(Sourate an-Najm)
(1) Au verset où le Très-Haut dit : « près du lotus de l’ultime limite », et où il est rapporté que son fruit est comparable aux grandes jarres de Hajar, selon le ḥadith d’Anas d’après le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui.
Parole du Très-Haut :
« et des ṭalḥ en régimes superposés ».
Le ṭalḥ est le bananier ; au singulier on dit ṭalḥa. C’est l’avis de la plupart des exégètes — ʿAlî, Ibn ʿAbbâs et d’autres.
Al-Ḥasan a déclaré : « Il ne s’agit pas d’un bananier, mais d’un arbre dont l’ombre est fraîche et humide. »
Al-Farrâʾ et Abû ʿUbaydah ont dit : « Ce sont de grands arbres pourvus d’épines. » L’un des conducteurs de caravanes, al-Jaʿdî (2), a chanté :
« Son guide lui annonça la nouvelle et déclara ;
Demain tu verras le ṭalḥ et les amarres, là-bas. » (3)
Ainsi, le terme ṭalḥ englobe tout arbre imposant et très épineux.
Al-Zajjāj dit : « Il est possible qu’un tel arbre se trouve au Paradis, mais que ses épines y aient été ôtées. »
Il ajoute encore : « Il ressemble à l’arbre d’Umm Ghailân, dont la floraison exhale un parfum exquis (4). Les croyants se sont donc vu promettre quelque chose qu’ils aiment et reconnaissent, sauf que sa supériorité sur ce qui est en ce monde est à l’image de la supériorité de tout ce qui se trouve au Paradis sur ce bas-monde. »
As-Suddî a dit : « Le ṭalḥ du Paradis ressemble au ṭalḥ d’ici-bas, mais son fruit est plus doux que le miel. »
ʿAlî b. Abî Tâlib — qu’Allah l’agrée — a récité :
« wa ṭalʿin manḍûd » (avec un ʿayn), puis il a lu ce verset : « et des palmiers dont les grappes sont serrées » (5), lecture différente de celle consignée dans le muṣḥaf.
Dans une autre transmission, on récita devant lui : « wa ṭalḥin manḍûd ». Il s’exclama : « Qu’en est-il donc du ṭalḥ ? Il s’agit plutôt de “wa ṭalʿin manḍûd”. » Puis il poursuivit : « Elle a des grappes bien ordonnées. » On lui demanda : « Ne devons-nous pas la corriger ? » Il répondit : « Il ne convient pas de bousculer le Coran ni de le modifier. »
Ainsi, il préférait cette lecture tout en ne jugeant pas licite de l’inscrire dans le muṣḥaf, car elle contredit l’orthographe sur laquelle le consensus s’est établi, comme l’a expliqué al-Qushayrî.
Abû Bakr al-Anbârî l’a rapporté avec sa chaîne : « Mon père nous a relaté qu’al-Ḥasan b. ʿArafah nous transmit, disant : ʿÎsâ b. Yûnus nous informa, d’après Mujâlid, d’après al-Ḥasan b. Saʿd, d’après Qays b. ʿAbbâd, qui dit : “J’ai récité — ou l’on a récité — devant ʿAlî (Mujâlid hésitait) : ‘wa ṭalḥin manḍûd’. ʿAlî — qu’Allah l’agrée — dit : ‘Qu’est-ce que ce ṭalḥ ? Ne lis-tu pas plutôt : wa ṭalʿ ?’ Puis il ajouta : ‘Elle a des grappes bien ordonnées.’ On lui dit alors : ‘Ô Commandeur des croyants, devons-nous l’effacer du muṣḥaf ?’ »