dans vos délais fixés ; autrement dit, aucun de ceux dont le terme est repoussé ne saurait devancer, et aucun de ceux qui doivent précéder ne saurait être retardé.
« Et Nous vous ferons surgir dans ce que vous ne connaissez pas »,
à savoir sous des formes et des apparences nouvelles.
Al-Ḥasan a dit :
c’est-à-dire : Nous vous transformerons en singes et en porcs, comme Nous l’avons fait avec des peuples avant vous.
On a encore dit : le sens est que Nous vous ressusciterons sous d’autres silhouettes que celles que vous aviez en ce monde ; le croyant sera embelli par l’éclat blanc de son visage, tandis que le mécréant sera enlaidit par l’obscurité de son visage.
Saʿîd b. Jubayr [1] explique la parole du Très-Haut :
« dans ce que vous ne savez pas » : dans les jabots d’oiseaux noirs qui vivent à Barahût, pareils à des hirondelles ; Barahût est une vallée du Yémen.
Mujâhid a dit :
« dans ce que vous ne savez pas » : dans toute création que Nous voulons.
Il a encore été dit : le sens est que Nous vous ferons naître dans un monde que vous ne connaissez pas, et en un lieu que vous ne connaissez pas.
Sa parole – exalté soit-Il :
« Et certes, vous avez connu la première création »
c’est-à-dire lorsque vous avez été créés d’une goutte, puis d’un caillot, puis d’un embryon, alors que vous n’étiez rien – selon Mujâhid et d’autres.
Quant à Qatâda et Ḍaḥḥâk, ils disent : cela vise la création d’Âdam – sur lui la paix.
« Pourquoi donc ne vous rappelez-vous pas ? »
– autrement dit : ne voudrez-vous donc pas réfléchir ?
Dans le ḥadith :
« Étonnant, ô combien étonnant, celui qui nie la seconde genèse alors qu’il voit la première ; et étonnant celui qui croit à la dernière demeure sans pour autant œuvrer pour la demeure éternelle. »
La récitation courante lit an-nashʾata avec voyelle brève ;
Mujâhid, al-Ḥasan, Ibn Kathîr et Abû ʿAmr la lisent an-nashâʾata avec allongement, comme cela a été expliqué dans (al-ʿAnkabût) [2].
[Sourate al-Wâqiʿa (56) – versets 63 à 67]
« Voyez-vous donc ce que vous labourez ? (63)
Est-ce vous qui le faites pousser, ou bien sommes-Nous les Faisant pousser ? (64)
Si Nous voulions, Nous le réduirions en chaume pulvérisé, et vous resteriez à vous lamenter : (65)
“Nous sommes ruinés ! (66)
Non, mais nous sommes frustrés !” (67) »
Sa parole – exalté soit-Il :
« Voyez-vous donc ce que vous labourez ? »
voilà un autre argument : informez-Moi donc de ce que vous labourez sur vos terres lorsque vous y jetez la semence ; êtes-vous ceux qui la faites germer et la transformez en moisson, produisant épis et grains, ou bien est-ce Nous qui accomplissons cela ? De votre côté il n’y a que la graine et l’ouverture du sol. À partir du moment où vous admettez que faire sortir l’épi du grain n’est pas de votre ressort, comment niez-vous que les morts soient tirés de la terre et ramenés à la vie ?! Le labour est ainsi attribué aux hommes et la pousse à Lui – exalté soit-Il – parce que le labour procède de leur acte et de leur volonté, tandis que la germination est l’œuvre d’Allah Très-Haut.
[1] Saʿîd b. Jubayr, grand disciple de la génération des tâbiʿîn.
[2] Voir l’exégèse du verset correspondant dans la sourate al-ʿAnkabût, où cette différence de lecture est détaillée.