Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il répondit : « Non… le Coran ne doit pas être touché aujourd’hui. »

Abû Bakr [al-Anbârî] dit : « Cela signifie qu’il revint à la graphie consignée dans le Muṣḥaf, comprit qu’elle seule était correcte et révoqua ce qu’il avait avancé auparavant.

Quant au terme manḍûd, il désigne ce qui est superposé : le régime dont le haut comme le bas sont chargés de fruits, sans tronc apparent, compactement serré. Le verbe naḍḍa signifie “tasser, presser”, et munaddaḍ veut dire “étroitement empilé”. »

Al-Nâbighah a chanté :
« Elle a libéré la route d’un messager retardé, retardé,
Puis l’a hissé sous les doubles tentures, vers les gradins serrés, serrés. »

Masrûq a dit : « Les arbres du Paradis, de leurs racines jusqu’aux extrémités de leurs rameaux, ne sont que fruits entassés ; chaque fois qu’on en cueille un, il en repousse aussitôt un autre, meilleur que le précédent. »

Parole du Très-Haut :
« et une ombre largement étendue » (wa ẓillin mamdûd).

C’est-à-dire une ombre permanente, durable, que le soleil n’efface point, conformément à Sa parole :
« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur étend l’ombre ? S’Il l’avait voulu, Il l’aurait rendue immobile. »
Il s’agit là de l’ombre du matin, entre l’aube claire et le lever du soleil, comme cela a été expliqué plus haut. Tout le Paradis est ombrage ; point de soleil.

Al-Rabîʿ b. Anas a dit : « Il s’agit de l’ombre du Trône. »
ʿAmr b. Maymûn a dit : « Son étendue équivaut à un voyage de soixante-dix mille ans. »
Abû ʿUbaydah a dit : « Les Arabes qualifient de mamdûd ce qui dure très longtemps, une chose ininterrompue. »

Labîd a dit :
« La patience l’a emporté, moi que nul ne dominait, dominait,
Un temps long, immuable, prolongé, prolongé. »

Dans le Ṣaḥîḥ de Tirmidhî et ailleurs, il est rapporté d’après Abû Hurayrah que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :
« Au Paradis se trouve un arbre sous l’ombre duquel un cavalier avance cent ans sans en atteindre le bout ; lisez, si vous le voulez : “wa ẓillin mamdûd”. »

« et des eaux qui se déversent » (wa mâʾin maskûb)
— c’est-à-dire des eaux courantes, ininterrompues. Le mot sakb signifie « verser ». On dit : sakabahû sakban (« il l’a versée d’un jet »), as-sukûb désigne son écoulement ; on dit aussi : sakaba sukûban (« l’eau a ruisselé ») et insakaba insikâban (« elle s’est écoulée continûment »). Autrement dit, une eau versée qui coule nuit et jour sans lit creusé et ne se tarit jamais.

Les Arabes, habitants du désert et de régions brûlantes, ne connaissaient que rarement les rivières ; ils n’accédaient à l’eau qu’avec seaux et cordes. Au Paradis, on leur a promis l’exact contraire ; on leur a décrit les agréments familiers de la villégiature terrestre : les arbres et leur ombre, les eaux, les rivières et leur cours continuel.

فَقَالَ: [لَا «١» [لَا يُهَاجُ الْقُرْآنُ الْيَوْمَ. قَالَ أَبُو بَكْرٍ: وَمَعْنَى هَذَا أَنَّهُ رَجَعَ إِلَى مَا فِي الْمُصْحَفِ وَعَلِمَ أَنَّهُ هُوَ الصَّوَابُ، وَأَبْطَلَ الَّذِي كَانَ فَرَطَ مِنْ قَوْلِهِ. وَالْمَنْضُودُ الْمُتَرَاكِبُ الَّذِي] قَدْ «٢» نُضِّدَ أَوَّلُهُ وَآخِرُهُ بِالْحَمْلِ، لَيْسَتْ لَهُ سُوقٌ بَارِزَةٌ بَلْ هُوَ مَرْصُوصٌ، وَالنَّضْدُ هُوَ الرَّصُّ وَالْمُنَضَّدُ الْمَرْصُوصُ، قَالَ النَّابِغَةُ: خَلَّتْ سَبِيلَ أَتِيٍّ كَانَ يَحْبِسُهُ ... وَرَفَّعَتْهُ إِلَى السِّجْفَيْنِ فَالنَّضَدِ وَقَالَ مَسْرُوقٌ: أَشْجَارُ الْجَنَّةِ مِنْ عُرُوقِهَا إِلَى أَفْنَانِهَا نَضِيدَةٌ ثَمَرٌ كُلُّهُ، كُلَّمَا أَكَلَ ثَمَرَةً عَادَ مَكَانَهَا أَحْسَنُ مِنْهَا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَظِلٍّ مَمْدُودٍ) أَيْ دَائِمٌ بَاقٍ لَا يَزُولُ وَلَا تَنْسَخُهُ الشَّمْسُ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: (أَلَمْ تَرَ إِلى رَبِّكَ كَيْفَ مَدَّ الظِّلَّ وَلَوْ شاءَ لَجَعَلَهُ ساكِناً) وَذَلِكَ بِالْغَدَاةِ وَهِيَ مَا بَيْنَ الْإِسْفَارِ إِلَى طُلُوعِ الشَّمْسِ حَسَبَ مَا تَقَدَّمَ بَيَانُهُ هُنَاكَ «٣» . وَالْجَنَّةُ كُلُّهَا ظِلٌّ لَا شَمْسَ مَعَهُ. قَالَ الرَّبِيعُ بْنُ أَنَسٍ: يَعْنِي ظِلَّ الْعَرْشِ. وَقَالَ عَمْرُو بْنُ مَيْمُونٍ: مَسِيرَةُ سَبْعِينَ أَلْفَ سَنَةٍ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: تَقُولُ الْعَرَبُ لِلدَّهْرِ الطَّوِيلِ وَالْعُمْرِ الطَّوِيلِ وَالشَّيْءِ الَّذِي لَا يَنْقَطِعُ مَمْدُودٌ، وَقَالَ لَبِيَدٌ: غَلَبَ الْعَزَاءُ وَكُنْتُ غَيْرَ مُغَلَّبٍ ... دَهْرٌ طَوِيلٌ دَائِمٌ مَمْدُودُ وَفِي صَحِيحِ التِّرْمِذِيِّ وَغَيْرِهِ مِنْ حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (وَفِي الْجَنَّةِ شَجَرَةٌ يَسِيرُ الرَّاكِبُ فِي ظِلِّهَا مِائَةَ عَامٍ لَا يَقْطَعُهَا وَاقْرَءُوا إِنْ شِئْتُمْ (وَظِلٍّ مَمْدُودٍ) . (وَماءٍ مَسْكُوبٍ) أَيْ جَارٍ لَا يَنْقَطِعُ وَأَصْلُ السَّكْبِ الصَّبُّ، يُقَالُ: سَكَبَهُ سَكْبًا، وَالسُّكُوبُ انْصِبَابُهُ، يُقَالُ: سَكَبَ سُكُوبًا، وَانْسَكَبَ انْسِكَابًا، أَيْ وَمَاءٌ مَصْبُوبٌ يَجْرِي اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ فِي غَيْرِ أُخْدُودٍ لَا يَنْقَطِعُ عَنْهُمْ. وَكَانَتِ الْعَرَبُ أَصْحَابُ بَادِيَةٍ وَبِلَادٍ حَارَّةٍ، وَكَانَتِ الْأَنْهَارُ فِي بِلَادِهِمْ عَزِيزَةً لَا يَصِلُونَ إِلَى الْمَاءِ إِلَّا بِالدَّلْوِ وَالرِّشَاءِ فَوُعِدُوا فِي الْجَنَّةِ خِلَافَ ذَلِكَ، وَوُصِفَ لَهُمْ أَسْبَابُ النُّزْهَةِ الْمَعْرُوفَةِ فِي الدُّنْيَا، وهي الأشجار وظلالها، والمياه والأنهار واطرادها.
(١). زيادة من ب. (٢). زيادة من ب. (٣). راجع ج ١٣ ص ٣٧.

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