[Sourate al-Wâqiʿah (56) : versets 27 à 40]
- Et les Compagnons de la droite – qui donc sont les Compagnons de la droite ?
- Ils seront parmi des jujubiers sans épines,
- et des bananiers aux régimes superposés,
- dans une ombre largement étendue,
- auprès d’une eau jaillissante,
- et au milieu de fruits abondants
- ni épuisés ni interdits,
- sur des lits hauts placés.
- Nous les avons certes créées d’une création nouvelle,
- et Nous les avons faites vierges,
- tendres d’amour, d’un même âge,
- pour les Compagnons de la droite
- – une multitude parmi les premiers,
- et une multitude parmi les derniers.
Paroles du Très-Haut :
« Et les Compagnons de la droite – qui donc sont les Compagnons de la droite ? »
Il revient ici à l’évocation des demeures des « Compagnons de la droite » (aṣḥâb al-maymana), c’est-à-dire des « précédents », comme il a déjà été mentionné. Cette répétition vise à magnifier la grandeur des délices auxquels ils accèdent.
« Dans des jujubiers sans épines » : autrement dit, parmi des lotus (sidr) dont les épines ont été ôtées, c’est-à-dire coupées ; tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs et d’autres.
Ibn al-Mubârak rapporte : Safwân nous a relaté, d’après Sulaym b. ʿÂmir, qui dit : « Les Compagnons du Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — disaient : “Les Bédouins et leurs questions nous sont réellement profitables.” » Il raconte : Un jour, un Bédouin vint et dit :
« Ô Messager d’Allah ! Allah a mentionné dans le Coran un arbre nuisible ; or je ne pensais pas qu’il pût se trouver, au Paradis, un arbre qui nuise à son possesseur. »
Le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — répondit :
« De quel arbre s’agit-il ? »
Il dit : « Du lotus (sidr), car il possède des épines blessantes. »
Il répondit : « N’a-t-Il pas dit : “Dans des jujubiers sans épines” ? Allah a émoussé ses épines et, à la place de chaque épine, Il a fait apparaître un fruit ; cet arbre produit ensuite un fruit qui, en s’ouvrant, laisse paraître soixante-douze sortes de nourriture, dont aucune ne ressemble à l’autre. »
Abû l-ʿÂliyah et al-Ḍaḥḥâk dirent : « Les musulmans contemplèrent Wajj –*1 un vallon verdoyant de Ṭâʾif – et ses lotus les émerveillèrent. Ils dirent : “Si seulement nous possédions quelque chose de semblable !” Puis ce verset fut révélé. »
Umayyah b. Abî Ṣalt décrivit ainsi le Paradis :
« Les vergers, dans les Jardins, sont ombragés ;
les jeunes nubiles s’y trouvent, son lotus est dépouillé d’épines. »
Al-Ḍaḥḥâk, Mujâhid et Muqâtil b. Ḥayyân dirent : « “Dans des jujubiers sans épines” – c’est-à-dire chargés de fruits en abondance. » Cette explication se rapproche du ḥadith que nous venons de rapporter.
Saʿîd b. Jubayr dit : « Son fruit est plus grand que les grandes jarres de terre cuite. » Ceci a déjà été évoqué dans la sourate…
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*1 Wajj : vallée située à Ṭâʾif, couverte d’une végétation luxuriante.