Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On les plongera dans le Feu, entravés de leurs carcans, jusqu’à ce que leurs articulations se disloquent ; puis on les en fera sortir, Allah leur ayant redonné une création toute neuve, et ils seront de nouveau précipités dans la Fournaise.
Telle est la parole du Très-Haut : « Ils circuleront entre elle et une eau bouillante portée à son paroxysme. »

D’après Kaʿb également, il s’agit de ce qui est prêt, déjà là. Mujâhid a dit : c’est une eau dont l’heure de la « boisson » est arrivée, et dont la chaleur a atteint son comble.

Le bienfait contenu dans la description de l’effroi du Jour de la Résurrection et du châtiment des criminels réside dans la mise en garde qu’elle constitue contre les désobéissances et dans l’incitation qu’elle offre à l’obéissance.

Il est rapporté que le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — passa, de nuit, près d’un jeune homme qui récitait : « Lorsque le ciel se fendra et deviendra rose, tel le cuir teint ».
Le jeune homme s’arrêta, la gorge serrée par les sanglots, et répétait : « Malheur à moi le jour où le ciel se fendra ! Malheur à moi ! » Le Prophète — paix et salut sur lui — lui dit alors : « Malheur à toi, ô garçon, répète donc des versets semblables ; par Celui qui détient mon âme en Sa main, les anges du ciel ont pleuré à cause de tes pleurs » « ¹ ».

Sourate ar-Raḥmân (55) — versets 46 à 47
« À celui qui aura craint de comparaître devant son Seigneur, il y aura deux Jardins.
Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous tous deux ? »

Parole du Très-Haut : « À celui qui aura craint de comparaître devant son Seigneur, il y aura deux Jardins. »
Il y a à ce propos deux questions :
Premièrement : après avoir évoqué l’état des gens du Feu, Allah mentionne ce qu’Il a préparé pour les justes. Le sens est : celui qui craint sa station devant son Seigneur pour le Jugement et abandonne le péché. Le terme maqâm est une forme verbale signifiant « le fait de se tenir debout ».
Il a aussi été dit : il a craint que son Seigneur se « tienne sur lui », c’est-à-dire qu’Il le surplombe et prenne connaissance de ses actes, comme l’indique la parole d’Allah : « Est-ce donc Celui qui veille sur chaque âme selon ce qu’elle a acquis… » « ² ».
Mujâhid et Ibrâhîm an-Nakhaʿî ont dit : c’est l’homme qui se propose de commettre un péché, puis se rappelle Allah et l’abandonne par crainte de Lui.

Deuxièmement : ce verset sert de preuve pour celui qui dit à son épouse : « Si je ne suis pas des gens du Paradis, tu es divorcée. » Il ne commettra pas de parjure s’il avait résolu une désobéissance et y a renoncé par crainte et par pudeur vis-à-vis d’Allah. C’est l’avis de Sufyân ath-Thawrî, qui le donna en fatwa.

Muhammad ibn ʿAlî at-Tirmidhî a dit : un Jardin pour sa crainte de son Seigneur, et un Jardin pour avoir délaissé sa passion.
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit de celui qui craint de comparaître devant son Seigneur après s’être acquitté des obligations.
D’autres ont avancé que le maqâm est le lieu même : il a craint sa station devant son Seigneur pour le Jugement, comme il a été expliqué. Il se peut aussi que le maqâm appartienne au serviteur puis soit rattaché à Allah, de même que le terme « terme fixé » (ajal) dans Sa parole : « Lorsque leur terme vient » « ³ », et dans un autre endroit où Il dit

النَّارِ فَيُغْمَسُونَ بِأَغْلَالِهِمْ فِيهِ حَتَّى تَنْخَلِعَ أَوْصَالُهُمْ، ثُمَّ يُخْرَجُونَ مِنْهَا وَقَدْ أَحْدَثَ اللَّهُ لَهُمْ خَلْقًا جَدِيدًا فَيُلْقَوْنَ فِي النَّارِ، فَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَطُوفُونَ بَيْنَها وَبَيْنَ حَمِيمٍ آنٍ) . وَعَنْ كَعْبٍ أَيْضًا: أَنَّهُ الْحَاضِرُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: إِنَّهُ الَّذِي قَدْ آنَ شُرْبُهُ وَبَلَغَ غَايَتَهُ. وَالنِّعْمَةُ فِيمَا وُصِفَ مِنْ هَوْلِ الْقِيَامَةِ وَعِقَابِ الْمُجْرِمِينَ مَا فِي ذَلِكَ مِنَ الزَّجْرِ عَنِ الْمَعَاصِي وَالتَّرْغِيبِ فِي الطَّاعَاتِ. وَرُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ أَتَى عَلَى شَابٍّ فِي اللَّيْلِ يَقْرَأُ (فَإِذَا انْشَقَّتِ السَّماءُ فَكانَتْ وَرْدَةً كَالدِّهانِ) فَوَقَفَ الشَّابُّ وَخَنَقَتْهُ الْعَبْرَةُ وَجَعَلَ يَقُولُ: وَيْحِي مِنْ يَوْمٍ تَنْشَقُّ فِيهِ السَّمَاءُ وَيْحِي! فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (وَيْحَكَ يا فتى مثلها فو الذي نَفْسِي بِيَدِهِ لَقَدْ بَكَتْ مَلَائِكَةُ السَّمَاءِ لِبُكَائِكَ) «١» . [سورة الرحمن (٥٥) : الآيات ٤٦ الى ٤٧] وَلِمَنْ خافَ مَقامَ رَبِّهِ جَنَّتانِ (٤٦) فَبِأَيِّ آلاءِ رَبِّكُما تُكَذِّبانِ (٤٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلِمَنْ خافَ مَقامَ رَبِّهِ جَنَّتانِ) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- لَمَّا ذَكَرَ أَحْوَالَ أَهْلِ النَّارِ ذَكَرَ مَا أَعَدَّ لِلْأَبْرَارِ. وَالْمَعْنَى خَافَ مَقَامَهُ بَيْنَ يَدَيْ رَبِّهِ لِلْحِسَابِ فَتَرَكَ الْمَعْصِيَةَ. فَ (مَقامَ) مَصْدَرٌ بِمَعْنَى الْقِيَامِ. وَقِيلَ: خَافَ قِيَامَ رَبِّهِ عَلَيْهِ أَيْ إِشْرَافَهُ وَاطِّلَاعَهُ عَلَيْهِ، بَيَانُهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَفَمَنْ هُوَ قائِمٌ عَلى كُلِّ نَفْسٍ بِما كَسَبَتْ) «٢» . وَقَالَ مُجَاهِدٌ وَإِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ: هُوَ الرَّجُلُ يَهُمُّ بِالْمَعْصِيَةِ فَيَذْكُرُ اللَّهَ فَيَدَعُهَا مِنْ خَوْفِهِ. الثَّانِيَةُ- هَذِهِ الْآيَةُ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ مَنْ قَالَ لِزَوْجِهِ: إِنْ لَمْ أَكُنْ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ فَأَنْتِ طَالِقٌ أَنَّهُ لَا يَحْنَثُ إِنْ كَانَ هَمَّ بِالْمَعْصِيَةِ وَتَرَكَهَا خَوْفًا مِنَ اللَّهِ وَحَيَاءً مِنْهُ. وَقَالَ بِهِ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ وَأَفْتَى بِهِ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ عَلِيٍّ التِّرْمِذِيُّ: جَنَّةٌ لِخَوْفِهِ مِنْ رَبِّهِ، وَجَنَّةٌ لِتَرْكِهِ شَهْوَتِهِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ بَعْدَ أَدَاءِ الْفَرَائِضِ. وَقِيلَ: الْمَقَامُ الْمَوْضِعُ، أَيْ خَافَ مَقَامَهُ بَيْنَ يَدَيْ رَبِّهِ لِلْحِسَابِ كَمَا تَقَدَّمَ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْمَقَامُ لِلْعَبْدِ ثُمَّ يُضَافُ إِلَى اللَّهِ، وَهُوَ كَالْأَجَلِ فِي قَوْلِهِ: (فَإِذا جاءَ أَجَلُهُمْ) «٣» وَقَوْلِهِ فِي موضع آخر:
(١). في ب، ح، ز، س، ل، هـ: (من بكائك). (٢). راجع ج ٩ ص ٣٢٢. (٣). راجع ج ٧ ص ٢٠٢.

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