que ma communauté constitue la moitié des habitants du Paradis ». Puis il récita la parole du Très-Haut :
« Une multitude parmi les Anciens, et une multitude parmi les Derniers. »
Mujâhid dit : « Ils appartiennent tous à cette communauté. »
Sufyân rapporte, d’après Abân, d’après Saʿîd b. Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs – qu’Allâh les agrée –, que le Prophète ﷺ a dit :
« Les deux multitudes appartiennent toutes à ma communauté »,
autrement dit : « Une multitude parmi les Anciens et une multitude parmi les Derniers. » Cette opinion est également rapportée d’Abû Bakr al-Ṣiddîq – qu’Allâh l’agrée. Abû Bakr déclara : « Les deux multitudes relèvent de la communauté de Muḥammad ﷺ ; certains se trouvent aux débuts de sa communauté, d’autres à sa fin », puis il cita la parole du Très-Haut :
« Parmi eux, il y en a qui sont injustes envers eux-mêmes, d’autres modérés, et d’autres encore qui devancent dans les œuvres de bien, par la permission d’Allâh. » (s. Fâṭir, 35 : 32)
On a dit également : « Une multitude parmi les Anciens » – c’est-à-dire parmi les premiers de cette communauté –, tandis que « et peu parmi les Derniers » désigne ceux qui se hâtent dans l’obéissance jusqu’à rejoindre le rang des premiers. C’est à ce propos que le Prophète ﷺ a dit :
« Les meilleurs d’entre vous sont ma génération. »
Quant aux Gens de la Droite, Il établit l’égalité entre les Anciens et les Derniers. Le terme thulla (« multitude ») vient de thalaltu, « j’ai sectionné » ; il signifie « groupe », selon Az-Zajjâj.
La parole du Très-Haut :
« sur des lits finement tressés »
signifie que les Précédents, au Paradis, prendront place sur des lits – pluriel de sarîr. « Finement tressés » : Ibn ʿAbbâs dit : « tissés d’or » ; ʿIkrimah dit : « entrelacés de perles et de rubis ». Ibn ʿAbbâs a également expliqué : « rangés en files », comme dans un autre verset : « sur des lits disposés en rangs » (s. Aṭ-Ṭûr, 52 : 20). D’après lui encore, ainsi que d’après Mujâhid : « brodés d’or ». Les exégètes disent : « finement tressés », c’est-à-dire tissés de baguettes d’or, entrelacés de perles, de rubis et d’émeraudes ; al-waḍn renvoie à un tissage serré, doublé, comparable au nadd (disposition en gradins). On dit : « Untel a superposé pierre et brique » – on parle alors de mawdûn ; de même, « une cotte de mailles mawḍûna », c’est-à-dire solidement tissée, comme on dit « rangée ».
Al-Aʿshâ a chanté :
« D’un tissage de Dâwûd, un harnois finement tressé,
que l’on mène, avec la caravane, chameau après chameau. »
Il a dit encore :
« Un casque, clair comme le jour, finement tressé ;
un cimier le surmonte, au-dessus de l’ouverture du plastron. »