Il se livrait au taḥannuth dans la grotte de Ḥirâʾ, c’est-à-dire qu’il accomplissait des actes lui faisant expier le ḥinth, autrement dit le péché.
« Et ils disaient : ‟Lorsque nous serons morts…?” »
Cet énoncé exprime, de leur part, l’impossibilité qu’ils prêtent à la résurrection et le démenti qu’ils lui opposent.
Allah – exalté soit-Il – dit alors :
« Dis-leur, ô Muḥammad :
‟En vérité, les premiers,
vos ancêtres,
et les derniers,
vous-mêmes,
seront tous rassemblés à l’heure d’un Jour bien déterminé” »,
c’est-à-dire le Jour de la Résurrection.
Le propos implique un serment : l’entrée de la particule lâm dans « la-majmūʿūn » en est l’indice, signifiant : « Par Allah, vous serez bel et bien rassemblés », serment véridique opposé à votre serment mensonger.
« Puis, certes, vous, ô égarés
qui démentez
la résurrection,
mangerez d’un arbre issu du Zaqqûm »,
arbre repoussant à la vue et répugnant au goût, celui mentionné dans la sūrat Aṣ-Ṣâffāt(1).
« Vous en remplirez vos ventres »,
c’est-à-dire de cet arbre, car l’intention visée par le mot « arbres » est un arbre précis. Il se peut aussi que la première préposition min soit excédentaire ; ou encore que le complément d’objet soit sous-entendu, comme si le verset signifiait : « Vous mangerez, de l’arbre du Zaqqûm, une nourriture. »
L’expression « de Zaqqûm » est l’épithète de « arbre ». Si l’on considère la préposition comme redondante, l’épithète se mettra à l’accusatif selon le sens ou au génitif selon la forme ; mais, si l’on suppose le complément d’objet sous-entendu, l’épithète ne pourra être qu’au génitif.
Sa parole – exalté soit-Il – :
« Puis vous boirez par-dessus cela »,
c’est-à-dire par-dessus le Zaqqûm, ou à la suite de ce repas, ou sur cet arbre, celui-ci se disant indifféremment au masculin ou au féminin,
« d’une eau bouillante »,
c’est l’eau portée à une ébullition extrême, le pus des hôtes de l’Enfer. Autrement dit, un feu ardent les étreint : affamés, ils mangent du Zaqqûm ; tenaillés par une soif intense, ils se tournent vers une eau qu’ils imaginent désaltérante et la trouvent bouillante et brûlante.
Sa parole – exalté soit-Il – :
« Puis vous boirez comme boivent les hîm ». Selon la lecture de Nāfiʿ, ʿĀṣim et Ḥamza, le mot « shurb » se lit avec la chîne dammée ; tous les autres l’emploient avec la chîne fatha ; les deux dialectes sont corrects.
Les Arabes disent : sharibtu shurban, sharban, shirban et shuruban (avec deux dammas).
Abū Zayd rapporte : « J’ai entendu les Arabes user tour à tour du damma, du fatha et du kasra ; toutefois, le fatha est la forme authentique du maṣdar, car tout maṣdar trilittère a pour base faʿl ; ne vois-tu pas qu’on le ramène à l’action unique et l’on dit faʿla, telle sharba ? La forme à damma, elle, désigne le nom. »
D’aucuns ont également affirmé que la forme maftūḥa et le nom sont tous deux des maṣdar : ash-sharb tient de l’acte de boire comme al-akl tient de l’acte de manger, ash-shurb correspond à adh-dhikr, tandis que ash-shirb, avec la kasra, désigne la boisson, de même que ṭaḥn désigne la farine obtenue du broyage.
Quant aux hîm, ce sont les chameaux assoiffés qui