en appliquant la ḍamma à la lettre mīm dans les deux occurrences. Quant à al-Kisâʾî, il mettait la kasra sur l’une et la ḍamma sur l’autre, laissant au récitant la liberté d’alterner : s’il mettait la ḍamma à la première, il plaçait la kasra sur la seconde, et s’il mettait la kasra à la première, il plaçait la ḍamma sur la seconde. Tel est également le mode de lecture d’Abû Isḥâq as-Sabîʿî.
Abû Isḥâq déclara : « Je priais derrière les compagnons de ʿAlî, et ils donnaient la ḍamma à la mīm ; je priais derrière les compagnons dʿAbd Allâh [ibn Masʿûd], et ils lui donnaient la kasra. Al-Kisâʾî a donc retenu les deux transmissions. Il existe en effet deux dialectes : ṭamutha et ṭamiṯa, tout comme yaʿrushûna et yaʿkifûna ; celui qui prononce avec ḍamma le fait pour concilier les deux dialectes, tandis que celui qui prononce avec kasra se conforme au parler le plus courant. »
S’il a répété l’expression : « qu’aucun ne les a jamais touchées », c’est afin de montrer que la description des houris recluses dans les pavillons est identique à celle des houris qui baissent le regard ; autrement dit, lorsque [elles sont confinées], des pavillons leur sont assignés dans cet état.
Sourate ar-Raḥmân (55), versets 76 à 78 :
« Installés sur des rafraf verdoyants et sur de splendides tapis » (76),
« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » (77),
« Béni soit le Nom de ton Seigneur, Maître de Majesté et de Munificence. » (78)
Parole du Très-Haut : « Installés sur des rafraf verdoyants ». — Le rafraf désigne les maḥâbis.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Le rafraf, c’est l’excédent des lits et des tapis. »
Il a également dit : « Le rafraf, ce sont les maḥâbis sur lesquelles ils s’appuient », avis qu’a partagé Qatâdah.
Al-Ḥasan et al-Quraẓî ont déclaré : « Ce sont les tapis. »
Ibn ʿUyaynah a dit : « Ce sont les zarabî (carpets). »
Ibn Kaysân a dit : « Ce sont les accoudoirs », opinion également rapportée d’al-Ḥasan.
Abû ʿUbaydah a dit : « C’est la bordure du vêtement. »
Al-Layth a dit : « C’est une sorte d’étoffe verte que l’on étend. »
Il a été dit encore : « Ce sont les couches surélevées. »
Et l’on a dit : « Tout tissu large, chez les Arabes, est appelé rafraf. »
Le poète Ibn Muqbil a dit :
« Nous ne cessons de fouler de nos sandales
Des fragments de soies fines et de rafraf. »
Toutes ces explications convergent.
Dans le Ṣiḥâḥ, on lit : « Le rafraf est un vêtement vert à partir duquel on confectionne les maḥâbis ; au singulier : rafrafa. »
Saʿîd ibn Jubayr et Ibn ʿAbbâs ont également dit : « Le rafraf, ce sont les jardins du Paradis. » Quant à l’étymologie de rafraf