Houris.
Al-Farrâʾ : le recours au génitif procède ici d’une simple conformité de forme, bien que le sens diverge, car on ne fait pas circuler les houris autour des convives.
Le poète a dit :
« Quand les charmantes apparaissent un jour,
et qu’elles affinent sourcils et regards tour à tour ».
Or l’œil ne s’“affine” pas ; on ne fait que le farder de khôl.
Un autre a dit :
« Et j’ai vu ton époux dans la mêlée,
sanglé d’une épée… et d’une lance acérée ».
Qutrub dit : le terme est coordonné à « coupes » et « aiguières » sans considération de sens. Il ajoute : rien n’interdit que l’on passe auprès d’eux avec des houris, et ils y trouveraient un plaisir.
Ceux qui le lisent à l’accusatif – al-Ashhab al-ʿUqaylî, an-Nakhʿî, ʿÎsâ b. ʿUmar ath-Thaqafî, et c’est aussi la leçon du muṣḥaf d’Ubayy – le font en sous-entendant un verbe, comme si l’on disait : « et ils seront mariés à des houris aux grands yeux ». Comprendre l’accusatif par le sens est également recevable, car l’expression « on fera circuler auprès d’eux » signifie « on les leur remettra ».
Quant à ceux qui le lisent au nominatif – la majorité, avis retenu par Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim – ils entendent : « et auprès d’eux se trouvent des houris aux grands yeux », car on ne fait pas circuler les houris.
Al-Kisâʾî dit : celui qui lit « et des houris aux grands yeux » au nominatif en arguant qu’on ne les fait pas circuler devrait, par la même logique, faire de même pour « fruits » et « viande », puisqu’eux non plus ne sont pas servis de la sorte ; seul le vin l’est.
Al-Akhfash dit : on peut l’expliquer par le sens, car l’idée est : « ils ont des coupes et ils ont des houris aux grands yeux ». Il est aussi permis de le coordonner à « foule » ; « Une foule… une foule est sur des lits tressés », et de même : « et [il y a] des houris aux grands yeux ». On a commencé par un indéfini pour le particulariser par l’épithète.
« Comme [le reflet] de perles précieuses » : c’est-à-dire semblables à des perles soigneusement préservées, que n’ont touchées ni les mains ni la poussière, d’une pureté et d’un éclat incomparables. Ainsi, par l’harmonie de leurs corps, elles sont parfaites sous tous les angles, comme l’a dit le poète :
« On dirait qu’elle fut créée dans l’écrin d’une perle ;
toutes ses faces sont visage dressé pour la sentinelle ».
« En récompense de ce qu’ils œuvraient » : c’est-à-dire à titre de rétribution ; le mot est à l’accusatif parce qu’il exprime le but. On peut aussi le considérer comme un masdar (nom verbal), car le sens de « Des jeunes éternellement jeunes feront le tour auprès d’eux » est : « ils seront récompensés ».
Le propos sur les houris aux grands yeux a déjà été exposé dans la sourate « Aṭ-Ṭûr »¹ et ailleurs.
Anas rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Allah a créé les houris aux grands yeux… »
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