Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

incapables d’étancher leur soif, tant la maladie qui les frappe les en empêche ; tel est l’avis rapporté d’Ibn ʿAbbâs, ʿIkrima, Qatâda, as-Suddi et d’autres.

ʿIkrima a encore dit : « Il s’agit des chameaux malades. »

Al-Ḍaḥḥâk explique : « Les hîm sont des chameaux atteints d’un mal qui leur cause une soif extrême ; au singulier on dit ahyam pour le mâle et haymâʾ pour la femelle, et l’on nomme cette maladie al-huyâm. »

Le poète Qays b. al-Mulawwaḥ a dit :
A- « On dit que le mal du huyâm l’a saisi sans raison,
B- Et mon âme connaît le lieu de sa guérison. »

On appelle également hîm un groupe de gens tourmentés par la soif ; on dit alors qu’ils ont « erré dans le huyâm ».

Parmi les Arabes, certains disent pour le chameau : hāʾim (mâle) et hāʾima (femelle), le pluriel étant huyyam.

Labîd a dit :
A- « Je passai près de ses repères, guidant des bêtes au poil hirsute,
B- Et des troncs d’arbres ʿīdiyy desséchés, altérés, hîm. »

Al-Ḍaḥḥâk, al-Akhfash, Ibn ʿUyayna et Ibn Kaysân soutiennent, pour leur part, que al-hîm désigne une terre plane et sablonneuse.

On rapporte encore d’Ibn ʿAbbâs : « Ils boiront comme le sable boit, sans jamais s’en rassasier. »

Al-Mahdawî précise : « Tout ce qui, parmi les chameaux ou le sable, ne peut être abreuvé, est appelé ahyam (masc.) ou haymâʾ (fém.). »

Dans le Ṣiḥâḥ il est dit : « Al-huyâm, avec la ḍamma, est la plus intense des soifs ; c’est aussi une sorte de folie provoquée par l’amour, et c’est la maladie qui saisit les chameaux : ils errent alors sur la terre sans paître. » On dit : « une chamelle haymâʾ » ; al-haymâʾ désigne également un désert sans eau.

Al-hayâm, avec la fatḥa, est le sable si friable qu’il coule de la main ; son pluriel est hîm, à l’instar de qaḏâl/qaḏul. Quant à al-hiyâm, avec la kasra, il s’applique aux chameaux assoiffés ; au singulier, on dit haymân, et pour la femelle haymâʾ, comme ʿaṭshân/ʿaṭshā.

Sa parole – exalté soit-Il – : « Voici l’accueil qui leur est réservé le Jour de la Rétribution » : c’est-à-dire la nourriture qui leur est apprêtée – à l’image du nuzul que l’on prépare pour honorer des hôtes –, mais l’énoncé revêt ici un ton d’ironie, comme dans Sa parole : « Annonce-leur donc un châtiment douloureux », ou selon ces vers d’Abû Saʿd aḍ-Ḍabbî :
A- « Quand l’arrogant arrivait sur nous avec son armée en avant,
B- Nous lui offrions pour accueil les lances et les glaives tranchants. »

Yûnus b. Ḥabîb et ʿAbbâs, d’après Abû ʿAmr, ont lu : « hâdhâ nuzlu-hum » en laissant le zây souktouné ; l’explication de cette lecture a déjà été donnée à la fin de la sûrah Âl ʿImrân.

« Le Jour de la Rétribution » désigne le jour du règlement des comptes, c’est-à-dire en Enfer.

لا تروى لِدَاءٍ يُصِيبُهَا، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَعِكْرِمَةَ وَقَتَادَةَ وَالسُّدِّيِّ وَغَيْرِهِمْ، وَقَالَ عِكْرِمَةُ أَيْضًا: هِيَ الْإِبِلُ الْمِرَاضُ. الضَّحَّاكُ: الْهِيمُ الْإِبِلُ يُصِيبُهَا دَاءٌ تَعْطَشُ مِنْهُ عَطَشًا شَدِيدًا، وَاحِدُهَا أَهْيَمُ وَالْأُنْثَى هَيْمَاءُ. وَيُقَالُ لِذَلِكَ الدَّاءِ الْهُيَامُ، قَالَ قَيْسُ بْنُ الْمُلَوَّحِ: يُقَالُ بِهِ دَاءُ الْهُيَامِ أَصَابَهُ ... وَقَدْ عَلِمَتْ نَفْسِي مَكَانَ شِفَائِهَا وَقَوْمٌ هِيمٍ أَيْضًا أَيْ عِطَاشٌ، وَقَدْ هَامُوا هُيَامًا. وَمِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَقُولُ فِي الْإِبِلِ: هَائِمٌ وَهَائِمَةٌ وَالْجَمْعُ هُيَّمٌ، قَالَ لَبِيَدٌ: أَجَزْتُ إِلَى مَعَارِفِهَا بِشُعْثِ «١» ... وَأَطْلَاحٍ مِنَ الْعِيدِيِّ هِيمُ «٢» وَقَالَ الضَّحَّاكُ وَالْأَخْفَشُ وَابْنُ عُيَيْنَةَ وَابْنُ كَيْسَانَ: الْهِيمُ الْأَرْضُ السَّهْلَةُ ذَاتُ الرَّمَلِ. وَرُوِيَ أَيْضًا عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: فَيَشْرَبُونَ شُرْبَ الرِّمَالِ الَّتِي لَا تُرْوَى بِالْمَاءِ. المهدوي: ويقال لكل مالا يُرْوَى مِنَ الْإِبِلِ وَالرَّمَلِ أَهْيَمُ وَهَيْمَاءُ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَالْهُيَامُ بِالضَّمِّ أَشَدُّ الْعَطَشِ. وَالْهُيَامُ كَالْجُنُونِ مِنَ الْعِشْقِ. وَالْهُيَامُ دَاءٌ يَأْخُذُ الْإِبِلَ فَتَهِيمُ فِي الْأَرْضِ لَا تَرْعَى. يُقَالُ: نَاقَةٌ هَيْمَاءُ. وَالْهَيْمَاءُ أَيْضًا الْمَفَازَةُ لَا مَاءَ بِهَا. وَالْهَيَامُ بِالْفَتْحِ: الرَّمْلُ الَّذِي لَا يَتَمَاسَكُ أَنْ يَسِيلَ مِنَ الْيَدِ لِلِينِهِ وَالْجَمْعُ هِيمٌ مِثْلُ قَذَالٍ وَقُذُلٍ. وَالْهِيَامُ بِالْكَسْرِ الْإِبِلُ الْعِطَاشُ الْوَاحِدُ هَيْمَانُ، وَنَاقَةٌ هَيْمَاءُ مِثْلُ عَطْشَانَ وَعَطْشَى. قَوْلُهُ تَعَالَى: (هَذَا نُزُلُهُمْ يَوْمَ الدِّينِ) أَيْ رِزْقُهُمُ الَّذِي يُعَدُّ لَهُمْ، كَالنُّزُلِ الَّذِي يُعَدُّ لِلْأَضْيَافِ تَكْرِمَةً لَهُمْ، وَفِيهِ تَهَكُّمٌ، كَمَا فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: (فَبَشِّرْهُمْ بِعَذابٍ» أَلِيمٍ) وَكَقَوْلِ أَبِي السَّعْدِ الضَّبِّيِّ: وَكُنَّا إِذَا الْجَبَّارُ بِالْجَيْشِ ضَافَنَا ... جَعَلْنَا الْقَنَا وَالْمُرْهَفَاتِ لَهُ نُزُلَا وَقَرَأَ يُونُسُ بْنُ حَبِيبٍ وَعَبَّاسٌ عَنْ أَبِي عَمْرٍو (هَذَا نُزُلُهُمْ) بِإِسْكَانِ الزَّايِ، وَقَدْ مَضَى فِي آخِرِ (آلِ عِمْرَانَ) «٤» الْقَوْلُ فِيهِ. (يَوْمَ الدِّينِ) يَوْمَ الْجَزَاءِ، يَعْنِي في جهنم
(١). شعث: رجال ساءت حالهم من الجهد والسفر. وأطلاح: ابل مهازيل والواحد طليح. والعيدي: ابل منسوبة إلى فحل، ويقال منسوبة إلى قوم يقال لهم العيد. (٢). أي خففت وكسرت الهاء لأجل الياء. (٣). راجع ج ٨ ص (١٢٨) (٤). راجع ج ٤ ص ٣٢١

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