lamenter » signifie : vous vous repentez. Et l’expression « tafakkah-tu bi-shay’ » veut dire : « je m’en suis délecté ».
Yamān a dit : vous regrettez vos dépenses, comme l’indique la parole divine : « et, dès l’aube, il se mit à se tordre les mains au sujet de ce qu’il y avait dépensé ».
ʿIkrima a dit : vous vous blâmez mutuellement et vous regrettez vos désobéissances passées envers Allah, lesquelles ont mérité votre châtiment jusqu’à ce qu’il vous atteigne dans vos récoltes.
Ibn Kaysān a dit : vous vous affligez ; le sens est voisin.
Deux lectures existent : tafakkahūn et tafakkanūn ; al-Farrāʾ précise que la forme avec nūn appartient au dialecte de ʿUkl.
Le Ṣiḥāḥ mentionne encore que « at-tafakkun » désigne le regret de ce qui est perdu.
D’autres ont dit : « at-tafakkuh » est le fait de parler de ce qui ne te concerne pas ; de là le terme « fukāhah » (avec ḍamma) employé pour la plaisanterie, tandis que « fakāhah » (avec fatḥa) est le nom d’action de « fakiha » (avec kasra) appliqué à l’homme jovial et facétieux.
La lecture courante est « faẓaltum » avec ẓā’ ouvert. ʿAbd-Allah lit « faẓiltum » avec ẓā’ fermé, lecture rapportée par Hārūn d’après Ḥusayn, d’après Abū Bakr. Qui lit avec la fatḥa se conforme à la forme primitive « ẓalaltum », dont on a retranché le premier lām pour alléger ; qui lit avec la kasra a transféré la voyelle de ce lām sur le ẓā’, puis l’a supprimé.
« Certes, nous sommes bel et bien frappés d’un dû » :
Abū Bakr et al-Mufaḍḍal lisent « a-innā » — avec deux hamzas, sur le mode interrogatif —, lecture transmise par ʿĀṣim d’après Zirr ibn Ḥubaysh. Les autres lisent avec une seule hamza, sur l’affirmatif ; ils disent donc : « Certes, nous sommes bel et bien frappés d’un dû », c’est-à-dire châtiés.
Ibn ʿAbbās et Qatāda ont dit : le « gharām » est le châtiment. De là le vers d’Ibn al-Muḥallim :
Je sais que la mémoire, en moi, demeure innée, A
Et qu’elle protège mes vers pour l’éternité. A
Mais mon cœur, malade d’amour, pour toi se consume, B
Captif, brûlant d’ardeur, sans répit ni refuge. B
Mujāhid et ʿIkrima ont expliqué : « mughramūn » signifie : obsédés par nous, comme le dit an-Nimr ibn Tawlab :
Oublie donc son souvenir, ô cœur demeuré, A
Efface-le de ton âme et bannis tout regret ; A
Pourtant tu demeuras captif de cette flamme, B
Prisonnier passionné que nul répit ne calme. B
On dit : « Untel a été pris (ughrima) d’Unetelle », c’est-à-dire : épris d’elle ; de là « gharām », mal persistant.
Mujāhid a encore dit : voués à un malheur.
Maqātil ibn Ḥayyān : promis à la destruction.
An-Naḥḥās :
« Innā lamughramūn » dérive de « gharām », c’est-à-dire la perdition, comme le dit le poète :
Le jour d’an-Nasār, celui de l’inimitié, A
Furent pour nous tourments, calamités liées. A
Ils devinrent fléau constant, malheur mordant, B
Châtiment tenace, éternel et pesant. B