de safran).
Khalid b. al-Walîd rapporta : « J’ai entendu le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dire :
« Certes, l’un des gens du Paradis saisira une pomme parmi les pommes du Paradis ; celle-ci se fendra dans sa main et il en sortira une houri. Si celle-ci portait son regard sur le soleil, elle ferait rougir le soleil de sa beauté, sans que la pomme diminue en rien. »
Un homme lui dit alors : « Ô Abû Sulaymân, c’est vraiment extraordinaire ! Et la pomme ne diminue donc pas ? »
Il répondit : « Non, c’est comme une lampe dont on allume une autre lampe, puis d’autres encore, sans que la première ne diminue. Allah est, sur ce qu’Il veut, Toute-Puissante. »
Il a été rapporté d’Ibn ʿAbbâs — qu’Allah l’agrée, lui et son père — qu’il a dit :
« Allah a créé les houris aux grands yeux :
— de l’extrémité de leurs orteils jusqu’aux genoux, de safran ;
— des genoux jusqu’aux seins, d’un musc exquis ;
— des seins jusqu’au cou, d’un ambre gris ;
— du cou jusqu’à la tête, d’un camphre blanc.
Elles portent soixante-dix mille parures pareilles aux pétales éclatants de l’anémone¹. Quand elle avance, son visage scintille d’une lumière éclatante telle la clarté du soleil pour les habitants du bas-monde ; quand elle se retire, l’on aperçoit son foie à travers la finesse de ses étoffes et de sa peau. Sur sa tête se trouvent soixante-dix mille tresses de musc exquis ; à chacune de ces tresses est attachée une suivante qui soulève le pan de sa traîne, tandis qu’elle proclame : « Voilà la récompense des élus —
(“en rétribution de ce qu’ils œuvraient”). »
Parole du Très-Haut :
« Ils n’y entendent ni propos futiles ni parole pécheresse. »
Ibn ʿAbbâs dit : c’est-à-dire ni vanité ni mensonge. Le terme laghw désigne la parole que l’on rejette ; taʾthîm est le nom verbal signifiant : « je lui ai dit : tu as péché ».
Muḥammad b. Kaʿb dit, à propos de : « ni parole pécheresse » : c’est-à-dire que nul n’y fera porter le péché à autrui.
Mujâhid dit : « Ils n’y entendent ni propos futiles ni parole pécheresse » : ni insulte ni péché.
« sauf ces paroles : “Paix ! Paix !” »
Le mot qîlan est à l’accusatif dépendant de « ils entendent », ou bien constitue une exception disjointe : mais ils disent/entendent une parole. Les expressions “salâman, salâman” sont à l’accusatif en tant qu’objet du verbe “dire”, signifiant qu’ils ne profèrent que le bien ; ou bien ce sont des compléments circonstanciels : si ce n’est que les uns disent aux autres : « Paix ! » Elles peuvent aussi qualifier qîlan, le second salâm étant apposé au premier, avec le sens : une parole exempte de tout vain propos. On peut également les lire au nominatif sous-entendant : « Paix sur vous ».
Ibn ʿAbbâs dit : c’est-à-dire qu’ils se saluent les uns les autres.
Il a également été dit : ce sont les anges qui les saluent, ou bien leur Seigneur, exalté soit-Il.
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¹ L’anémone couronnée, aux pétales rouges éclatants.