Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Par extension et par métaphore, selon l’usage des Arabes qui consiste à attribuer l’action au lieu, au temps ou à tout autre élément qui n’en est pourtant pas l’auteur,
ils disent : « une nuit assoupie, un jour jeûnant ».
Il en est de même dans le Texte révélé :
« Bien plus, leur stratagème, nuit et jour » (34 : 33).

En vérité, Celui qui abaisse et qui élève réellement n’est autre qu’Allāh, Lui Seul ; Il a hissé Ses alliés aux plus hauts degrés et rabaissé Ses ennemis aux plus bas abîmes.

Al-Ḥasan et ʿĪsā ath-Thaqafī ont lu l’expression « khāfiḍatan rāfiʿatan » à l’accusatif ; les autres la récitent au nominatif en sous-entendant un sujet. Pour ceux qui l’accusent, il s’agit d’un complément circonstanciel, tandis qu’al-Farrāʾ y voit un verbe sous-entendu.

Le sens est donc : « Lorsque surviendra l’Évènement inéluctable, qu’aucun mensonge ne pourra démentir, il surviendra en abaissant et en élevant. » La Résurrection est une certitude : elle élèvera certains hommes et en abaissera d’autres, comme nous l’avons expliqué.

Sa Parole – Très-Haut soit-Il – : « Lorsque la terre sera secouée d’un violent tremblement » signifie : « secouée et ébranlée », selon Mujāhid et d’autres. On dit en arabe : « rajjahu yarujjuhu rajjan », c’est-à-dire : il l’a secoué, l’a fait trembler ; et l’on qualifie une chamelle de « rajjāʾ » lorsqu’elle est dotée d’une bosse imposante.

Dans le ḥadīth : « Quiconque embarque sur la mer quand elle se soulève n’a plus de protection », c’est-à-dire lorsque ses vagues sont en tumulte.

Al-Kalbī a dit : « Lorsque Allāh, exalté soit-Il, lui adresse Sa révélation, la terre se met à trembler par crainte d’Allāh. »

Les exégètes ont déclaré : « Elle tremblera comme un enfant que l’on balance dans son berceau, jusqu’à ce que tout ce qui est à sa surface s’écroule et que tout – montagnes comprises – se brise. » Ibn ʿAbbās a dit : « Le ‘rajjah’ est un mouvement violent accompagné d’un fracas audible. »

La particule « idhā » est ici à l’accusatif, en apposition à « idhā waqaʿat » ; elle peut aussi dépendre de « khāfiḍatun rāfiʿatun », auquel cas le sens serait : elle abaisse et élève au moment où la terre est secouée et les montagnes pulvérisées, car alors ce qui est haut deviendra bas et ce qui est bas s’élèvera.

On a encore dit – c’est l’avis d’az-Zajjāj et d’al-Jurjānī – que l’Évènement se réalisera lorsque la terre sera secouée. D’autres ont expliqué : « Rappelle-toi donc : “Lorsque la terre sera secouée d’un violent tremblement” » ; le nom verbal « rajjan » marque ici la répétition des secousses.

Sa Parole – Très-Haut soit-Il – : « Et les montagnes seront réduites en poussière » signifie : elles seront pulvérisées, selon Ibn ʿAbbās. Mujāhid précise : « comme la farine que l’on pétrit. » Le basīsa est une préparation de gruau ou de farine travaillée avec du beurre clarifié ou de l’huile que l’on mange crue, sans cuisson, et que l’on emporte parfois comme provision.

Le poète en vers de rajaz a dit :
Ne cuisez point de pain ni basbisa, tout serait vain ; (A)
Abstenez-vous du four : tout ce labeur est vain. (A)
N’allongez pas la halte, n’imposez plus de détour ; (B)
Relâchez ma monture, qu’elle reprenne son parcours. (B)

تَوَسُّعًا وَمَجَازًا عَلَى عَادَةِ الْعَرَبِ فِي إِضَافَتِهَا الْفِعْلَ إِلَى الْمَحَلِّ وَالزَّمَانِ وَغَيْرِهِمَا مِمَّا لَمْ يَكُنْ مِنْهُ الْفِعْلُ، يَقُولُونَ: لَيْلٌ نَائِمٌ وَنَهَارٌ صَائِمٌ. وَفِي التَّنْزِيلِ: (بَلْ مَكْرُ اللَّيْلِ وَالنَّهارِ) «١» وَالْخَافِضُ وَالرَّافِعُ عَلَى الْحَقِيقَةِ إِنَّمَا هُوَ اللَّهُ وَحْدَهُ، فَرَفَعَ أَوْلِيَاءَهُ فِي أَعْلَى الدَّرَجَاتِ، وَخَفَضَ أَعْدَاءَهُ فِي أَسْفَلِ الدَّرَكَاتِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَعِيسَى الثَّقَفِيُّ (خافِضَةٌ رافِعَةٌ) بِالنَّصْبِ. الْبَاقُونَ بِالرَّفْعِ عَلَى إِضْمَارِ مُبْتَدَإٍ، وَمَنْ نَصَبَ فَعَلَى الْحَالِ. وَهُوَ عِنْدَ الْفَرَّاءِ عَلَى إِضْمَارِ فِعْلٍ، وَالْمَعْنَى: إِذَا وَقَعَتِ الْوَاقِعَةُ. لَيْسَ لِوَقْعَتِهَا كَاذِبَةٌ- وَقَعَتْ: خَافِضَةً رَافِعَةً. وَالْقِيَامَةُ لَا شَكَّ فِي وُقُوعِهَا، وَأَنَّهَا تَرْفَعُ أَقْوَامًا وَتَضَعُ آخَرِينَ عَلَى مَا بَيَّنَّاهُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِذا رُجَّتِ الْأَرْضُ رَجًّا) أَيْ زُلْزِلَتْ وَحُرِّكَتْ عَنْ مُجَاهِدٍ وَغَيْرُهُ، يُقَالُ: رَجَّهُ يَرُجُّهُ رَجًّا أَيْ حَرَّكَهُ وَزَلْزَلَهُ. وَنَاقَةٌ رَجَّاءُ أي عظيمة السنام. وفي ب الْحَدِيثِ: (مَنْ رَكِبَ الْبَحْرَ حِينَ يَرْتَجُّ فَلَا ذِمَّةَ لَهُ) يَعْنِي إِذَا اضْطَرَبَتْ أَمْوَاجُهُ. قَالَ الْكَلْبِيُّ: وَذَلِكَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى إِذَا أَوْحَى إِلَيْهَا اضْطَرَبَتْ فَرَقًا مِنَ اللَّهِ تَعَالَى. قَالَ الْمُفَسِّرُونَ: تَرْتَجُّ كَمَا يَرْتَجُّ الصَّبِيُّ فِي الْمَهْدِ حَتَّى يَنْهَدِمَ كُلُّ مَا عَلَيْهَا، وَيَنْكَسِرَ كُلُّ شي عَلَيْهَا مِنَ الْجِبَالِ وَغَيْرِهَا. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ الرَّجَّةُ الْحَرَكَةُ الشَّدِيدَةُ يُسْمَعُ لَهَا صَوْتٌ. وَمَوْضِعٌ (إِذا) نَصْبٌ عَلَى الْبَدَلِ مِنْ (إِذا وَقَعَتِ) . وَيَجُوزُ أَنْ يَنْتَصِبَ بِ (خافِضَةٌ رافِعَةٌ) أَيْ تَخْفِضُ وَتَرْفَعُ وَقْتَ رَجِّ الْأَرْضِ وَبَسِّ الْجِبَالِ، لِأَنَّ عِنْدَ ذَلِكَ يَنْخَفِضُ مَا هُوَ مُرْتَفِعٌ، وَيَرْتَفِعُ مَا هُوَ مُنْخَفِضٌ. وَقِيلَ: أَيْ وَقَعَتِ الْوَاقِعَةُ إِذَا رُجَّتِ الْأَرْضُ، قَالَهُ الزَّجَّاجُ وَالْجُرْجَانِيُّ. وَقِيلَ: أَيِ اذْكُرْ (إِذا رُجَّتِ الْأَرْضُ رَجًّا) مَصْدَرٌ وَهُوَ دَلِيلٌ عَلَى تَكْرِيرِ الزَّلْزَلَةِ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَبُسَّتِ الْجِبالُ بَسًّا) أَيْ فُتِّتَتْ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. مُجَاهِدٌ: كَمَا يُبَسُّ الدَّقِيقُ أَيْ يُلَتُّ. وَالْبَسِيسَةُ السَّوِيقُ أَوِ الدَّقِيقُ يُلَتُّ بِالسَّمْنِ أَوْ بِالزَّيْتِ ثُمَّ يُؤْكَلُ وَلَا يُطْبَخُ وَقَدْ يُتَّخَذُ زَادًا. قَالَ الرَّاجِزُ: لَا تَخْبِزَا خُبْزًا وبسابسا ... ولا تطيلا بمناخ حبسا
(١). راجع ج ١٤ ص ٣٠٢

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