Deux sources dont l’opulence surpasse celle du bas-monde à maintes reprises ; leurs galets sont de rubis rouge et de béryl vert, leur sol est de camphre, leur limon un musc d’une fragrance pénétrante, et leurs berges sont de safran.
ʿAṭiyya a dit : l’une est d’une eau qui ne croupit jamais, l’autre d’un vin savoureux pour les buveurs.
Et l’on a dit : elles jaillissent d’une montagne de musc.
Abû Bakr al-Warrâq a dit : « Il s’y trouve deux sources qui couleront pour quiconque, ici-bas, aura laissé couler ses yeux de larmes par crainte d’Allah – Puissant et Majestueux. »
[Sourate ar-Raḥmân (55), versets 52 à 55]
« En elles deux se trouvent de chaque fruit deux espèces » (52) ;
« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur niez-vous ? » (53) ;
« Reposant sur des lits dont les doublures sont de brocart épais, tandis que les fruits des deux Jardins sont proches » (54) ;
« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur niez-vous ? » (55).
Parole du Très-Haut :
« En elles deux se trouvent de chaque fruit deux espèces »,
c’est-à-dire deux catégories, toutes deux douces et délectables.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il n’est point d’arbre ici-bas, qu’il soit doux ou amer, sans que son équivalent se trouve au Paradis – même le coloquinte –, simplement qu’il y est doux. »
Et l’on a dit : deux sortes, fraîche et sèche, l’une n’étant en rien inférieure à l’autre en excellence et en saveur.
Et l’on a encore dit : on a voulu ainsi distinguer ces deux Jardins par rapport aux deux autres qui leur sont inférieurs, car ici sont mentionnées deux sources jaillissantes, tandis que là-bas il est question de deux sources qui giclent l’eau, et la giclée est moindre que l’écoulement.
C’est comme s’Il disait : dans ces deux Jardins-là il y a, de chaque fruit, une espèce ; dans ceux-ci, de chaque fruit, deux espèces.
Parole du Très-Haut :
« Reposant sur des lits » – forme à l’accusatif de circonstance. Al-furush est le pluriel de firâsh. Abû Ḥaywah le lit furš, en tenant la rā’ muette.
« dont les doublures » – baṭâʾinuhâ est le pluriel de baṭânah, qui désigne l’envers de la parure apparente. L’istabraq est un brocart épais et rude. Autrement dit : si la doublure, qui touche le sol, est ainsi, que penser de la surface ? – ainsi l’ont dit Ibn Masʿûd et Abû Hurayrah.
On demanda à Saʿîd ibn Jubayr : « Si les doublures sont de brocart épais, qu’en est-il de la surface ? » Il répondit : « Cela relève de la parole d’Allah : « Nul être ne sait ce qu’Il a caché pour eux comme réjouissement des yeux. » »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il ne vous a décrit que leurs doublures afin que vos cœurs puissent en concevoir l’idée ; quant à leurs surfaces, nul ne les connaît en dehors d’Allah. »
Il est rapporté du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’il a dit : « Leur surface est une lumière étincelante. »
Et, d’après al-Ḥasan : « Leurs doublures sont de brocart épais, et leurs surfaces de lumière condensée. »
Al-Ḥasan a également dit : « Les doublures sont elles-mêmes la surface. »