Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abū ʿUbaydah rapporte qu’il s’agissait d’un brigand de la tribu de Ghaṭafān ; voulant cuire son pain, il craignit d’être pris de vitesse et le mangea encore à l’état de pâte. L’idée est que les montagnes seront broyées et deviendront semblables à de la farine humectée d’un peu d’eau ; elles se transformeront en poussière et se mêleront les unes aux autres.

Al-Ḥasan a dit : « Bussat » signifie qu’elles seront arrachées de leurs racines puis anéanties, conformément à la parole divine : « Mon Seigneur les réduira en miettes¹. »

ʿAṭiyya déclare : elles seront étalées comme le sable et la poussière.

On a encore expliqué que al-bas désigne la conduite : les montagnes seront donc conduites. Abū Zayd précise : « al-bas est la conduite ; je dis : basastu l-ibilu abussu-hā – avec ḍamma – bassan, lorsque je pousse les chameaux. » Abū ʿUbayd ajoute : « basasta l-ibil(a) et absasta sont deux dialectes que l’on emploie lorsque l’on rabroue l’animal en lui disant : bis, bis. »

Dans le ḥadīth : « Des gens quitteront Médine pour le Yémen, la Syrie et l’Irak, conduisant (leurs troupeaux ou familles), alors que Médine vaudrait mieux pour eux s’ils savaient. » Un autre ḥadīth dit : « Voici les gens du Yémen qui arrivent, conduisant leurs dépendants². »

Les Arabes disent : « Apporte-le avec ton ḥass et ton bass. » Abū Zayd transmet ces deux mots avec kasra. Ḥass renvoie au lieu où tu l’as perçu, et bass à l’endroit qu’a atteint ta marche.

Mujāhid a dit : elles couleront comme un torrent. ʿIkrima : elles seront fracassées d’un violent fracas. Muḥammad b. Kaʿb : elles seront mises en mouvement ; d’où cette parole d’al-Aghlab al-ʿIjlī³. Al-Ḥasan encore : elles seront découpées pièce après pièce. Les sens se rapprochent tous.

Parole du Très-Haut : « et elles devinrent comme une poussière dispersée. » ʿAlī – qu’Allāh l’agrée – a dit : « Le habāʾ munbath est cette poussière légère (ar-rahj⁴) qui s’élève sous les sabots des montures puis se dissipe ; Allāh a rendu leurs œuvres semblables à cela. »

Mujāhid affirme : le habāʾ est le rayon de lumière qui apparaît dans la lucarne, semblable à un fin nuage de poussière ; propos rapporté également d’Ibn ʿAbbās. Et d’après lui encore : c’est ce qui jaillit du feu lorsqu’il s’agite ; des étincelles s’élancent, mais lorsqu’elles retombent, il n’en reste rien. ʿAṭiyya partage cet avis.

Nous avons déjà traité ce point dans la sourate al-Furqān, à propos de Sa parole : « Nous aborderons les œuvres qu’ils auront accomplies et Nous les réduirons à une poussière éparpillée⁵. »

La récitation commune lit munbaththan, avec un thāʾ, c’est-à-dire « disséminé », comme dans : « Il y a répandu toute espèce d’êtres vivants⁶ », c’est-à-dire qu’Il les a dispersés et diffusés. Masrūq, an-Nakhaʿī et Abū Ḥaywah lisent munbattan, avec un tāʾ, signifiant « morcelé », tiré de l’expression : « Batta-hu llāh », qu’Allāh le mette en pièces, d’où le mot al-batāt.

وَذَكَرَ أَبُو عُبَيْدَةَ: أَنَّهُ لِصٌّ مِنْ غَطَفَانَ أَرَادَ أَنْ يَخْبِزَ فَخَافَ أَنْ يُعْجَلَ عَنْ ذَلِكَ فَأَكَلَهُ عَجِينًا. وَالْمَعْنَى أَنَّهَا خُلِطَتْ فَصَارَتْ كَالدَّقِيقِ الْمَلْتُوتِ بِشَيْءٍ مِنَ الْمَاءِ. أَيْ تَصِيرُ الْجِبَالُ تُرَابًا فَيَخْتَلِطُ الْبَعْضُ بِالْبَعْضِ. وَقَالَ الْحَسَنُ: وبست قُلِعَتْ مِنْ أَصْلِهَا فَذَهَبَتْ، نَظِيرُهُ: (يَنْسِفُها رَبِّي نَسْفاً) «١» . وَقَالَ عَطِيَّةُ: بُسِطَتْ كَالرَّمْلِ وَالتُّرَابِ. وَقِيلَ: الْبَسُّ السُّوقُ أَيْ سِيقَتِ الْجِبَالُ. قَالَ أَبُو زَيْدٍ: الْبَسُّ السُّوقُ، وَقَدْ بَسَسْتُ الْإِبِلَ أَبُسُّهَا بِالضَّمِّ بَسًّا. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: بَسَسْتَ الْإِبِلَ وَأَبْسَسْتَ لُغَتَانِ إِذَا زَجَرْتَهَا وَقُلْتَ لَهَا بِسْ بِسْ. وَفِي الْحَدِيثِ: (يَخْرُجُ قَوْمٌ مِنَ الْمَدِينَةِ إِلَى الْيَمَنِ وَالشَّامِ وَالْعِرَاقِ يَبُسُّونَ وَالْمَدِينَةُ خَيْرٌ لَهُمْ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ) وَمِنْهُ الْحَدِيثُ الْآخَرُ: (جَاءَكُمْ أَهْلُ الْيَمَنِ يَبُسُّونَ عِيَالَهُمْ) «٢» وَالْعَرَبُ تَقُولُ: جئ بِهِ مِنْ حَسِّكَ وَبَسِّكَ. وَرَوَاهُمَا أَبُو زَيْدٍ بِالْكَسْرِ، فَمَعْنَى مِنْ حَسِّكَ مِنْ حَيْثُ أَحْسَسْتَهُ، وَبَسِّكَ مِنْ حَيْثُ بَلَغَهُ مَسِيرُكَ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: سَالَتْ سَيْلًا. عِكْرِمَةُ: هُدَّتْ هَدًّا. مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ: سُيَّرَتْ سَيْرًا، وَمِنْهُ قَوْلُ الْأَغْلَبِ الْعِجْلِيِّ «٣» : وَقَالَ الْحَسَنُ: قُطِعَتْ قَطْعًا. وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَكانَتْ هَباءً مُنْبَثًّا) قَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ الله عنه: الهباء المنبث الرَّهْجُ «٤» الَّذِي يَسْطَعُ مِنْ حَوَافِرِ الدَّوَابِّ ثُمَّ يَذْهَبُ، فَجَعَلَ اللَّهُ أَعْمَالَهُمْ كَذَلِكَ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الْهَبَاءُ هُوَ الشُّعَاعُ الَّذِي يَكُونُ فِي الْكُوَّةِ كَهَيْئَةِ الْغُبَارِ. وَرُوِيَ نَحْوُهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَعَنْهُ أَيْضًا: هُوَ مَا تَطَايَرَ مِنَ النَّارِ إِذَا اضْطَرَبَتْ يَطِيرُ مِنْهَا شَرَرٌ فَإِذَا وَقَعَ لم يكن شيئا. وقال عَطِيَّةُ. وَقَدْ مَضَى فِي (الْفُرْقَانِ) عِنْدَ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَقَدِمْنا إِلى مَا عَمِلُوا مِنْ عَمَلٍ فَجَعَلْناهُ هَباءً مَنْثُوراً) «٥» وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ (مُنْبَثًّا) بِالثَّاءِ الْمُثَلَّثَةِ أَيْ مُتَفَرِّقًا مِنْ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَبَثَّ فِيها مِنْ كُلِّ دَابَّةٍ) «٦» أَيْ فَرَّقَ وَنَشَرَ. وَقَرَأَ مَسْرُوقٌ وَالنَّخَعِيُّ وَأَبُو حَيْوَةَ (مُنْبَتًّا) بِالتَّاءِ الْمُثَنَّاةِ أَيْ مُنْقَطِعًا مِنْ قَوْلِهِمْ: بَتَّهُ اللَّهُ أي قطعه، ومنه البتات.
(١). راجع ج ١١ ص (٢٤٥) (٢). أي يسوقون عيالهم. (٣). بياض بالأصول في موضع الشاهد من قول الأغلب العجلى الراجز ولم نعثر عليه. (٤). الرهج بالفتح وبالإسكان الغبار. (٥). راجع ١٣ ص (٢٢) (٦). راجع ج ٢ ص ١٩٦

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