« Lorsque surviendra l’Évènement inéluctable. »
Al-Jurjânî a dit :
La particule « idhâ » est ici purement explétive ; le sens est donc : « l’Évènement inéluctable survient », à l’instar de Sa parole : « L’Heure s’est rapprochée » (1) et « L’ordre d’Allâh est arrivé » (2). Cela ressemble à l’expression : « Le jeûne est venu », c’est-à-dire qu’il est proche et imminent. Suivant la première opinion, « idhâ » est une particule temporelle, et la réponse de la proposition conditionnelle se trouve dans Sa parole : « Quant aux gens de la droite, que sont donc les gens de la droite ! »
« Nul mensonge au sujet de son avènement. »
Le terme « al-kâdhibah » est un nom d’action signifiant « mensonge ». Les Arabes emploient parfois le sujet ou l’objet à la place du nom d’action, comme dans Sa parole : « Tu n’y entendras nulle parole futile » (3), c’est-à-dire nulle futilité. Le sens est donc : on n’y entendra aucun mensonge ; telle est l’explication d’al-Kisâ’î.
Relève de ce même usage la formule populaire : « ʿâʾidhan billâh », c’est-à-dire « maʿâdha Allâh », ou encore : « qum qâʾiman » au lieu de « qum qiyâman ». Ainsi cette mère arabe qui berce son enfant :
Debout, tiens-toi debout !
Debout, tiens-toi debout !
Tu as saisi un dormeur couché,
Tu as saisi un dormeur couché.
D’autres ont dit : « al-kâdhibah » est un adjectif dont le substantif est sous-entendu ; le sens serait alors : « Il n’existe pour sa survenue ni état mensonger ni âme mensongère », c’est-à-dire que quiconque en parle est véridique.
Al-Zajjâj a déclaré : « Nul mensonge au sujet de son avènement », c’est-à-dire : rien ne peut la repousser ; tel est aussi l’avis d’al-Ḥasan et Qatâda.
Al-Thawrî a dit : « Il n’est personne pour la démentir. » Al-Kisâ’î, de même, a expliqué : « Elle ne saurait être démentie », c’est-à-dire qu’il convient que nul ne la nie.
Il fut encore dit : son établissement est affaire sérieuse, sans aucune plaisanterie.
Sa parole – Exalté soit-Il – : « [Évènement] qui abaissera, qui élèvera. »
ʿIkrima, Muqâtil et as-Suddî ont dit : elle a baissé la voix de sorte qu’elle est entendue du proche, et l’a élevée de sorte qu’elle est entendue de l’éloigné, autrement dit elle fait entendre le proche comme le lointain.
As-Suddî a également dit : elle a abaissé les orgueilleux et élevé les opprimés.
Qatâda a déclaré : elle a plongé certaines gens dans le châtiment d’Allâh et en a élevé d’autres vers l’obéissance d’Allâh.
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh l’agrée – a dit : elle a précipité les ennemis d’Allâh dans le Feu et élevé les alliés d’Allâh au Paradis.
Muḥammad ibn Kaʿb a dit : elle a abaissé des gens qui, en ce bas-monde, étaient élevés, et élevé des gens qui, en ce bas-monde, étaient abaissés.
Ibn ʿAṭâʾ a dit : elle a abaissé certains par la justice et en a élevé d’autres par la faveur.
Dans l’usage arabe, les verbes « abaisser » (khafḍ) et « élever » (rafʿ) s’emploient pour désigner aussi bien le lieu que le rang, la dignité que l’humiliation. Et c’est à la Résurrection que le Très-Haut a attribué ces deux actions d’abaissement et d’élévation.